Classification et épidémiologie du traumatisme du secteur antérieur maxillaire

Classification et épidémiologie du traumatisme du secteur antérieur maxillaire

Classification

Lors d’un traumatisme bucco dentaire, deux mécanismes d’action sont possibles :
– Traumatisme direct : Lorsque la dent est en contact direct avec la cause du traumatisme ;
– Traumatisme indirect : Résulte d’un choc se situant au niveau de l’arcade mandibulaire entraînant par la suite des répercussions au niveau de l’arcade maxillaire.

Les cas de traumatisme de l’incisive centrale maxillaire rapportés dans la bibliographie sont, dans la plus grande majorité des cas, issus d’un traumatisme direct. Les conséquences possibles d’un traumatisme au niveau de la dent peuvent être multiples. La classification d’Andreasen (1) est la plus complète. Elle est adaptée de celle de l’OMS. Elle comprend les traumatismes des dents, des tissus de soutien parodontaux et osseux, des tissus gingivaux et des muqueuses buccales. C’est une classification valable aussi bien pour la denture permanente que pour la denture temporaire. Il est rare qu’un traumatisme dentaire soit unique et localisé à un seul site. Il comprend la plupart du temps des lésions multiples touchant les différents tissus buccaux et dentaires. La classification des traumatismes des dents antérieures se divise en quatre groupes :
– Traumatismes des tissus durs de la dent et de la pulpe ;
– Traumatismes des tissus de soutien parodontaux ;
– Traumatismes des tissus de soutien osseux ;
– Traumatismes des tissus gingivaux et muqueux.

Epidémiologie

Les traumatismes de la sphère orale constituent 5% des traumatismes corporels. Lors d’un traumatisme qui concerne la sphère orale, dans 90% des cas une ou plusieurs dents sont touchées. Du fait de sa position, la dent majoritairement atteinte est l’incisive centrale maxillaire. (3) Les données épidémiologiques varient fortement selon le type d’étude pouvant passer du simple au double en terme de pourcentages. (4) En règle générale, les différentes études montrent que, la prévalence des traumatismes bucco-dentaires, notamment chez les plus jeunes, a augmenté de manière significative au cours des quarante dernières années.(5)

Les causes de traumatismes

Selon Demars et Coll (6), les causes d’accidents peuvent être répertoriées en huit catégories.
1) Les accidents de la voie publique (accidents de la circulation) ;
2) Les chutes ;
3) Les accidents de bicyclette ;
4) Les sports ;
5) Les jeux ;
6) Les chocs directs ;
7) La violence ;
8) Facteur étiologique inconnu.

Des traumatismes peuvent également survenir lors ou suite à des soins dentaires tels que la fracture coronaire due à un choc avec un instrument dentaire (rotatif, davier…) ou lors d’anesthésie générale (comme une fracture ou une expulsion dentaire lors d’intubation ou extubation). (7) (8) (9) La présence, en constante augmentation, de piercings intra-buccaux ou labiaux augmente également le taux de dommages bucco- dentaires dus à ces éléments.

Les lieux de survenue d’un traumatisme
Les lieux les plus fréquents où se produisent ces accidents sont :
1) Domicile ;
2) A l’extérieur du domicile (les endroits à proximité de la maison comme par exemple le jardin) ;
3) A l’école (cours de récréation) ;
4) Dans la rue ;
5) Lieux de sports et loisirs ;
6) Autres.

Les facteurs de risque de survenue d’un traumatisme

Plusieurs facteurs de risques peuvent être mis en évidence :

Les facteurs de risques purement dentaires

Selon les différentes études, les patients présentant une proalveolie maxillaire sont plus sujets aux traumatismes. (11) En effet, un surplomb incisif d’environ 3 à 6 millimètres multiplie par deux la survenue d’un traumatisme dentaire et si ce surplomb dépasse 6 millimètres, le risque est majoré. Parmi les autres facteurs favorisants, nous trouvons (12) :
– Une faible minéralisation des dents ;
– La grande taille des dents jeunes ;
– L’incompétence labiale ;
– Le prognathisme maxillaire ;
– La macrodontie ;
– L’encombrement dentaire ;
– Les dents cariées ;
– Les dysfonctions occlusales.

Les autres facteurs de risques

– Les conditions sociales et environnementales
Dans des zones défavorisées ou de surpopulation, le risque de traumatismes dentaires augmente. (5)
– Les comportements à risques ou troubles comportementaux
– Sexe
Le sexe des sujets étudiés a une influence importante sur la prévalence des traumatismes, avec une large prédominance du sexe masculin (13) (5). De façon générale, le sex-ratio masculin/féminin est de 1,3-2,3/1. (5)
– Age
Selon les différentes études, deux pics de fréquence peuvent être identifiés :
➤ Chez les enfants de la naissance jusqu’à l’âge de 6 ans
Les principales causes sont l’apprentissage de la marche et la découverte de l’environnement. En effet, les enfants sont fréquemment exposés aux traumatismes. La prévalence varie de 11 à 30% selon les études. (14) D’autres études montrent même une prévalence encore plus forte durant les périodes préscolaires (jusqu’à 60%). (15)
➤ Chez les adolescents
Les principales causes sont les accidents de la voie publique, les chutes et la pratique sportive. L’enfance et l’adolescence constituent donc les deux périodes les plus courantes concernant les traumatismes bucco-dentaires à tel point que, d’après Andreasen et Adreasen (16) il se pourrait que, d’ici peu de temps, leur fréquence dépasse celles des maladies parodontales et des caries.

De façon générale, le risque de traumatisme diminue avec l’âge.
En fonction de l’âge, on constatera différents types d’atteintes dentaires :
– Jusqu’à l’âge de 7 ans
La plupart des blessures concerneront les lésions muqueuses ainsi que les luxations dentaires. En effet, jusqu’à cet âge, le patient présente une face de faible dimension, une denture temporaire en voie d’exfoliation et un os souple et élastique.(14)
– A partir de 7 ans
Il se produit un développement de la face. On passe à une denture mixte. La majorité des lésions observées concerneront les fractures dentaires ainsi que les luxations. (17)
– A partir de 12ans
On a une denture permanente, un visage adulte et un os résistant. On assistera essentiellement à des fractures des tissus durs. (18) (17)

Les fractures coronaires constituent donc le type de traumatisme le plus fréquemment observé en denture permanente alors qu’en denture temporaire, il s’agit le plus souvent de luxations en raison de la plasticité des structures osseuses. Certaines dents sont plus touchées que d’autres par ces traumatismes : Les différents auteurs s’accordent sur une atteinte plus fréquente de l’incisive centrale maxillaire, qui est impliquée dans plus de 85% des cas de traumatismes, en raison de sa position très antérieure, ce qui en fait un véritable « pare-choc ». Puis par ordre décroissant se trouvent l’incisive latérale maxillaire et l’incisive centrale mandibulaire

Autres
Ils sont moins influents. Il peut s’agir de pathologies d’ordre général (épilepsie, défaut visuel ou auditif) ou d’états psychologiques (stress etc,…).

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Table des matières

Introduction
I Classification et épidémiologie du traumatisme du secteur antérieur maxillaire
I.1 Classification
I.1.1 Traumatismes des tissus durs de la dent et de la pulpe
I.1.2 Traumatismes des tissus de soutien parodontaux
I.1.3 Traumatismes des tissus de soutien osseux
I.1.4 Traumatismes des tissus gingivaux et muqueux
I.2 Epidémiologie
I.2.1 Les causes de traumatismes
I.2.2 Les lieux de survenue d’un traumatisme
I.2.3 Les facteurs de risque de survenue d’un traumatisme
II Prise en charge de l’urgence d’un traumatisme d’une incisive centrale maxillaire
II.1 Interrogatoire
II.2 Examen clinique
II.2.1 Examen exo-buccal
II.2.2 Examen endo-buccal
II.3 Examen radiographique
II.3.1 Radiographie panoramique
II.3.2 Radiographies rétro-alvéolaires
II.4 Aspects légaux
III Prise en charge orthodontique d’un traumatisme d’une incisive centrale maxillaire
III.1 Réduction orthodontique d’une luxation latérale
III.1.1 Principes d’une réduction orthodontique d’une luxation latérale
III.1.2 Techniques de repositionnement orthodontique d’une luxation latérale
III.1.3 Cas clinique
III.1.4 Suivi
III.2 Gestion d’une fracture coronaire, corono-radiculaire ou radiculaire horizontale du tiers cervical
III.2.1 Principes de la gestion d’une fracture corono-radiculaire
III.2.2 Techniques d’égression orthodontique
III.3 Gestion d’une fracture radiculaire du tiers apical
III.4 Gestion de la dent intruse
III.4.1 Principes de la gestion orthodontique d’une dent intruse
III.4.2 Techniques d’égression d’une dent intruse
III.4.3 Suivi
III.5 Gestion de la dent extruse
III.5.1 Principes de la gestion d’une dent extruse
III.5.2 Techniques d’ingression d’une dent extruse
III.5.3 Suivi
III.5.4 Cas particulier de la dent totalement extruse (expulsée)
Conclusion

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