Avantages et limites de la pisciculture en cage

CONSIDERATIONS GENERALES ET MONOGRAPHIE DU SITE

L’histoire du développement de l’aquaculture trouve son origine dans de nombreux pays. Au début, elle prend la forme d’une activité de cueillette qui revêt encore une importance économique certaine dans de nombreux pays en développement. Le premier repeuplement du cheptel piscicole malagasy a été réalisée par NAPOLEON DE LASTELLE en 1857 (KIENER, 1963). L’espèce introduite en provenance de l’île Maurice, et initialement d’Extrême Orient arrive à s’adapter dans des régions très limitées (Pangalanes-Est, région de Toamasina et de Nosy be, région d’Antsiranana) mais l’introduction du Cyprin doré (Carassius auratus ) comme cadeau à la reine Ranavalona 1ère par Jean Laborde, en 1861, marque l’implantation de l’élevage des poissons à Madagascar. La première introduction de Tilapia à Madagascar date de 1950. C’est le Tilapia nigra ou Oreochromis spirilus niger. Il a été introduit pour diversifier les espèces de poisson d’élevage, afin de profiter du biotope existant.

Toutefois, vu son faible prolificité, et sa performance de croissance assez basse, son élevage en pisciculture a été abandonné. Deux autres Tilapia ont ensuite été introduits, il s’agit du Tilapia melanopleura et Oreochromis macrochir en 1951. Ces poissons s’adaptent bien à Madagascar mais leur importance en pisciculture reste à vérifier. Les deux dernières introductions datent de 1955. La première espèce est constituée par Oreochromis mossambicus. Sa promotion a rencontré un problème d’acceptabilité, vu son régime alimentaire herbivore. Ce régime se répercute sur la riziculture, les paysans pensent que cette espèce détruit les jeunes plants de riz. La deuxième s’adapte bien, c’est le cas de Oreochromis niloticus. L’élevage de l’espèce est admis par les paysans. L’élevage en cage des poissons est une activité très récente et n’est pas répandue à Madagascar.

Inconvénients : L’importance relative des inconvénients de l’élevage en cage varie d’un endroit à l’autre. Les principaux problèmes sont liés au site d’implantation de la pisciculture, à la qualité de l’eau, à l’alimentation des alevins, à la prédation et aux maladies, aux coûts de production et enfin au vol et au vandalisme.

a) Qualité d’eau : Un des paramètres primordiaux concernant la qualité de l’eau est certainement la concentration en O2 dissous. L’élevage en cage nécessite des filets à mailles fines pendant les jeunes âges des poissons, réduisant fortement les échanges d’eau au sein de la cage. La surveillance de la concentration en O2 dissous est donc de première importance. COCHE (1982) signale qu’à une température de 26 à 30°C, des mesures spéciales doivent être envisagées si la concentration en O2 à la surface de l’eau descend en-dessous de 3 mg/l durant plusieurs jours. Il conseille une réduction ou même un arrêt complet du nourrissage ainsi qu’une diminution de la densité de stockage et un espacement maximal des cages (à plusieurs mètres l’une de l’autre). Un entretien régulier des cages, avec nettoyage des filets, va éviter une obstruction trop importante des mailles et assurer une meilleure circulation de l’eau au sein de la cage. Un système d’aération électrique peut éventuellement être envisagé dans les piscicultures commerciales. Dans ce cas, un système submergé semble plus efficace qu’un agitateur de surface (BEVERIDGE, 1987).

b) Alimentation : En ce qui concerne plus spécifiquement les poissons, la haute dépendance vis-à-vis de la nourriture artificielle, est d’une importance capitale surtout lorsque les densités d’élevage sont très élevées. L’aliment doit être de qualité et bien équilibré d’autant plus que la croissance est très rapide durant les premiers stades et que les malformations engendrées par une carence en certains éléments (acides aminés essentiels, vitamines, …) se manifestent de façon accélérée. Egalement, les pertes de nourriture, soit directement à travers les mailles de la cage, soit par l’introduction d’espèces sauvages en compétition avec les poissons en élevage sont à signaler. Un contrôle régulier des cages permet toutefois d’éliminer systématiquement les espèces indésirables.

c) Prédation et maladies : La prédation est exercée, soit par les oiseaux piscivores attirés par une densité de poissons importante, soit par les poissons voraces. COCHE (1982) signale également des dégâts importants provoqués par des iguanes, des varans, des crocodiles ou des crabes. A cela, il faut ajouter les loutres capables de déchirer les filets et même les grillages de protection. Cette protection des cages est généralement réalisée à l’aide d’un filet de couverture et d’un filet submergé entourant un groupe de cages. Ces filets doivent être régulièrement contrôlés pour repérer les déchirures éventuelles. Les conditions d’élevage en cage sont souvent considérées comme plus stressantes pour les poissons que l’élevage en étang, les rend de la sorte moins résistants aux agents pathogènes. Peu de cas de maladies ont toutefois été recensées dans les élevages de tilapias en cage. Les quelques cas répertoriés proviennent de stress induit par des biomasses ou des salinités trop élevées (COCHE, 1982), des manipulations maladroites ou une suralimentation (PARREL . et al, 1986). COCHE (1977) mentionne une diminution de la production suite aux infections mycosiques.

Exigences écologiques

De nombreuses études de terrain et de laboratoire effectuées par de nombreux chercheurs montrent que Tilapia nilotica est une espèce qui relativement s’adapte à de larges variations des facteurs écologiques du milieu aquatique et colonise des milieux extrêmement variés. Ainsi, Tilapia nilotica, espèce thermophile, se rencontre en milieu naturel entre 13,5° et 33°C mais l’intervalle de tolérance thermique observé en laboratoire est plus large entre 7°C et 41°C pendant plusieurs heures (BALARIN et HATTON , 1979). Quant à la température optimale de reproduction, elle se situe entre 26 et 28°C, le minimum requis est de 22°C. Aussi, l’espèce s’adapte dans des eaux de salinité comprise entre 0,015 et 30‰. Toutefois, au-delà de plus ou moins 20‰ l’espèce subit un stress important qui la rend sensible à une sérié de maladies .Ce qui réduit sa compétitivité par rapport à d’autres espèces (Tilapia melanotheron). De plus, la reproduction est inhibée en eau saumâtre à partir de 15 à 18‰. De même, la tolérance aux variations de ph est très grande puisque l’espèce se rencontre dans des eaux qui présentent des valeurs de ph 5 à 11. Au point de vue concentration en oxygène dissous, cette espèce tolère à la fois de nets déficits et de sursaturations importantes. Ainsi, jusqu’à 3 mg/l d’oxygène dissous, Tilapia nilotica ne présente pas de difficulté métabolique particulière ; mais en dessous de cette valeur, un stress respiratoire se manifeste bien que la mortalité ne survienne qu’après 6 h. Il n’empêche que, grâce à son hémoglobine particulière à haute affinité pour l’oxygène dissous , cette espèce peut supporter, sur de courtes périodes, des concentrations aussi faibles que 0,1 mg/l d’oxygène dissous.

Biologie de la reproduction Tilapia nilotica fait partie du groupe des tilapias relativement évolués , les incubateurs buccaux uniparentaux maternels. Lorsque les conditions abiotiques deviennent favorables, les adultes migrent vers la zone littorale peu profonde et les mâles se rassemblent en arène de reproduction sur une zone en pente faible à substrat meuble, sablonneux ou argileux où ils délimitent chacun leur petit territoire et creusent un nid en forme d’assiette creuse. Les femelles vivent en groupe à l’écart des arênes de reproduction où elles effectuent de brefs passages. En allant d’un territoire à l’autre, elles sont sollicitées successivement par les mâles. En cas d’arrêt au-dessus d’un nid et après une parade nuptiale de synchronisation sexuelle, la femelle dépose un lot d’ovules que le mâle féconde immédiatement et que la femelle reprend en bouche pour les incuber. Après cette reproduction successive, la femelle quitte l’arêne et va incuber ses oeufs fécondés dans la zone peu profonde. A cette époque, la femelle présente un abaissement du plancher de la bouche, des opercules légèrement écartés et la mâchoire inférieure devient légèrement proéminente. L’éclosion des oeufs a lieu dans la bouche, 4 à 5 jours après fécondation. Une fois leur vésicule vitelline résorbée, plus ou moins 10 jours après éclosion, les alevins capables de nager sont encore gardés par la femelle pendant plusieurs jours. Toutefois, ils restent à proximité de leur mère et, au moindre danger, se réfugient dans sa cavité buccale. A la taille d’environ 10 mm, les alevins, capables de rechercher leur nourriture, quittent définitivement leur mère et vivent en petits bancs dans les eaux littorales peu profondes.C

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Table des matières

Liste des abréviations
Glossaires
Liste des photos
Liste des cartes
Liste des tableaux
Liste des figures
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE
I CONSIDERATIONS GENERALES ET MONOGRAPHIE DU SITE
1 Considérations générales
1-1) Historique et définition
1-1-1) Définition
1-1-2) Historique
1-2) Avantages et limites de la pisciculture en cage
1-2-1) Avantages
1-2-2) Inconvénients
2 Monographie du village d’Ampefy
2-1) Présentation générale
2-2) Milieu physique
2-2-1) Climat
2-2-2) Sol
2-2-3) Faune et flore terrestre
2-2-4) Hydrologie
DEUXIEME PARTIE
II ETUDE TECHNIQUE ET BIOLOGIQUE
1 Milieu d’élevage Site
2 Espèce d’élevage
2-1) Biologie du tilapia
2-1-1) Caractéristiques taxonomiques et morphologiques
2-1-2) Exigences écologiques
2-1-3) Régime alimentaire
2-1-4) Croissance
2-1-5) Biologie de la reproduction
2-2) Adaptation au milieu d’élevage
2-3) Adaptation aux techniques d’élevage
3 Conduite d’élevage
3-1) Cage
3-1-1) Type de cage
3-1-2) Matériels de construction
3-1-3) Dimensions des cages
3-2) Densité de l’élevage
3-3) Alimentation
3-3-1) Composition de l’alimentation
3-3-2) Formulation de l’aliment
3-3-3) Modalité d’apport
3-3-4) Présentation de l’aliment
3-3-5) Ration et fréquence de nourrissage
3-3-6) Méthodes de distribution
3-4) Production d’alevins
3-5) Phase de grossissement
3-5-1) Pré grossissement des larves et alevins
3-5-2) Phase de grossissement
3-6) Essai
3-6-1) Matériels et méthodes
3-6-2) Résultats et discussions
TROISIEME PARTIE
III ETUDE ECONOMIQUE ET FINANCIERE
1 Identification du projet
1-1) Présentation du projet
1-1-1) Objectifs
1-1-2) Intérêts de l’étude
2 Forces et faiblesses de la filière pisciculture à Madagascar.
2-1) Facteurs favorables
2-2) Facteurs défavorables
2-2-1) Sur le plan technique
2-2-2) Sur le plan économique et social
2-2-3) Sur le plan administratif et structurel
3 Etude de marché : Analyse de l’offre et de la demande
3-1) Situation de l’offre
3-1-1) Au niveau national
3-1-2) Marché d’Antananarivo
3-2) Situation de la demande
3-2-1) Potentiel de la demande
3-2-2) Exigence des consommateurs
3-2-3) Cas d’Antananarivo
4 Conduite de l’exploitation
4-1) Calendriers de réalisations
4-1-1) Démarches administratives
4-1-2) Mise en place des infrastructures
4-1-3) Période d’exploitation effective
5 Etude organisationnelle
5-1) Organisation des ressources
5-1-1) Organisation des ressources humaines
5-1-2) Organisation des ressources matérielles
5-1-3) Organisation des ressources financières
6 Etude financière
6-1) Montant des investissements et des comptes de gestion
6-1-1) Investissements
6-1-2) Plan de financement
6-1-3) Tableau des amortissements
6-1-4) Tableau de remboursement des dettes
6-1-5) Comptes de gestion
6-2) Analyse de rentabilité et etude de faisabilité
6-2-1) Compte de résultat prévisionnel
6-2-2) Tableau des grandeurs caractéristiques de gestion
6-2-3) Plan de trésorerie
6-3) Evaluation financière
6-3-1) Calcul des ratios
6-3-2) Délai de récupération des capitaux investis (D.R.C.I.)
6-3-3) Taux de rentabilité interne
RECOMMANDATIONS
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

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