Causes majeurs de recrudescence de la tuberculose

 Caractéristiques bactériologiques

Les mycobactéries appartiennent au genre Mycobacterium, de la famille des Mycobacteriaceae, de l’ordre des Actinomycétales et de la classe des Actinobactéries (Shinnick et al.,1994). Morphologiquement les mycobactéries sont des bacilles qui mesurent de 2 à 5μM de longueur et de 0.2 à 0.5μM de largeur. Ces bacilles sont immobiles, non sporulés, ni capsulés, parfois ramifiés. Suivant l’espèce mycobactérienne, les colonies, isolées sur un milieu de culture donné, sont dysgoniques (petite taille) ou (grande taille), lisse ou rigoureuses, pigmentées ou pas.

Elles survivent en milieu aérobie ou micro-aérobie (mais pas anaérobie). Les mycobactéries sont des bacilles dits acido-alcoolo-résistants (BAAR) car ils sont mis en évidence par la coloration à la fuschine de Ziehl-Neelsen, où ils apparaissent rouges sur fond bleu (Figure 1). Elles sont mal colorées par la coloration de Gram mais elles ont été classées parmi les bactéries Gram-positives (Coetzer J.AW. et al.,2004).

Mycobacterium smegmatis

M. smegmatis a été la seconde mycobactérie identifié après M. tuberculosis. C’est un bacille à croissance rapide, de réservoir essentiellement hydro-tellurique, où il survit dans des conditions de privation nutritive et de température extrêmes. M. smegmatis est une bactérie de l’environnement ; non pathogène pour l’homme. C’est ce qui amène les microbiologistes spécialisés dans l’étude des mycobactéries à l’utiliser lors de travaux expérimentaux, afin de diminuer le risque de transmission au personnel des laboratoires et de surmonter la contrainte du temps qui s’oppose au cours de l’étude des mycobactéries à croissance lente.

Ce microorganisme a été largement utilisé comme modèle pour étudier la biologie des autres mycobactéries pathogènes comme M. tuberculosis Généralement, les antituberculeux de première ligne (isoniazide, rifampicine, pyrazinamide) sont inactifs sur les mycobactéries à croissance rapide. Néanmoins M. smegmatis est sensible à l’éthambutol (Wallace RJ et al.,1991). Donc de point de vue sensibilité/résistance M. smegmatis peut être considéré comme un modèle représentatif pour l’évaluation de l’effet antituberculeux de certaines molécules d’origine naturel ou chimique

Culture

Quel que soit le résultat de l’examen microscopique, les échantillons seront ensuite mis en culture, soit sur un milieu traditionnel à base d’oeuf, (par exemple le milieu de Löwenstein ou d’Ogawa) ou à base d’agar, soit en milieu liquide, soit encore dans un milieu spécifique permettant le dépistage de la croissance bactérienne par la libération d’un marqueur radioactif ou coloré (technique Bactec et dérivés). Selon la technique de culture employée, la preuve de la présence de mycobactéries viables sera apportée en deux à huit semaines. Si la culture est positive, on pourra alors procéder à la détermination du type de la mycobactérie (tuberculeuse ou non tuberculeuse). L’identification et la culture des mycobactéries doivent être obligatoirement suivies d’un test de sensibilité aux antituberculeux majeurs.

Identification directe par méthode moléculaire

Actuellement de nombreuses techniques moléculaires adaptées au diagnostic de la tuberculose sont utilisées, dont notamment l’amplification génique (PCR) permettant la détection de séquences nucléiques spécifiques; le séquençage, qui permet l’analyse de fragments polymorphiques spécifiques d’espèces; et l’hybridation d’ADN tuberculeux sur sondes spécifiques. Cependant, ces techniques présentent, actuellement, une sensibilité insuffisante lorsqu’elles sont appliquées directement sur des échantillons respiratoires ou autres (Kim et al., 2009). Par contre elles ont une sensibilité et une spécificité excellentes lors de leur utilisation à partir d’une culture.

Résistance naturelle

Chez les mycobactéries, le phénotype « sensible » ou « résistant » à un antibiotique donné est spécifique d’espèce. Les mycobactéries du complexe tuberculosis sont naturellement résistantes aux principales familles d’antibiotiques comme les β-lactamines, les macrolides, les cyclines, les sulfamides et les glycopeptides. Les mycobactéries non-tuberculeuses présentent également une résistance naturelle à ces antibiotiques usuels. De plus, elles sont naturellement résistantes à la plupart des antibiotiques efficaces sur M. tuberculosis tels que l’isoniazide, la pyrazinamide, l’ethambutol, l’acide p-aminosalicylique…(Veziris et al., 2005).

Le haut niveau de résistance naturelle des mycobactéries peut être expliqué par la faible perméabilité de la paroi mycobactérienne (Jarlier et Nikaido, 1994), constituée par trois éléments majeurs associés de manière covalente : le peptidoglycane, l’arabinogalactane et les acides mycoliques (Figure7) Les acides mycoliques sont de longues chaînes d’acides gras, (de 60 à 90 atomes de carbone) insérées parallèlement les unes par rapport aux autres et formant un arrangement compact perpendiculaire au plan de la membrane plasmique.

Incidence mondiale

L’OMS estime que nombre de cas tuberculeux le plus important s’enregistre dans la région de l’Asie-Est (2008), avec 35% de l’incidence mondiale.

En Afrique, le taux estimatif d’incidence par habitant est presque deux fois plus élevé qu’en Asie du Sud-est avec près de 340 cas pour 100 000 habitants. Cette région compte le nombre le plus important de décès (1,7 million en 2009). (Tableau 1)

En 2008, l’incidence estimative de la tuberculose par habitant était stable ou en régression dans les six Régions de l’OMS. Cependant, la diminution du nombre de cas est compensée par la croissance démographique. Par conséquent le nombre de nouveaux cas survenant chaque année continue d’augmenter au niveau mondial et en particulier dans les régions OMS de l’Afrique, de la Méditerranée orientale et de l’Asie du Sud-est. Au cours de la dernière décennie, le nombre de tuberculeux dans le monde a augmenté de 20%.

L’OMS estime que le nombre de décès causés par la tuberculose va croître pour atteindre les 5 millions en 2050.

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Table des matières

Introduction générale
Revue bibliographique
I.Le genre Mycobacterium
1.Caractéristiques bactériologiques
2.Classification
3.Mycobacterium tuberculosis
a.Réservoir
b.Caractéristiques morphologiques
c.Caractéristiques culturaux
d.Autres mycobactéries tuberculeux
4.Mycobactéries atypiques
.Mycobacterium aurum
.Mycobacterium smegmatis
II.La tuberculose
1.Données épidémiologiques
a.Incidence mondiale
b.Incidence nationale
c.Causes majeurs de recrudescence de la tuberculose
2.Infection par M. tuberculosis
a.Tuberculose pulmonaire
b.Tuberculose extrapulmonaire
3.Diagnostic de la tuberculose pulmonaire active
a.Bactériologie
a-1. L’examen microscopique
a-2. Culture
b.Identification directe par méthode moléculaire
c.Examen radiologique
4.La prévention vaccinale de la tuberculose
a.Vaccination par le BCG
b.Nouvelles stratégies vaccinales
5.Traitement de la tuberculose
6.Résistance de M. tuberculosis aux antibiotiques
.Résistance naturelle
ab.Résistance acquise
c.Multirésistante et ultrarésistante
III. Plantes médicinales étudiées pour leur effet antimycobactérien
1.Le genre Cistus
a.Activité antimicrobienne du genre Cistus
b.Cistus salvifolius
c.Cistus albidus
2.Le genre Populus
a.Caractéristiques générales
b.Utilisation industrielle de Populus
c.Populus alba
d.Caractéristiques botaniques de Populus alba
e.Propriétés thérapeutiques de Populus alba
Matériel et méthodes
I.Mycobactéries testées
II.Culture des souches mycobactérienne
III. Matériel végétal
IV.Screening de l’activité antimycobactérienne des extraits de plantes
1.Préparation des extraits aqueux et éthanoliques
2.Mise en évidence de l’activité antimycobactérienne
3.Etude du pouvoir antimycobactérien des extraits par la méthode de disque
V.Méthode bioautographique
1.Préparation des extraits avec différents solvants organiques
2.Extractions de Populus alba par des solvants à polarité croissante
3.Extraction de Cistus salvifolius et Cistus albidus par macération
4.Sélection des extraits qui possèdent la meilleure activité
5.Fractionnement des extraits par CCM
6.Localisation des fractions actives
VI.Purification des fractions actives
VII.Tests phytochimiques
1.Mise en évidence des flavonoïdes
2.Mise en évidence des tanins
Résultats et discussion
I.Screening de l’activité antimycobactérienne des extraits de plantes
1.Mise en évidence de l’activité antimycobactérienne
2.Etude du pouvoir antimycobactérien des extraits par la méthode de disque
II.Méthode bioautographique
1- Sélection des extraits qui possèdent la meilleure activité
2- Chromatographie sur couche mince (CCM
3- Localisation des fractions actives
4- Purification des fractions actives
III. Tests phytochimiques
1.Populus alba
2.Cistus salvifolius
3.Cistus albidus

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