Bio-écologie des Culicidae

Bio-écologie des Culicidae 

Comportement des moustiques

Les femelles de ces espèces se nourrissent essentiellement de sang (à l’exception des Toxorhynchites) principalement pour assurer la maturation des œufs. En général, chaque prise de repas sanguin est suivie d’une ponte dans les 2 à 3 jours. Le cycle gonotrophique appelé aussi gonotrophique est la succession des phénomènes physiologiques qui se produisent chez le moustique entre deux repas de sang successifs [23]. Chaque cycle gonotrophique comprend trois phases principales:
– la recherche d’un hôte et la prise d’un repas sanguin;
– la digestion sanguine et le développement des ovaires;
– la recherche d’un gîte favorable à l’oviposition.
La durée du cycle gonotrophique n’est constante que sous les tropiques ou dans les climats chauds où la température et les autres éléments météorologiques varient dans un intervalle relativement étroit [24]. Pour la plupart des espèces tropicales, et notamment Anopheles gambiae s.l. et An. funestus en Afrique, elle est de 4 à 5 jours pour le premier cycle et de 2 à 3 jours pour les cycles suivants [17].

Après chaque ponte le moustique retrouvera un nouvel hôte, soit le jour même (cycle de 2 jours), soit le lendemain (cycle de 3 jours). Il peut y avoir dissociation gonotrophique au début de la vie imaginale (2 repas sanguins nécessaires avant la première ponte) ou durant des saisons moins favorables à la reproduction (saison sèche, hiver). Les femelles sont attirées par différents stimuli dégagés par l’hôte: Co2, sueur. La taille de l’hôte joue également un rôle. Ainsi, on a observé que les anophèles piquaient trois fois moins un enfant qu’un adulte [25]. Les préférences trophiques varient suivant les espèces de moustiques et la disponibilité d’hôtes. Les moustiques zoophiles se nourrissent exclusivement sur des animaux et les moustiques anthropophiles se nourrissant sur homme, mais pas exclusivement. Les zooanthropophiles peuvent se nourrir à la fois sur l’homme comme sur les animaux. Suivant le lieu de la prise du repas sanguin, on peut distinguer des moustiques endophages (piquant à l’intérieur des habitations) et des moustiques exophages (piquant à l’extérieur des habitations). L’étude du comportement trophique permet d’estimer le contact homme-vecteur. La prise d’un repas sanguin est suivie de la digestion dans un lieu de repos. Suivant le lieu de repos on distingue des moustiques endophiles, ceux qui une fois gorgés restent à l’intérieur des habitations (faune résiduelle), et des moustiques exophiles ceux qui se reposent à l’extérieur des habitations. On tiendra compte du comportement au repos des moustiques adultes lors de la planification d’un programme de lutte anti-vectorielle (moustiques endophiles: pulvérisations intra-domiciliaires; moustique exophiles: pulvérisations à l’extérieur). Ces comportements peuvent être déterminés génétiquement, du moins partiellement, au sein d’une même espèce ou même au sein d’une population d’espèce. Le type d’habitation module le comportement au repos et le degré d’anthropophilie est modulé par la présence d’hôtes alternatifs [25].

Conditions de développements du moustique

Divers facteurs écologiques plus ou moins interdépendants influençant l’oviposition et le développement larvaire qui varie suivant les espèces:
– Végétation: selon les espèces l’association avec une certaine formation végétale est plus ou moins importante: plantes dressées, végétation flottante, algues ou végétation réduite, voir absente.
– Faune prédatrice : elles peuvent limiter la densité larvaire. Parmi les prédateurs on aura les poissons (Gambusia, Poecilia ou guppy), reptiles et amphibies, insectes (Dytiques, Notonectes, larves prédatrices d’Odonates, Chaoboridae, Culex tigripes, etc.). Les parasites sont également nombreux: des Nématodes mermitidés, des champignons (Coelomyces), des protozoaires (Microsporidies).
– Turbulence de l’eau: les larves culicidiennes ont une préférence pour les eaux calmes. L’agitation par le vent, par l’homme ou les animaux peut avoir une action destructrice sur la population larvaire.
– Ensoleillement et ombre: Certaines espèces des moustiques préfèrent se développées dans de l’eau fortement ensoleillée); alors que d’autres préfèrent dans de l’eau ombragée.
-Température: Les Anophelinae sont généralement moins tolérants à des faibles températures que les Culicinae. La température influence positivement la vitesse de développement larvaire. Cependant des températures trop élevées entraînent une mortalité larvaire avant la nymphose.
-Teneur de suspension en surface: Peut jouer sur le développement larvaire des moustiques.
– Potentiel d’hydrogène (pH) : La plupart des espèces ont une tolérance assez large.
– Salinité: Ce facteur est plus important que l’acidité de l’eau. On peut classer les espèces d’anophèles en 2 catégories:
i) Espèces d’eaux saumâtres (en Afrique de l’Ouest: An. melas, en Afrique de l’Est: An. merus, en Asie du Sud-Est: An. sundaicus)
ii) Espèces d’eaux douces (faible salinité requise chez An. funestus).
– Pollution: Les eaux polluées (égouts, déchets organiques ou industriels) ne conviennent généralement pas au développement larvaire (teneur en oxygène souvent trop faible, impact sur la végétation), mais certaines larves d’Anopheles parviennent à s’adapter.
– Eléments nutritifs: Ils seront largement dépendants de la végétation. Les larves se nourrissent de micro-organismes: algues unicellulaires, flagellés, ciliés. Les stades immatures jouent un rôle capital dans la régulation de la population adulte. Les fluctuations des populations adultes selon la pluviométrie sont davantage le résultat des chances de survie des œufs, des larves et des nymphes que les chances de survie des adultes.

Cycle biologique de l’anophèle 

Ce cycle est fondamentalement similaire pour tous les moustiques, en dépit des variations éthologiques observées selon les espèces et les conditions écologiques. Le cycle est composé de deux principales phases :
– une phase aérienne partant de l’émergence du moustique jusqu’à la ponte du moustique en passant par le repos, la prise de jus, l’accouplement, la recherche du sang, le repos, la maturation des œufs, la recherche du lieu de ponte.
– une phase aquatique qui débute par l’œuf frottant jusqu’à la nymphe en passant par la larve stade I, II, III et IV.

Identification morphologique des Culicidae

Certaines caractéristiques de l’adulte, des pupes, des larves et des œufs peuvent être utilisées comme clés pour identifier de façon morphologique les différentes espèces du moustique .

Cycle biologique du Plasmodium

Cycle chez l’homme

– Cycle exo-érythrocytaire
Au cours d’une piqure chez l’homme, l’anophèle femelle infeste injecte avec sa salive dans un vaisseau sanguin, des sporozoïtes (éléments fusiformes de 8 à 12 μm de diamètre) localisés dans ses glandes salivaires. Ces sporozoïtes se répartissent rapidement dans tout l’organisme, pénétrant activement et indifféremment dans différents types cellulaires. Ils atteignent le foie en une demi-heure et pénètrent dans un hépatocyte: c’est le début d’une crise préérythrocytaire hépatique qui va durer 6 jours pour P. falciparum, 8 jours pour P. vivax, 9 jours pour P. ovale et probablement 12 jours pour P. malariae. Seuls les sporozoïtes ayant gagné le foie et franchi une dernière barrière constituée par les cellules de Kupffer, poursuivent leur cycle : c’est la schizogonie tissulaire ou cycle exo-érythrocytaire. Le sporozoïte pénètre dans l’hépatocyte et se transforme en trophozoïte, puis en schizonte. A la maturité, le schizonte hépatique encore appelé corps bleu, s’éclate, libère des mérozoïtes: formes uni-nucléées qui initieront la phase érythrocytaire.

– Cycle érythrocytaire
Le mérozoïte de provenance tissulaire pénètre dans l’hématie par endocytose et s’y transforme en trophozoïte jeune. Aux dépens de l’hémoglobine dont il se nourrit, le trophozoïte élabore des grains de pigment noir : l’hémozoïne, résidu voisin de l’hématine. Parvenu à maturité il se transforme en schizonte compose d’un certain nombre de mérozoïtes qui se disposent en une forme régulière appelée “corps en rosace”, avec le pigment rassemble au centre du schizonte. Le corps en rosace mur se dilate puis s’éclate, libère le pigment et les mérozoïtes qui vont parasiter d’autres hématies. L’éclatement quasi simultané des corps en rosace appartenant à la même génération qui provoque l’accès fébrile observe au cours du paludisme. Cet accès fébrile peut être de type : Tierce : toutes les 48 h, pour P. falciparum, P. vivax, P. ovale. Quarte : toutes les 72 h, pour P. malariae. Certains trophozoïtes installes dans les hématies vont subir une évolution particulière. Leur développement va aboutir a la formation de gamétocytes mâles et femelles. Ces gamétocytes dépourvus de tout pouvoir pathogène ne peuvent plus évoluer chez l’homme, ils constituent les éléments sexués qui une fois ingérer par l’anophèle poursuivent leur développement pour devenir des sporozoïtes [27].

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Table des matières

I. INTRODUCTION
II. Objectifs
Objectif général
Objectifs spécifiques
Contexte de l’étude
III. GENERALITES SUR LES CULICIDAE
3.1. Systématique des Culicidae
3.2. Bio-écologie des Culicidae
3. 2. 1. Comportement des moustiques
3. 2. 2. Conditions de développements du moustique
3. 2. 3. Cycle biologique de l’anophèle
3. 2. 4. Identification morphologique des Culicidae
3. 2. 5. Cycle biologique du Plasmodium
3. 2. 5. 1. Cycle chez l’homme
3. 2. 5. 2. Cycle chez l’anophèle (cycle sporogonique)
3. 3. Le paludisme
3. 3. 1. Répartition géographique du paludisme
IV. MATERIEL ET METHODES
4. 1. Zone d’étude
4. 2. Périodes d’étude
4. 3. Type d’étude
4. 4. Populations d’étude
4. 4. 1. Population humaine
4. 4. 2. Population de moustiques
4. 4. 3. Echantillonnage de la population humaine
4. 4. 4. Echantillonnage de la population culicidienne
4. 5. Capture sur appât humain
4. 6. Récolte de la faune résiduelle
4. 7. Traitement du matériel récolté
4. 8. Détermination de l’infection plasmodiale
4. 8. 1. Recherche de l’antigène circumsporozoïtique par la méthode ELISA-CSP chez le vecteur
4. 8. 2. Recherche des plasmodies par la technique de la goutte épaisse et du frottis
mince chez l’Homme
4. 9. Saisie et analyse des données
4.10. Définition des paramètres entomologiques et indice plasmodique de la
transmission du paludisme
4.11. Considérations éthiques
V. RESULTATS
5. 1. Résultats entomologiques
5. 1. 1. Composition et distribution de la faune culicidienne dans le district de Bamako
5. 1. 2. Le taux d’agressivité
5. 1. 3. Taux d’infection du vecteur par l’antigène sporozoïtique et taux d’inoculation
5. 2. Résultats parasitologiques
5. 2. 1. Résultats démographiques
5. 2. 2. Taux de prévalence du paludisme déterminé en microscopie par la goutte épaisse dans le district de Bamako
5. 2. 3. Indice gamétocytique
5. 3. Résultats cliniques
VI. DISCUSSION
6. 1. Cadre et site d’étude
6. 2. Distribution des différentes espèces de moustiques à Bamako
6. 3. Nuisance culicidienne
6. 4. Distribution de l’infection chez le vecteur
6. 5. Distribution de l’infection dans la population humaine
6. 6. Relation entre agressivité et infection dans la population humaine
VII. CONCLUSION
REFERENCES
ANNEXES

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