Bilan du suivi à long terme de la végétation des principaux habitats de la tourbière

L’analyse de la végétation et la réalisation d’une note protocolaire ont fait suite à la réalisation de la campagne de relevés 2006, selon la méthode qui a été choisie en 1997. La mise en pratique de la méthode était une condition préalable au travail d’analyse et de recadrage du protocole. Pour cette raison et pour faciliter la compréhension de cette partie de l’étude, le déroulement de la campagne 2006 sera présenté non pas dans la partie résultats mais à la suite de la description de la méthode dans une première partie « Méthodologie ». De même, les choix effectués pour la comparaison des résultats des différentes campagnes sur un même transect et l’analyse de la végétation seront traités comme les résultats de l’étude.

Méthodologie

Relevés de végétation par transects

Le premier objectif de la mise en place d’un suivi de la végétation était de type descriptif, en l’absence d’une cartographie fine. En effet, les transects sont positionnés de manière à faire apparaître la complexité des milieux tourbeux et la mosaïque des groupements végétaux. Le second objectif est de bien appréhender la dynamique de la végétation sur les différents secteurs de la tourbière. Ce dernier objectif a pris plus d’importance par rapport à la fonction descriptive des transects, suite à l’acquisition de photos aériennes de grande qualité et à l’obtention de données spatiales grâce aux GPS qui ont permis le traitement sur logiciels SIG* . Un transect est une coupe virtuelle rectiligne positionnée selon un axe déterminé, le long duquel sont récoltées les informations choisies (type de milieu, espèces végétales et structure de la végétation,…). Cette « ligne » de données doit être caractéristique du (des) milieu(x) environnant(s) que l’on cherche à qualifier, et les données, représentatives de l’écologie de ces milieux. Le protocole « Hydrophytes et Odonates » définit cinq unités fonctionnelles avec chacune un transect et deux pour les bassins : le bassin du Néjou, le bassin Est, la tourbière alcaline, la tourbière acide et l’exutoire (figure 3). Un des deux transects du bassin Est a été supprimé sans avoir été relevé ; sur la partie Sud, en tourbière alcaline, un transect a été ajouté en 2000. Les départs et arrivées des transects étaient marqués sur le terrain (piquets,…), mais les repères ne sont plus visibles aujourd’hui et la localisation précise des transects s’est faite avec l’aide du conservateur de la Réserve, présent lors de leur mise en place. La description des transects suit la méthode suivante :
• Le transect est parcouru afin de repérer précisément les tronçons homogènes (tronçon où domine la même espèce et présentant une physionomie et une structure homogènes).
• Sur chaque tronçon homogène, il est réalisé un relevé phytosociologique de BraunBlanquet, sur une placette de 2 m² située au milieu du tronçon et à 1 m au Nord de la ligne de transect.
– La méthode théorique de Braun-Blanquet prévoit la délimitation d’une surface (ou d’un tronçon) homogène, mais également la détermination d’une aire minimale à échantillonner. Ce dernier point n’a pas été reproduit dans la méthode de suivi retenue sur la Réserve Naturelle, au profit d’une surface fixe de seulement 2 m² (donnée officieuse qui n’est mentionnée ni dans le plan de gestion, ni dans le protocole « Hydrophytes et Odonates »).
– Le relevé phytosociologique est un inventaire exhaustif des espèces pour chaque strate de végétation de la surface échantillonnée. A chaque espèce est attribué un coefficient d’abondance-dominance qui traduit l’importance du recouvrement spatial de l’espèce (l’annexe 1 donne l’échelle de coefficients utilisée) (Dupieux, 1998 et Fiers, 2004).
– Les 2 m² étudiés ne sont pas matérialisés (à l’aide d’un cadre ou d’une autre structure) afin de faciliter le déplacement dans la tourbière, cependant, dans la mesure du possible des repères naturels (arbuste, plante en fleur,…) servent de délimitation. Sur les bassins la surface concernée se situe entre les 2 mètres autour de l’avant de la barque, 1 mètre à droite et 1 mètre à gauche.
• Ces relevés devraient être faits durant la première quinzaine de juillet afin de noter le plus d’espèces possible. En ce qui concerne les laîches, cette période peut être avancée à la fin du mois de juin pour les transects autres que les bassins, afin de permettre le maximum de déterminations. Il est prévu de réaliser une campagne de relevés tous les deux ans.
• Afin de faciliter la visualisation des tronçons homogènes lors des relevés futurs, des données supplémentaires sont notées, par exemple pour une description plus complète de la végétation (hauteur maximale, recouvrement total) ou pour conserver les critères de changement d’un tronçon à un autre (à partir du premier Cladium mariscus, ou après la dernière touffe de sphaignes). Enfin l’ensemble des données est retranscrit dans un tableau récapitulatif.
• Au cours des campagnes de relevés, les échelles limnimétriques sont relevées et notées dans les tableaux récapitulatifs ; les quatre échelles sont situées sur le transect du Néjou Sud, sur celui du bassin Est, sur celui de la tourbière alcaline centrale et à l’exutoire.

Campagne de relevés 2006

La période préconisée pour effectuer les relevés est la première quinzaine de juillet. Les transects de cette année ont été faits entre le 26 juin et le 20 juillet (à l’exception du transect du Néjou Nord relevé tardivement, le 24 juillet et le 25 août). La période a été allongée pour des raisons  d’organisation, en effet il faut deux personnes pour relever les transects et le travail s’est fait en fonction des disponibilités du conservateur. Certains transects n’ont pas pu être relevés en une fois par manque de temps, ce qui a rallongé d’autant la période des relevés. L’ensemble des transects a été fait en 2006. Pour le bassin Est et la tourbière alcaline Sud c’était seulement la deuxième fois qu’ils étaient étudiés.

Le transect exutoire a été modifié durant le relevé 2006. L’accès par la terre à cette portion de la Réserve ne peut se faire que sur la rive droite, le côté de la route, l’autre rive étant très difficile d’accès du fait de la proximité avec la ligne de chemin de fer. L’objectif d’un transect à cet endroit est de suivre la végétation aquatique. A partir de la berge, cette végétation est difficile à approcher, ce qui a motivé, en 2006, le changement de point de vue de ce relevé qui s’est fait à partir d’une barque. Les autres données n’ont pas été modifiées : le transect longe la rive droite sur 100 m vers l’amont à partir de la base du pont. Les relevés de l’année 2006 sont forcément différents de ceux réalisés précédemment, mais l’évolution ne peut pas être due uniquement à ce changement de protocole étant donné que sept années se sont écoulées depuis le relevé précédent. A la fin du stage, ce transect a été totalement modifié. Pour que l’année 2006 reste la campagne de référence, ce nouveau transect de type bassin a aussi été relevé à la fin du mois d’août.

Résultats

Outils pour la comparaison des résultats sur 10 ans

L’objectif de ce stage est de faire un bilan de la mise en pratique de cette méthode, une critique de celle-ci et des propositions. Il ne sera donc pas présenté d’analyse approfondie de l’évolution de la végétation de la tourbière sur dix années, ce travail nécessiterait une étude complémentaire. Il s’agit ici de présenter la méthode qui a servi à comparer les 23 relevés de transects qui se répartissent sur six années . Les résultats de ces transects ont été analysés grâce à :
– la mise en pratique de la méthode lors des relevés 2006, ce qui a permis une meilleure compréhension et une meilleure lecture des tableaux faits pour les transects anciens,
– la comparaison des résultats bruts que sont les tableaux récapitulatifs des relevés,
– la réalisation de graphiques Excel mettant en correspondance les résultats des différentes années pour un transect donné.

Pour mener à bien le dernier point, il a fallu nommer chaque tronçon homogène quand cela n’avait pas été fait, puis faire des regroupements par types de milieux afin de les comparer efficacement. Ceci a été nécessaire car les différents observateurs n’ont pas pris exactement les mêmes critères de changement de tronçons. Les regroupements effectués entre les milieux proches (par exemples les cladiaies denses, cladiaies à phragmites, cladiaies à choin, ensembles ou les phragmitaies sur sphaignes avec les cladiaies sur sphaignes,…) s’appuient sur l’espèce dominante ou sur l’espèce indicatrice d’un milieu particulier (cas des sphaignes). Les noms donnés aux regroupements de tronçons sont tous liés à l’espèce dominante et non à l’habitat ou à l’association, il s’agit d’appellations uniquement physionomiques. Il est difficile de savoir si ces regroupements sont pertinents plusieurs années après les relevés, les choix faits l’ont donc étaient sous la responsabilité de Roger Marciau.

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Table des matières

SOMMAIRE
Introduction
A. Cadre de l’étude
A.1. Présentation du site
A.2. Présentation d’AVENIR et de la Réserve Naturelle
A.3. Contexte de l’étude
B. Première partie : Bilan du suivi à long terme de la végétation des principaux habitats de la tourbière
B.1. Méthodologie
B.2. Résultats
B.3. Critique de la méthode et propositions
C. Seconde partie : Mise en place d’un suivi de végétation sur le secteur Nord de la Réserve en vue d’une gestion par fauche et brûlage
C.1. Matériel et méthode
C.2. Résultats
C.3. Discussion
Conclusion
Glossaire
Bibliographie
Annexes

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