Cartographie des milieux humides

Cartographie des milieux humides

État des connaissances

Milieux humides

La forêt boréale du Canada s’étend sur 5,52 millions de km2 (Brandt et al., 2013). Elle abrite la plus grande étendue de terres humides et de cours d’eau sur Terre, le tout estimé à 1,19 million de km2 (Wells et al., 2010). L’Est du Canada est souvent reconnu comme l’un des territoires les plus riches et diversifiés en hydrosystèmes d’eau douce.Au Québec, les milieux humides couvrent une superficie totale de de 189 593 km2, soit 12,5% de la surface de la province (Pellerin et Poulin, 2013). De ce nombre, 15 313 km2 font partie d’une aireprotégée, soit seulement 8 % des milieux humides de la province, tous types confondus (Pellerin et Poulin, 2013). L’Abitibi-Témiscamingue est la troisième région administrative avec la plus grande abondance estimée de milieux humides (15 459 km2), devancée par le Nord-du-Québec (llO 104 km2) et la CôteNord (37 554 km2) (Pellerin et Poulin, 2013). C’est pourtant l’ Abitibi-Témiscamingue qui a la plus grande proportion de territoire recouverte en terres humides (24,1 %), comparativement au Nord-du-Québec (12,9%) et la Côte-Nord (10%) (Pellerin et Poulin, 2013).Il est difficile de définir précisément un milieu humide, entre autres parce que leurs caractéristiques physiques, chimiques et biologiques varient selon leurs localisations géographiques et leurs dimensions (Fustec et Lefeuvre, 2000). Les frontières de ces écosystèmes sont rarement nettes et précises. De plus, dans les classifications (canadienne, américaine, québécoise) ou la convention de Ramsar, le vocabulaire employé et les classifications de milieux humides ne sont pas similaires (Ménard et al., 2006). Néanmoins, trois principaux facteurs sont habituellement inclus dans les définitions, soient 1 ‘hydrologie, le sol hydrique et la végétation hydrophyte (Banner et MacKenzie, 2000). Une définition particulièrement complète et à jour pour le Québec, provient d’une revue exhaustive réalisée par Pellerin et Poulin (2013):
« Les milieux humides se caractérisent par la présence, permanente ou temporaire, en surface ou à faible profondeur dans le sol, d’eau stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée. Ils peuvent être d’origine naturelle (perturbé ou non) ou artificielle. Souvent en position de transition entre les milieux terrestres et aquatiques proprement dits, ils se distinguent par une faible épaisseur de la colonne d’eau, par la présence de sols hydromorphes ou non évolués, tels que des gleysols ou des sols organiques, et d’une végétation dominante composée de plantes hygrophiles ou capables de tolérer des inondations périodiques. En l’absence de végétation, un site peut être défini
comme milieu humide lorsqu’il présente un substrat saturé au moins une partie de la saison de croissance et qu’il est situé, ou était situé, à 1 ‘intérieur ou à proximité d’un milieu aquatique, ou d’un milieu humide présentant une végétation hygrophile. »
Les milieux humides sont des écosystèmes dynamiques et des zones de transition entre les milieux terrestres et aquatiques. Ils sont donc sujets aux perturbations naturelles tant d’origine terrestre qu’aquatique. À grande échelle, les sécheresses, les feux de forêt, le climat, en plus des contraintes reliées à la topographie du milieu, font partie des agents perturbateurs de ces milieux. Les fluctuations du niveau de 1 ‘eau (vagues, précipitations, fonte de glace, etc) et la présence de castors agissent plutôt à petite échelle (Banner et MacKenzie, 2000, Lemelin et Darveau, 2005). Ces éléments régulateurs auront un effet direct sur la production de biomasse et sur le cycle de
production/dégradation de matière organique. Les milieux humides remplissent des fonctions écologiques comme la purification de l’eau, la capture du carbone atmosphérique, la prévention des inondations, la diminution de l’érosion, la rétention des sédiments, la filtration de produits toxiques, la stabilisation de microclimats, etc (Adamus et Stockwell, 1983). Selon l’Inventaire canadien des terres humides, initié par Canards Illimités (CIC) et ses partenaires en 2002, il existe globalement cinq classes de milieux humides, définies par le système de classification des terres humides du
Canada (Tableau 1.1).

Sauvagine

Le suivi à long terme de la sauvagme comporte plusieurs défis pour assurer l’acquisition de données représentatives de l’état des populations puisque la répartition des habitats de migration, de reproduction, d’alimentation et de nidification s’étend sur toute l’Amérique du Nord (US Fish and Wildlife Services, 2014). C’est d’abord le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine (PNAGS) en 1986 qui a donné le ton pour fournir un effort de conservation international pour les la sauvagine à l’échelle continentale. Jusqu’à ce jour, les inventaires aériens ont toujours été l’outil de prédilection pour estimer l’état des populations par un décompte d’individus. Malgré son coût contraignant, cette technique reste la plus efficace pour couvrir de longues distances rapidement et assurer une rigueur méthodologique. Au Québec, le survol aérien a été instauré en 1990 par le Plan conjoint sur le Canard noir (PCCN), qui en 2004 en a transféré la responsabilité au Service canadien de la faune (SCF) et au US Fish and Wildlife Service (USFWS); le SCF couvre en hélicoptère le cœur de l’aire de reproduction du Canard noir (Anas rubripes), c’est-à-dire la zone des forêts commerciales jusqu’au 51′ parallèle, tandis que le USFWS couvre extensivement la
taiga en av10n (Lepage et Bordage, 2013). L’objectif principal de l’inventaire du PCCN-SCF est de fournir des indices statistiquement fiables des tendances des populations de Canard noir et des autres espèces de sauvagine (Bordage et al., 2003).
Il vise aussi l’obtention d’estimations réalistes des densités relatives des espèces présentes dans la province grâce aux transects échantillonnés par voie aérienne (Bordage et al., 2003). Ces données permettent d’établir les quotas de chasse et de cartographier la répartition géographique de chaque espèce sur le territoire (Lem elin et al., 2007). Il existe également d’autres bases de données telles que l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, le Relevé des oiseaux nicheurs, en plus des données récoltées par des ornithologues amateurs (Étude des populations d’oiseaux du Québec et eBird). Ces données permettent de confirmer la présence ou d’indiquer le statut de nidification des espèces de sauvagine selon un lieu géographique. Plus de 75% des espèces de sauvagine de l’Amérique du Nord dépendent de la forêt boréale canadienne durant leur cycle de vie, par exemple pour la reproduction ou la migration (Morrison, 2003).
Au Québec, le SCF recense cinquante espèces de sauvagine ayant un statut de nicheur  régulier (présent à toutes les années), d’hivernant régulier ou de visiteur (exceptionnel,  occasionnel ou régulier) (Lepage et Bordage, 2013). La sélection d’un habitat de nidification par la sauvagine est habituellement réalisée en fonction d’un compromis entre la disponibilité des ressources, les besoins de l’individu et les coûts requis pour les combler. Toutefois, une foule d’autres facteurs entrent en compte selon l’échelle d’analyse de cette sélection. Les travaux de Eichholz et Elmberg (2014) ont démontré qu’il existe quatre niveaux de sélection. Le premier est en fonction de la région ou de la latitude, le deuxième du biome ou du type d’écosystème, le troisième est relié au paysage ou la localisation du milieu humide et enfin, le quatrième est associé au choix de site de nidification à l’intérieur de ce paysage (Eichholz et Elmberg, 2014). Les « décisions » associées au 1er niveau de sélection auront des répercussions sur la répartition continentale des espèces en migration, alors que celles du 2′ niveau détermineront la répartition des espèces selon les écosystèmes. Enfin, celles des 3′ et 4′ niveaux de sélection influenceront la composition de la communauté d’espèces de sauvagine dans un milieu. La diversité de sauvagine est surtout liée à 1 ‘hétérogénéité et la productivité des ressources dans un habitat, suivant un gradient latitudinal, plutôt qu’à la compétition inter ou intra spécifique pour ces mêmes ressources (Bethke et Nudds, 1993). D’autres recherches ont également démontré une variation dans le patron de sélection d’habitats de la sauvagine selon les saisons et le comportement (en période de reproduction, de migration, etc) (Beatty et al., 2014b). Les besoins de chaque individu ne seront pas semblables tout au long de l’année et durant l’entièreté du cycle de vie. C’est pourquoi l’intégration de variables spatiales et temporelles,malgré la disponibilité d’habitats potentiels, est essentielle dans l’étude du comportement de sélection (Jones, 2001).À l’échelle du Québec forestier, la densité de sauvagine est en moyenne inférieure à un couple nicheur par km2 (Leme lin et al., 2004). L’Ouest de la province se démarque toutefois, notamment en Abitibi-T émiscamingue où on compte une vingtaine d’espèces nicheuses, avec une densité pouvant atteindre plus de 150 couples-nicheurs/lOO km2 (Barker et al., 2014, Lemelin et al., 2004, Lemelin et al., 2008, Lepage et Bordage, 2013) (jigure 1.1).

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Table des matières

AVANT-PROPOS
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
RÉSUMÉ
CHAPITRE I INTRODUCTION GÉNÉRALE
1.1 Problématique
1.2 État des connaissances
1.2.1 Milieux humides
1.2.2 Sauvagine
1.2.3 Industrie minière- Titres miniers
1.3 But et objectifs
CHAPITRE II PLANIFICATION SYSTÉMATIQUE DE LA CONSERVATION DES MILIEUX HUMIDES ET DE LA SAUVAGINE EN RÉGION BORÉALE MIXTE CONTRAINTE PAR L’ACTIVITÉ MINIÈRE
2.1 Résumé
2.2 Introduction
2.3 Méthodologie
2.3.1 Aire d’étude
2.3.2 Design de l’étude
2.3.3 Cartographie des milieux humides
2.3.4 Modélisation de l’abondance potentielle de sauvagine
2.3.5 Activité minière- Titres miniers
2.3.6 OutilMarxan: Scénarios avec cibles de protection
2.3.7 Identification des milieux humides d’intérêt pour la conservation
2.4 Résultats
2.4.1 Cartographie des milieux humides
2.4.2 Modélisation de l’abondance potentielle de sauvagine
2.4.3 Complémentarité des approches de conservation
2.4.4 Effets de 1 ‘activité minière sur les possibilités de conservation
2.5 Discussion
2.5.1 Complémentarité des approches de conservation
2.5.2 Effets de l’activité minières sur les possibilités de conservation
CHAPITRE III CONCLUSION GÉNÉRALE
ANNEXE A MÉTHODE DE CLASSIFICATION DES MILIEUX HUMIDES DU QUÉBEC BORÉAL À PARTIR DE LA CARTE ÉCOFORESTIÈRE DU 4E INVENTAIRE DÉCENNAL
ANNEXEE CARTES DE LA RÉP AR TITI ON ET DE L’ABONDANCE POTENTIELLE DES HUIT ESPÈCES DE SAUVAGINE À L’ÉTUDE
ANNEXEC CARTES DES RÉSEAUX DE CONSERVATION, SANS CONTRAINTE MINIÈRE
ANNEXED MÉTHODE DE MODÉLISATION POUR PRÉDIRE L’ABONDANCE DE SAUVAGINE À L’ÉCHELLE DU QUÉBEC FORESTIER
BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE

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