Cadres théoriques de l’endettement sur le développement économique

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Causes directes de la dette extérieure 

Selon Marc RAFFINOT11, l’endettement provient d’un déséquilibre : un déséquilibre épargne-investissement, un déficit budgétaire ou/et un déficit de la balance de paiement courante.

Déséquilibre épargne-investissement 

La coexistence entre épargne interne insuffisant et une hausse de besoins de financement pour réaliser des projets d’investissement peut être une source d’endettement extérieur12 . En effet, Selon le modèle de Solow, un pays qui consacre une fraction importante de son revenu à l’épargne et à l’investissement se dote d’un stock de capital stationnaire et d’un revenu élevé, donc à une croissance économique plus élevée13 . Or il ne peut y avoir développement sans croissance économique positive. Cependant, le niveau de revenu et le taux d’épargne des agents économiques déterminent son capacité de financement. La différence épargne interne et investissement caractérise donc la capacité de financement ou besoin de financement étranger dans un pays. Un faible niveau du revenu disponible et du taux d’épargne entrainent de ce fait une insuffisance du financement interne, dans la réalisation d’un projet d’investissement porteur de croissance économique, entrainant la nécessité de capitaux étranger comme appoint.

Déficit budgétaire 

Un pays à faible revenu disponible est souvent marqué par une faible recette fiscale, qui est insuffisante pour couvrir les dépenses de l’Etat. Face à l’importance d’un déficit budgétaire, l’État, pour résorber et couvrir ce dernier, a régulièrement recours à la procédure de l’emprunt. En effet, si au XIXème siècle, l’emprunt était considéré comme une ressource dangereuse qui entrainait une aggravation des charges futures puisque celui-ci devrait être remboursé par la génération future. D’où la considération que l’emprunt devait s’agir d’un procédé de financement exceptionnel et qu’il fallait le limité au financement des dépenses d’investissement. Dans l’analyse moderne, « l’emprunt n’est plus considéré comme un moyen de financement exceptionnel destiné à financer des dépenses d’investissements, mais également comme un moyen d’intervention économique et monétaire et, surtout, également comme un moyen non inflationniste de financer le déficit budgétaire »14.
Un déficit budgétaire peut provenir de plusieurs raison. Soit le déficit provient délibérément d’une politique publique : l’Etat peut mettre en oeuvre une politique keynésienne, qui consiste à augmenter les investissements et les dépenses publiques, ou une politique de l’offre, qui consiste à diminuer les différentes recettes dans une optique de croissance économique.
Soit le déficit provient d’une insuffisance de ressources fiscales combinée à un alourdissement des dépenses publiques notamment l’importance des dépenses de fonctionnement. Or l’utilisation de la création monétaire dans ce cas peut entrainer une forte inflation et par la suite une récession. Soit le déficit provient du remboursement des services de la dette antérieure trop important. En effet, le versement des intérêts est budgétisé15. Ce qui signifie que la dette publique produit le déficit comptable ex post. C’est souvent le cas des pays africains.
Recourir à l’emprunt est donc ici la voie la plus facile pour l’Etat dans la mesure où Il ne tient pas à augmenter le prélèvement obligatoire à la charge de la population ou réduire les projets d’investissement source de croissance pour la population ou encore détériorer la solvabilité du pays. L’Etat se doit donc, dans ce cas, de recourir au financement interne ou externe pour limiter le coût socio-économique du déficit budgétaire.

Déficit de la balance courante 

L’un des principales causes de l’endettement est la persistance du déficit du compte courant de la balance du paiement.
Le solde de la balance courante mesure l’effort d’un pays en matière d’échange avec l’extérieur. Le déficit de la balance courante est principalement causé par le déficit de la balance commerciale : soit le système productif du pays n’arrive pas à satisfaire les besoins de consommation interne du pays d’où l’importance de l’importation, soit l’exportation en valeur du pays est faible par rapport à l’importation en valeur (détérioration des termes de l’échange). Ce déficit chronique se caractérise aussi par un déficit en devise étrangère qui, peut-être une source d’insolvabilité extérieur dans l’importation, tant pour la consommation que pour l’investissement.
Les entrées de fonds étrangers peuvent combler le déficit de la balance courante. De ce fait, lorsque le déficit en devises étrangères est trop élevé, du moment que le ressource intérieur disponible est insuffisante, l’Etat doit recourir à l’endettement extérieur puisque ce dernier favorise la croissance par l’augmentation des importations nécessaires à l’investissement16, mais aussi parce que certaines importations sont vitales pour la population que pour la production.

Principaux créanciers : causes indirectes de la dette :

Après la Seconde Guerre Mondiale, la BIRD ou Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement a été créé en 1944 dont le but principal est de promouvoir la reconstruction de l’Europe Occidentale ravagée par la guerre à travers le Plan Marshall. Etant là une des toutes premières formes de coopération mondiale oeuvrant pour une paix partagée et une stabilité, la nécessité d’un système monétaire internationale a été le principal sujet de controverse entre les délégations britanniques représentées par Keynes et celle des américains conduite par Harry White conduisant à la création du Fonds Monétaire International ou FMI avec la Banque Mondiale. Le plan de Keynes plan qui consistait a adopté une banque supranationale a été abandonné au profit du plan de White. C’est dans la localité du New Hampshire (Etats-Unis) à Bretton Woods que les deux institutions dites jumelles ont pris naissance lorsque les 45 Etats présents à la conférence en Juillet 1944 ont ratifié leurs statuts respectifs.
Si FMI intervenait dans le court terme, la Banque Mondiale agissait à long terme.

Banque Mondiale :

La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.
Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. La Groupe Banque Mondiale se compose des cinq filiales suivantes : La Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité, essentiellement aux pays à revenus intermédiaires. L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA). La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde. Enfin, le Centre international de règlements des différents relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED.
Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale, en accord avec le FMI, a développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.
La banque mondiale accorde plusieurs types de prêts, notamment les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau… ; Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie,… ; Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics ; Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale ; Les prêts pour lutter contre la pauvreté.17

Le Fond Monétaire International :

Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux. À ce jour, 187 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).
Son conseil d’administration est composé de 24 membres. Huit pays ont un administrateur : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite, la Chine et la Russie. Les seize autres sont nommés par des groupes de pays. Le conseil d’administration élit un directeur général pour cinq ans, par tradition un européen. Tout pays qui devient membre du FMI se doit de verser un droit d’entrée appelé « quote-part », calculée en fonction de l’importance économique et géopolitique du pays. Certains pays payent leur cotisation en or notamment l’Afrique du sud qui lui en a vendu en 1970-1971 de grosses quantités. Le FMI est le troisième détenteur de métal jaune du monde ; fin mars 2008, ses réserves s’élevaient à 103 millions d’onces (3 217 tonnes).
Comme à la Banque mondiale, le nombre des droits de vote d’un pays est en fonction de sa quote-part. Les États-Unis ont plus de 16% suivis par le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Chine, l’Italie, l’Arabie saoudite, le Canada et la Belgique. Les États-Unis sont le seul pays à détenir plus de 15% des droits de vote, d’où un droit de veto de fait. Tandis que le groupe emmené par le Togo, qui regroupe 24 pays d’Afrique noire (francophones et lusophones) et représente 225 millions d’individus, possède seulement 1,39 % des droits de vote. Avec un tel système, on se rend compte que les pays de la Triade parviennent sans mal à réunir la majorité des droits de vote et ont donc toute facilité pour piloter le FMI. Leur pouvoir est démesuré si on le compare à celui des PED dont les droits de vote sont ridiculement réduits eu égard à la taille des populations qu’ils représentent.
Les prêts du FMI sont assortis de conditionnalités dictant aux pays les mesures d’austérité à prendre. Seulement si ces conditions sont appliquées l’argent est versé, par tranches, certaines tranches pouvant être suspendues si le pays ne satisfait plus aux exigences. En 2008, les pays empruntaient au FMI à un taux de 4,15%, les pays riches lui prêtaient à 2,98%.
Depuis les années 90 le FMI se trouvait dans une situation difficile, le nombre de prêts avait nettement baissé, certains pays, et non des moindres, avaient soldé leur compte, et la contestation grandissante avait bien terni son image. En effet, son mode d’intervention à travers l’ajustement structurel et son politique d’austérité ont fait l’objet de plusieurs contestation du fait de ses échecs répétitifs.
A part ces deux grandes institutions financières internationales, de regroupements de pays créanciers et de banques créanciers ce sont créées pour faire face aux besoins de financement des PED. 18

Le club de paris 

On peut définir le club de Paris comme la réunion de l’ensemble des pays créanciers et des Institutions Financières Internationales face à un pays débiteur pour rééchelonner la dette de ce pays19. Une réunion qui se déroule, mensuellement en générale, autours d’une table de conférence et entre chaque représentant des partis20.
Le club de Paris est né le 16 mai 1956, par une réunion, sur proposition du ministre de l’économie français à l’époque, concernant la résolution des problèmes de la dette argentin avec ses principaux créanciers. En effet, en 1955, après le renversement du président argentin Juan Domingo Peres par un coup d’Etat, le nouveau régime, ayant une difficulté de paiement, soucieux de rentrer dans le rang au niveau international, et cherchait à intégrer le FMI et la Banque mondial21 . Depuis, le club de paris s’est imposé comme un des principaux cadres de la renégociation entre débiteur et créancier22 . Et 50 ans plus tard, le but du Club, qui se réunit toujours au sein du ministère français des Finances, à Bercy, où se trouve son secrétariat, est de renégocier la dette publique bilatérale des pays du Sud ayant des difficultés de paiement23 .
Le Club de Paris est un groupe informel, une « non-institution », puisque, tout d’abord, sa création empirique en 1956 n’a jamais été confirmée par un texte de portée international, et, il n’a ni existence légale ni statut. En théorie, les conclusions de ses discussions sont de simples recommandations qui ne deviennent effectives que lorsque les États créanciers, de façon indépendante, décident de les mettre en oeuvre via des accords bilatéraux, qui seuls ont une valeur juridique. Toutefois, son activité et son autorité lui confèrent un rôle quasi-officiel et sa permanence est assurée par son secrétariat confié à la direction du Trésor Français. En effet, depuis 1956 à 2008, plus de 403 accords ont été conclus, avec les représentants de 91 pays débiteurs différents24.

Le XIXème siècle ou le rejet de l’emprunt extérieur par la théorie économique (classique) 

Les principaux auteurs du XIXème siècle, notamment les classiques, accordent peu d’intérêt pour la question de la dette, soit la rejette comme nocif pour un moyen de financement de l’économie ou de la dépense publique. Et ceux malgré qu’à l’époque, de nombreux pays ont déjà recours à ce moyen de financement. Stuart Mill jugeait nécessaire d’en parler que dans les transferts liés au paiement des tributs de guerre28. Tandis que Sismondi considère que les placements à l’étranger sont inutiles et dangereux puisque ceux-ci sont générateurs de crise (il fait allusion à la crise de surproduction en Angleterre de 1825)29. On ne doit pas prêter à l’étranger alors, puisque les placements à l’étranger distraient de l’économie des capitaux qui eussent pu s’investir dans les activités productives internes. De même d’emprunter puisque l’emprunt entraine des transferts continus à l’étranger du fait des remboursements et du paiement d’intérêts. Et « des conditions moins avantageuses dans laquelle il [l’emprunteur] est forcé d’échanger ses productions pour des produits étrangers30 ».
Cette position des auteurs classique contre la dette extérieur peut se comprendre par les faits que :
 Les auteurs classiques sont contre les dettes publiques. Pour eux, l’Etat doit avoir des rôles limité. Pour Smith, c’est un gaspillage car elle enlève à l’industrie et au commerce les capitaux dont ils ont besoins pour progresser la production et la commerce et encourage aussi le souverain à affecter des dépenses inutiles et favorise son irresponsabilité31. Pour Say elle alimente la consommation publique, et est destructrice de richesse et de valeur. D’autant plus, Say est averse au paiement des intérêts et préfère même que, pour les publiques, il serait mieux que les capitaux soient inactifs32. Pour Ricardo, la dette est « l’un des plus grands fléaux qui ait jamais été inventé pour affliger une Nation33 …» et considère que les paiements des intérêts nécessitent une hausse des impôts, qui va susciter l’envie des contribuables, lui et ses capitaux, à s’arracher de ce fardeau et à partir dans d’autre pays .
 Les auteurs classiques soutiennent l’hypothèse de l’immobilité des facteurs de production entre Nations dans l’échange internationale. Les classiques se sont désintéressés des transferts autres que dus à des réparations de guerre. Ils approuvent la mobilité des produits à l’échelle internationale, mais désapprouvent le fait que les facteurs de production soit mobiles à l’extérieur de la Nation .
 Les auteurs classiques sont des adeptes du principe d’une relation de contrainte entre le niveau de revenu et le niveau de la dépense tant chez le consommateur que chez le producteur. De ce fait, pour les classiques, l’Etat doit assurer l’équilibre rigoureux entre les ressources du Trésor et ses dépenses. Or, l’emprunt extérieur, tout comme la création monétaire, entraine le non-respect de la règle de la contrainte budgétaire .
 Les auteurs classiques sont en principe hostiles à la conquête coloniale puisque ces derniers n’y voient pas l’intérêt de la conquête pour les métropoles.

La dette extérieure dans la problématique de l’exploitation et de l’exportation du capital :

Les auteurs marxistes effectuent son analyse de l’endettement international dans le cadre de l’analyse de l’exploitation et l’extension, par l’exportation, du capital dans d’autres pays non capitaliste. Trois auteurs peuvent ici retenir l’attention :

L’analyse de Hilferding : le capital financier et l’exportation de capital :

Hilferding analyse, dans son ouvrage Le Capital financier en 1910, le développement du capitalisme moderne qui, se caractérise par l’importance du phénomène de concentration du capitalisme moderne qui se manifeste par, la suppression du libre-échange’ via les trusts et les cartels, et la liaison étroite entre capital bancaire et capital industriel qui forme le capital financier. Cette liaison va favoriser l’exportation du capital, qui contribue à la transformation du capitalisme moderne et à l’internationalisation du capital.
En effet, l’exportation du capital, dont l’emprunt international, est une exportation de valeur destinée à produire des plus-values et intérêts à l’étranger, plus-values dont disposera le capital du pays d’origine. C’est donc un facteur d’élargissement de la sphère d’influence du mode de production capitaliste dans d’autres Pays, des rapports d’exploitation. L’exportation du capital, l’emprunt international sont aussi liés à la reproduction puisque, ils assurent l’écoulement de la production de la branche industrielle, notamment les biens d’équipement et les biens de consommation du pays préteur, en élargissant les limites de l’absorption du pays emprunteur. Mais également, ils assurent aux pays exportateur la couverture de leurs besoins en matière première. L’exportation du capital, l’endettement international, apparait comme une exportation du rapport de classe, puisque celle-ci entraine l’élimination de la concurrence à l’intérieur du pays receveur, par la force de la concentration, et se caractérise par une forte concurrence, entre les concentrations, à l’échelle internationale.

Rosa Luxemburg et l’emprunt international :

L’analyse de Rosa Luxemburg, dans son ouvrage L’Accumulation du capital en 1913, part d’une critique du schéma de reproduction de Marx, qu’elle estime insuffisant puisque celui-ci laisse entendre que le développement peut se poursuivre sur la base du marché intérieur. Le capital total ne se reproduit pas dans la même condition que le capital individuel. Selon Luxemburg, « l’existence et le développement du capitalisme exigent un environnement de forme de production non capitalistes34». En effet, l’extension à l’extérieur est liée à la nature même du mode de production, car le capitalisme a besoin de couches sociales non capitalistes en tant que marchés pour sa plus-value, en tant que source d’approvisionnement pour ces moyens de production, et en tant que réservoir de force de travail pour son système salarial. De ce fait, elle accorde d’importance au rôle vital du commerce international, de l’extension internationale et de l’internationalisation du capital au capitalisme.
L’emprunt international est, pour Luxemburg, comme un lieu de contradiction dans la phase impérialiste puisque, d’une part il est perçu par les jeunes Etats capitalistes comme une émancipation au mode de reproduction capitaliste des anciens pays capitalistes, et d’autre part il constitue, pour les vieux pays industrialisés capitalistes, comme un moyen de « tenir les jeunes pays en tutelle, de contrôler leurs finances et d’exercer une pression sur leur politique étrangère, douanière et commerciale » 35.

Lenine et la théorie de l’Impérialisme :

Lenine consacre une partie de son analyse, dans son ouvrage L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, à l’exportation du capital. Il considère que, dans le capitalisme moderne, ce qui caractérise le capitalisme actuel, où le monopole règne, c’est l’exportation de capitaux, conséquence de l’existence des monopoles et la formation du capital financier, et dans un but de générer des plus-values dans les pays sous-développés. Cette exportation est due à la maturité excessive du capitalisme dans certains pays où le placement de capital ne génère que peu d’avantage. En effet, l’exportation du capital, l’endettement international encourage l’exportation des marchandises, contribue au partage du monde entre les monopoles, les concentrations et trouve son intérêt dans la conquête des colonies. Cette exportation de capitaux du pays exportateur au pays qui les reçoit va entrainer une relation de dépendance entre les deux pays. En effet, le monopole va éliminer les concurrences et prendre possession du marché de ce pays receveur, d’assurer une commande, et d’affermir les relations nécessaires. On retrouve encore donc ici l’exportation du capital comme un trait caractéristique de l’impérialisme et comme un facteur déterminant de la reproduction capitaliste.36

Transfert, Balance des paiements et prise en compte de l’emprunt au lendemain de la première guerre :

Les transferts Allemands aux Alliés, pour payer sa dette de guerre, ont entrainé une nouvelle considération de l’emprunt, par la pensée économique, à la fin de la Grande Guerre. Ce qui a amené certains auteurs à analyser la liaison entre balance de paiement et situation économique, mais aussi à analyser les problèmes de la dette dans la controverse Keynes-Ohlin et les théories naissantes de cette controverse.

Position du problème et première analyse :

L’attention des auteurs a été attirée par l’apparition autonome d’un flux additionnel dans la balance de paiement, sans que celui-ci ait en même temps une contrepartie dans la période considérée. Ce flux additionnel conduit au niveau de la balance de paiement un déséquilibre interne, tenant à la mobilisation de l’épargne qui finance le transfert, qu’externe, qui accroit le passif de la balance des paiements. Le problème est donc de déterminer le mécanisme par lequel sera suscité un flux réel, qui vienne compenser le flux financier initial : mécanisme des prix ou adaptation des flux des pays débiteur et créditeur.
Le transfert lié au remboursement de la dette internationale pose un problème aussi bien pour le débiteur dans sa politique interne, que pour le créditeur. En effet, les transferts unilatéraux posent un problème lié au fait qu’ils introduisent une discordance entre balance des paiements en monnaie et balance de Biens et Services : d’une part, il y a le problème de trouver les sommes nécessaire au paiement de la dette, qui peut causer incidence sur la situation économique du débiteur, et d’autre part, le problème de conversion des sommes obtenus en monnaie du pays créancier. De ce fait, le débiteur devrait dégager un surplus d’exportation pour couvrir le remboursement, qui nécessite une redéfinition de la politique interne et une plasticité de son appareil productif. Tandis que le créancier, devrait assurer que l’afflux des biens venant du débiteur fut non concurrent de sa propre production.
C’est autour de ce problème de transfert qu’une controverse a opposée Ohlin et Keynes.

La controverse Keynes-Ohlin :

Pour Ohlin, le mécanisme de transfert se traduit simplement par le déplacement du pouvoir d’achat du débiteur vers le créditeur. Dans le paiement de la dette, le débiteur se trouve contraint de réduire ses consommation et augmente les prélèvements fiscaux puis la production. Ce qui se caractérise par alors par une diminution de l’importation et une hausse du surplus d’exportation. En effet, les produits non consommés par le débiteur sont achetés par le créditeur, disposant un pouvoir d’achat plus élevé. Il n’y a alors qu’une substitution de la demande, sans changement de l’offre, donc sans mouvements des prix.
Pour Keynes, il reste pessimiste compte à la capacité de remboursement à court terme de l’Allemagne. En effet, il conteste la thèse du mécanisme d’adaptation du flux. Il constate que les exportations Allemandes ont la même structure que celles des Alliés. Il en résulte que tout accroissement de ces exportations provoquera des difficultés pour le commerce des Alliés. De ce fait, pour assurer le transfert, il faut une modification des prix ou des termes de l’échange, une détérioration du terme de l’échange au détriment du débiteur. C’est cette détérioration qui va induire un accroissement des exportations et l’apparition d’un excédent de la balance commerciale, en supposant l’existence des élasticité-prix.37
Dans cette débat, on peut considérer deux visions distinctes sur le problème de transfert Allemand, l’une partisane du mécanisme des prix, dont Keynes, et l’autre partisane du mécanisme des flux, notamment, Ohlin, Rueff, Aftaltion.

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Table des matières

Partie I : Partie théorique
Chapitre I : cadres conceptuels et théoriques de la dette extérieure 
Section I. Revue de la littérature
Section II. Les causes de l’endettement
Section III. Statut théorique de la dette extérieure dans la pensée économique :
Chapitre II cadres conceptuels et théoriques du développement :
Section I : définition et concept :
Section II. Notion de disparité Sud-Sud :
Section III : théorie sur le développement et croissance
Chapitre III : cadres théoriques de l’endettement sur le développement économique
Section I : théorie de l’endettement et développement
Section II les indicateurs quantitatifs de la charge de la dette
Partie II : Partie empirique
Chapitre VI : Les Pays en développement et la dette extérieure
Section I : Evolution quantitative et structurelle de la dette extérieure des pays sous-développés
Section II : Mutation structurelle et caractéristique de l’endettement des Pays en développement
Section III : Les problèmes rencontrés par les PED
Chapitre V : Madagascar et l’endettement extérieur
Section I : L’endettement vécu par les Malagasy
Section II : La réalité économique de Madagascar
Chapitre VI : Madagascar en comparaison avec la Malaisie
Section I : La différence des conditionnalités de l’endettement extérieur :
Section II : La différence de politique de gestion et choix économique
Section III : La différence des environnements économiques, politique et sociale
CONCLUSION

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