AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE LA FORTIFICATION EN IODE DU SEL

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Synthèse des hormones thyroïdiennes

La thyroxine (T4 : tétraiodothyronine) circulante provient de la thyroïde alors que la triiodothyronine (T3 : triiodothyronine) circulante provient pour 80% de la conversion périphérique de T4 en T3.et pour 20% de la thyroïde elle-même.
L’hormonogenèse thyroïdienne est stimulée par la TSH (Thyréostimuline Hormone) secrétée par l’hypophyse, elle-même stimulée par la TRH (Thyreotropin Releasing Hormone) qui est secrétée par l’hypothalamus.
La biosynthèse des hormones thyroïdiennes se fait suivant plusieurs étapes :
– Fixation de l’iode sur les groupes thyrosyl de la thyroïde :
L’iode qui arrive dans la colloïde, partie centrale du follicule thyroïdien est activé par la peroxydase thyroïdienne ou thyroperoxydase, enzyme de l’iode qui se fixe sur le noyau thyroxine de la thyroglobuline pour former des résidus de monoiodotyrosine (M.I.T)et de diiodotyrosine(DIT).
– Couplage de l’iode :
Des résidus de MIT et de DIT se combinent pour former le triiodothyronine (T3) et deux résidus de DIT se combinent pour former le tétraiodothyronine ou thyroxine (T4).Les hormones T3 et T4 sont fixées à la thyroglobuline et en cas de déficit d’apport en iode il y’a augmentation relative de la synthèse de T3 par rapport à la T4 .La réaction de couplage ne se fait que sur peu de résidus thyrosyls. Quatre sites situés en bout de chaîne dans la partie hydrophile de la thyroglobuline ont été identifiés [23-25].
– Stockage et libération des hormones thyroïdiennes T3 et T4 :
L’ensemble constitué de la thyroglobuline et des molécules T3, T4, MIT et DIT, est stocké dans la colloïde qui est une substance incluse dans la vésicule thyroïdienne.Après son passage dans la cellule épithéliale par microendocytose, la thyroglobuline est hydrolysée par les enzymes protéolytiques libérant ainsi les hormones thyroïdiennes T3 et T4 qui sont ensuite secrétées dans le plasma. La diiodotyrosine (DIT) et la monoiodotyrosine (MIT) ainsi libérées par hydrolyse de la thyroglobuline sont en grande partie désiodées dans la cellule épithéliale et l’iodure récupéré pour une nouvelle synthèse hormonale [24].Ces étapes, notamment la libération, sont activée par la TSH dont la sécrétion est freinée par les hormones thyroïdiennes.
– Transport des hormones thyroïdiennes
Une fois libérées dans la circulation, les hormones thyroïdiennes (T3 et la T4) sont instantanément liées de façon non covalentes aux protéines plasmatiques de transport.Les protéines de transport sont au nombre de trois :
-Thyroxine Binding Globuline (TBG) : elle possède une forte affinité pour la T4. Son affinité pour la T3 est 10 fois moindre, la TBG est la protéine vectrice la plus importante.
-La transtyrétine ou Thyroxine Binding Pré Albumine (TBPA) : sa capacité de fixation pour la T4 est élevée mais son affinité pour la T3 est nettement moindre. Elle transporte 30% des hormones circulantes.
-L’albumine : elle possède de multiples sites de liaisons mais avec une affinité très faible pour la thyroxine (T4).
La fonction principale de ces protéines est de contrôler la fraction libre et biologiquement active des hormones thyroïdiennes.Cette fraction ne représente que 0,2% du total de la tétraiodothyronine (T4) sérique et 0,3% de la triiodothyronine (T3) sérique totale. C’est cette faible partie de la T4 qui est transformée en T3 périphérique [6].

Rôle des hormones thyroïdiennes T3 et T4

Actions au niveau cellulaire

– Action sur les noyaux cellulaires
Les hormones thyroïdiennes agissent dans les cellules de l’organisme au niveau du noyau, des mitochondries et peut être de la membrane plasmatique.
– Action au niveau des cellules de l’organisme et des mitochondries:
Elles pénètrent dans le cytoplasme des cellules cibles et à l’intérieur du noyau où elles agissent ; au niveau du DNA pour stimuler ou inhiber la synthèse de l’ARN messager (ARNm) qui est à l’origine de la synthèse d’enzymes comme par exemple la Na+/K+ ATPase, la carbanyl-phosphate-synthase, ainsi que la synthèse de protéine intervenant dans le transport des acides aminés et des glucides.
– L’action au niveau mitochondrial se manifeste par une diminution de la production d’ATP.
– action sur la membrane cellulaire :
Les effets des hormones thyroïdiennes sont très complexes et surtout connus par les conséquences de leur déficience.

Action sur la croissance staturo-pondérale

Lors de la phase embryonnaire un déficit en hormones thyroïdiennes en avant la naissance conduit à un défaut de l’ossification mais l’enfant naît avec une taille normale. Une déficience après la naissance entraîne un défaut de développement staturo-pondéral (taille et poids hors norme pour un age donné).

Action sur la maturation du système nerveux central

Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle important dans la maturation du système nerveux central pendant la phase embryonnaire et dans le développement humain dans les 45 premiers jours après la naissance, leur déficit est à l’origine du crétinisme qui correspond à un retard mental.

Action sur le métabolisme

Les hormones thyroïdiennes augmentent le métabolisme basal et la consommation d’oxygène au niveau du cœur, des muscles squelettiques, du foie et des reins.
En cas d’hyperthyroïdie les hormones thyroïdiennes peuvent entraîner une fonte musculaire.

Action au niveau des tissus adipeux

Les hormones thyroïdiennes augmentent la sensibilité des tissus adipeux à l’effet lipolytique de diverses hormones, en particulier les catécholamines. Le cholestérol plasmatique est augmenté chez les hypothyroïdiens [1].

Catabolisme des hormones thyroïdiennes

Les hormones thyroïdiennes sont catabolisées par plusieurs voies dont principalement la désiodation et monodésiodation
– La désiodation : La T4 est principalement désiodée en T3; elle représente 80% de la production de la T3. Les 20% restant de la production de la T3 proviennent directement de la thyroïde.
– La monodésiodation : La monodésiodation peut se faire soit au niveau de l’anneau externe de la T4 conduisant à la T3 (3, 5,3’ triiodothyronine) et au niveau de l’anneau interne conduisant à la T3 inversée (3, 3,5’triiodothyronine ou T3 reverse ou rT3) qui est physiologiquement inactive.
– Autres voies :
La sulfoconjugaison qui se fait sur le cycle des hormones thyroïdiennes.
La décarboxylation et la désamination oxydative s’effectuent sur l’alanine des hormones.
La décarboxylation produit un métabolite inactif.
La désamination oxydative de la T4 et de la T3 conduit à la formation des acides tétraiodothryroacétique (TETRAC) et triiodothyroacétique (TRIAC) qui sont respectivement des métabolites de T4 et T3
Le clivage du pont éther des hormones permet d’obtenir la diiodotyrosine, qui représente une infime partie du métabolisme des hormones thyroïdiennes.
La clairance plasmatique totale résultant de sa fixation thyroïdienne et de son élimination rénale est d’environ 45 à 60ml/mn, ce qui correspond à une demi-vie d’environ 5 heures [1-14].

Régulation de la fonction thyroïdienne

Le régulateur du système est constitué de la thyroïde, de l’adénohypophyse de l’hypothalamus. Comme système de contrôle un certain nombre de composants peuvent être identifiés (hypothalamus, hypophyse, thyroïde).
L’hormonogenèse thyroïdienne est stimulée par la TSH libérée par l’antéhypophyse, elle-même stimulée par la TRH secrétée par l’hypothalamus. Un rétrocontrôle négatif exercé par les hormones thyroïdiennes freine la sécrétion de TSH et de TRH de façon à obtenir un taux convenable de T4 et T3.[1-16].

CARENCE EN IODE

Historique

Ce n’est qu’en 1896 qu’on a pris pleinement conscience des bienfaits physiologique de l’iode en constatant sa présence dans la glande thyroïde. A la suite de cette découverte on a effectué à partir de 1916 dans l’Ouest des Etats Unis d’Amérique les premiers essais contrôlés de supplémentation d’iode par administration à dose intermittente élevée d’iodure de sodium, qui ont clairement montré que l’iode permettait de prévenir et de soigner le goitre chez les jeunes.
A partir de 1924 le sel iodé a été utilisé à grande échelle dans certaines régions des USA et a rapidement fait preuve de son efficacité prophylactique contre le goitre. A la même époque, le sel iodé est introduit en Suisse où le goitre et le crétinisme faisaient de nombreuses victimes dans plusieurs régions. La situation s’est vite améliorée : chez les soldats par exemple le taux de goitre est passé de 55 pour mille en 1921 à 11 pour mille aux années suivantes et pendant la même période le crétinisme a rapidement baissé [45].

conséquence du déficit en iode sur la thyroïde

Au cours de la carence iodée deux types de maladies ont été définis :
– les adénomes solitaires hyperfonctionnels (nodules chauds),
– les goitres multi nodulaires avec zones hyperactives multiples.
La fréquence des adénomes autonomes dans une population est inversement corrélée à l’apport en iode.
L’exposition à une supplémentation en iode égale ou supérieure aux besoins physiologiques s’accompagne d’hyperthyroïdie induite par l’iode. Cet effet au niveau d’une population est transitoire, il disparaît en une dizaine d’années et l’évolution de l’hyperthyroïdie induite par l’iode est le plus souvent bénigne [33].

Prévalence de la carence en iode au Sénégal

Depuis une dizaine d’année, l’intensification des activités d’évaluation de la prévalence dans presque tous les pays de l’Afrique a augmenté et les troubles dus à la carence iodée sont considérés comme un problème de santé publique. Les disparités sont très larges d’une région à l’autre.Nous notons également que le taux est plus élevé chez les jeunes en particulier chez les filles.
Au Sénégal des études éffectuées dans les départements de Kédougou et de Bakel ont monyrés que les déficits peuvent atteindre 37% avec un pic allant jusqu’à 48%. [33-15].

TROUBLE DE LA CARENCE EN IODE

Les enquêtes épidémiologiques sur la carence en iode à travers le monde révèlent que le goitre endémique n’est que le signe le plus visible d’un important problème de santé publique.
Les progrès réalisés dans la compréhension des mécanismes d’action des hormones thyroïdiennes ont permis de rattacher à la carence en iode tout un ensemble de troubles physiologiques observs en zone d’endémie. Ainsi outre le crétinisme qui constitue la plus dramatique conséquence de la carence iodée de nombreuses pathologies ont été associées. On révèle un accroissement de la mortalité périnatale et infantile, des retards du développement staturo-pondéral, une altération des facultés intellectuelles, ainsi qu’une hypothyroïdie [5-10].

Goitre endémique

Le terme de goitre endémique est plus utilisé lorsque plus de 10% de la population des enfants âgés de 6 à 12 ans présente un goitre. La carence iodée sera définit comme mineure pour des excrétions urinaires d’iode comprise entre 50 et 100 µg/24h, modérée entre 25 et 49 µg et sévère en dessous de 25µg/24h [9].
La cause principale du goitre endémique reste une carence iodée. Cette notion repose sur d’innombrables enquêtes épidémiologiques de même que sur des données expérimentales sur l’animal. La confirmation ultime a été apportée par de nombreuses études d’intervention démontrant que la prévalence du goitre régresse en cas de supplémentation iodée.
Le goitre endémique survient dans des régions où l’iode existe en quantité suffisante.En effet le rôle additionnel des facteurs goitrigènes d’origine alimentaire a été recherché et démontré dans de nombreuses régions .Des facteurs naturels ont été retrouvés
dans le chou, le chou-fleur et les navets (thioglucosides) ainsi que le rôle adjuvant du manioc dans le goitre endémique. Son caractère goitrigène est lié au contenu en glucoside cyanogénique qui sont finalement convertis en thiocyanate qui est un goitrigène classique agissant principalement par inhibition du transport de l’iodure .L’effet goitrigène du manioc est plus importante en cas de carence iodée associée [9].
Le manioc occupe une place particulière dans ce groupe d’aliments goitrigènes puisque les tubercules de manioc constituent l’aliment de base de plusieurs centaines de millions de personnes vivant dans le tiers-monde. Son action goitrigène a particulièrement été bien étudiée en Afrique [12].
La malnutrition proteino-calorique associé à la carence iodée pourrait être un facteur additionnel dans la genèse du goitre [21].
Ainsi paradoxalement le goitre peut survenir dans des zones à forte concentration en iode.

Physiopathologie

Le mécanisme physiopathologique pouvant expliquer l’apparition du goitre quand il existe une surcharge iodée chronique n’est pas cependant bien connu.
Le goitre endémique est une maladie adaptative qui se développe en réponse à un apport en iode insuffisant. Lorsque l’apport en iode est anormalement bas, une sécrétion appropriée d’hormones thyroïdiennes peut être maintenue par des mécanismes adaptatifs agissant à différents niveaux. Ces mécanismes comprennent une augmentation de la captation de l’iodure ainsi qu’une modification de son métabolisme intrathyroïdien. En définitive la conséquence de la modification du métabolisme intrathyroïdien de l’iodure est la diminution de la concentration sérique de T3 responsable d’une élévation du taux de TSH et un maintien de la concentration sérique de T3.
La conséquence morphologique d’une augmentation de TSH est le développement du goitre.

Les complications

La dégénérescence cancéreuse semble plus élevée chez les sujets porteurs d’un goitre et vivant en zone endémique que chez les sujets des zones non goitreuses [41].
En Afrique il apparaît que la dégénérescence cancéreuse est plus fréquente en cas de goitre multi nodulaire [14-15-19].

Prévalence du goitre dans certaines régions du Sénégal

Les premières enquêtes de prévalence sur l’endémie goitreuse au Sénégal ont été menées en 1948. Au Sénégal la prévalence du goitre était estimée à 30% dans les années 80 [31].
Des études effectuées sur des localités telles que les régions de Ziguinchor, de Kédougou et de Tambacounda ont montré les résultats consignés dans le tableau III.

CYCLE DE L’IODE DANS LA NATURE ET SOURCES DE L’IODE POUR L’HOMME

L’iode est un élément inégalement distribué à la surface de la terre. L’océan constitue le réservoir essentiel de l’iode. L’eau de mer contient 50µg/l d’iode. A la surface de l’eau, les ions iodures I- sont oxydés par le soleil en iode organique I2 qui se volatilise et diffuse dans l’atmosphère.
L’iode atmosphérique retourne enrichir la couche superficielle du sol grâce à l’eau de pluie. Malheureusement le contenu moyen en iode de l’eau de pluie diminue au fur et à mesure qu’on s’éloigne des côtes océaniques.
Le contenu en iode des sols est très variable : il dépend de leur nature, de la profondeur et de l’éloignement de la mer.
Les sols les plus riches dérivent des roches sédimentaires, viennent ensuite des roches métamorphiques puis des roches éruptives [12].
L’érosion est la principale cause d’appauvrissement en iode des sols. Elle se fait par la pluie (violente et irrégulière), la neige, la glace, les inondations qui entraînent l’iode par ruissellement vers les rivières et donc finalement vers la mer [39].
Les végétaux alimentaires ont une teneur en iode variant selon les espèces et la richesse en iode des sols sur lesquels ils sont cultivés [23].
L’alimentation est la principale source en iode chez l’homme. Cependant l’apport iodé dépend non seulement du contenu en iode des aliments, mais aussi de leur mode de préparation et de cuisson.
L’eau de boisson ne constitue qu’un apport très faible en iode du fait de sa faible teneur (1 à 5µg/l) mais sa concentration est un indicateur de la richesse en iode du sol et des aliments qui y sont produits [5].
Dans le tableau V sont présentés les contenus moyens en iode des produits de mer, de quelques céréales, de la viande, de l’œuf et du lait habituellement consommé au Sénégal :

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES DU NaCl

Le NaCl présente les propriétés suivantes :
– une température de fusion de 801°C ;
– une température de vaporisation de 1465°C ;
– une solubilité de 35,9g dans 100ml d’eau à pH = 6,7-7,3 ;
– une densité de 2,2 103 kg /m3 [44].
En plus de ses propriétés physiques, le NaCl a une masse molaire de 58,4 grammes/mole.
Selon la Norme Sénégalaise (NS 03 – 037) le sel de qualité alimentaire est un produit cristallin de couleur blanche, la grosseur des cristaux est définie par référence à leur vitesse de cristallisation qui peut varier de 6 à 96 heures. Le sel le plus courant doit avoir une vitesse de cristallisation de 24 heures.
Le sel est présenté soit sous forme « cristallisé » en gros cristaux soit sous forme « concassé » en mélange de gros et petits cristaux soit en « graine » sous forme de cristaux de dimensions réduites.
Le NaCl de structure cristalline est utilisé comme vecteur alimentaire de l’iode du fait de sa consommation universelle comme élément de sapidité.
Le sel de qualité alimentaire encore appelé sel de cuisine utilisé pour la fortification en iode doit présenter une pureté de 97% de chlorure de sodium (NaCl).
Le sel naturel est rarement pur. Le milieu naturel (lac par exemple) est caractérisé par sa grande complexité, on y trouve des ions secondaires, des sels de sulfates de phosphates, des débris végétaux, de l’argile, des produits insolubles alors que le taux d’impureté du sel ne doit pas dépasser 0,3% du produit brut [29].

LE SEL IODE

Le sel iodé de qualité alimentaire est un produit cristallin se composant principalement de chlorure de sodium (NaCl) et d’iode
Il est important de connaître la teneur en iode et en chlorure de sodium du sel iodé afin de s’assurer de la qualité du sel consommé et de la teneur en iode ingéré [46].

TENEUR EN IODE DU SEL IODE

Dans tout programme de fortification du sel par l’iode il est important de garantir que le sel contient la quantité recommandée d’iode durant le stockage puis au moment de la consommation.
La quantité d’iode à ajouter au sel varie entre 20 à 100 ppm. La majorité des pays ont décidé d’ajouter 50 ppm.
La teneur en iode doit être comprise entre :
– 80-100ppm (mg/kg) en poids sec en vue de la production et de l’exportation ;
– 50-80 ppm en vue de l’importation ;
– 30-50ppm en vue de la vente .
La teneur en chlorure de sodium (NaCl) doit être comprise entre 95 à 99 pour cent de l’extrait sec [20-29].

STABILITE

La stabilité du sel iodé dépend :
-du taux d’impuretés présents dans le sel qui réduit la pureté ; -de la quantité d’eau contenue dans le sel ;
-des conditions de température, d’humidité relative ;
– de la qualité de l’emballage et des conditions de conservation et de distribution du sel.
Les pertes en iode sont plus importantes quand le sel iodé est stocké à 36°C et d’humidité relative élevée (75%) que lorsqu’il est stocké à 25°C et une humidité relative normale.
La rétention de l’iode dans le sel de cuisine est fonction de sa teneur pendant la cuisson [43].

PRODUCTION DU SEL DE CUISINE

GENERALITES :

Le sel peut provenir de la mer de gisements souterrains (sel gemme) ou encore de saumure naturelle ayant subi un traitement de raffinage.

Differentes méthodes de production de sel

Le sel peut être produit par extraction minière de dépôt rocheux (sel gemme) et par évaporation d’eau de mer, de lac de saumures souterraines.
Le sel pur utilisé est principalement composé de chlorure de sodium, mais la composition chimique du sel produit à partir de sources variées peut différer.

Méthode minière

La méthode diffère selon la profondeur de la mine :
– si la mine est profonde on utilise la méthode minière de sondage, par laquelle on injecte de l’eau douce à haute pression dans la couche de sel, la saumure saturée est ensuite pompée vers la surface où elle est traitée et évaporée.
– si la mine est peu profonde on préfère la méthode minière à sec ou des grands blocs sont coupés.
Les dépôts de sel ainsi obtenus sont souvent très purs et ont un taux d’humidité très faible.

Méthode artisanale

La méthode artisanale est fréquemment utilisée dans les régions côtières. Après cristallisation la matière brute est récoltée de la surface du terrain où des cristaux de sel se sont formés après le retrait de la marée; la terre salifère est raclée et mise dans un grand tamis où est versé l’eau de mer pour la dissolution de la saumure. On procède ensuite au séchage de cette eau et on obtient un sel noir présentant des impuretés. Cette méthode est utilisée par les petits producteurs. Le sel produit par cette méthode présente une pureté relativement basse 50 à 60% et présente des impuretés (végétaux, de l’argile etc). Différentes méthodes de séchage de la saumure sont utilisées:

Séchage par le feu de bois

La saumure est recueillie dans une marmite et bouillie sur feu de bois jusqu’à évaporation de l’eau et cristallisation du sel.

Séchage par méthode semi-solaire

La méthode semi-solaire remplace l’ébullition sur feu de bois par l’évaporation solaire de la saumure dans de petits bassins peu profonds .Par cette méthode le sel est plus propre, cette méthode présente des avantages.

Séchage par méthode solaire

La méthode solaire réduit encore plus la pénibilité du procédé artisanal car on a alors recours à un système de deux bassins solaires :
– un premier bassin sert à concentrer et augmenter la salinité au point où le sel se cristallise,
– un deuxième bassin qui reçoit la saumure saturée, le sel se dépose en une couche uniforme prête pour la récolte.
La saumure obtenue est séchée pour l’obtention de sel brut qui est ensuite raffiné. Le sel obtenu est de qualité meilleure.

Technique de raffinage du sel

Le sel produit dans les salins peut atteindre une pureté de 90 à 95% et présente très peu d’impuretés .Les principaux sels qui cristallisent avec le chlorure de sodium sont les chlorures et les sulfates de magnésium, de calcium et de potassium d’où la nécessité de raffiner le sel obtenu.
Le traitement par lavage des cristaux humides de sel permet d’éliminer l’argile ainsi que d’autres impuretés et de produire un sel de pureté de 99% après séchage. Le sel est alors prêt pour être égoutté, séché au soleil et broyé pour obtenir un sel de granulométrie convenable.
Tous les additifs requis sont incorporés à ce niveau avant que le sel ne soit conditionné pour la vente.
Ces additifs peuvent être :
– des agents anti-coagulants qui empêchent l’agrégation et la cimentation des particules,
– les agents lubrifiants qui préviennent les frictions interparticulaires et absorbent toute vapeur d’eau à l’intérieur de l’emballage après le séchage ,
– les agents iodisants pour lutter contre les troubles dus par la carence iodée. Enfin le sel raffiné est conditionné dans des sachets en plastique
(polychlorure de vinyle) [30].

EXEMPLE DE PRODUCTION DU SEL AU LAC ROSE

La couleur rose du lac rose

La couleur dépend beaucoup du temps et aussi de la position du soleil. Il est au maximum de sa coloration, lorsque le soleil est au zénith, il devient violet ou mauve le soir, avant de retrouver à la tombée de la nuit une couleur tout à fait normale. Quant au rose, les raisons divergent :
– pour certains, cette couleur résulterait d’une saturation des eaux en chlorure de magnésium ;
– d’autres pensent que c’est une algue microscopique qui donne sa couleur au lac Retba. Elle oxyde le fer contenu dans le sel ;
– Enfin, dernière hypothèse, la couleur rose du lac serait due à une cyanobactérie, un animal microscopique dont le lac est peuplé et qui fabrique un pigment rouge pour résister à la concentration de sel ce qui expliquerait que, suivant le temps, la coloration n’est jamais la même.
Le caractère volatil de l’iode entraîne une perte en iode du sel. Cette perte dépend du climat, de l’emballage et de la durée de stockage. La teneur retenue est de 80-100ppm au site de production et 30-50ppm au marché.
Des contrôles de qualités du sel doivent être régulièrement effectués pour vérifier la teneur en iode [34-35].

Extraction du sel au lac rose

La concentration en sel du lac est très élevée entre 380 à 400 g/l
Les techniques d’extraction du sel au lac rose sont des méthodes artisanales. La récolte du sel se fait à l’aide de pelles, d’un bâton appelé « Djodj » et de pirogues après cristallisation du sel. Si la pirogue est remplie l’ouvrier la fait sortir de l’eau pour la décharger.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : GENERALITES
CHAPITRE I : LA THYROIDE
I. ANATOMIE DE LA THYROIDE
II. PHYSIOLOGIE DE LA THYROIDE
III- CARENCE EN IODE :
IV. TROUBLE DE LA CARENCE EN IODE
V- AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE LA FORTIFICATION EN IODE DU SEL.
CHAPITRE II : L’IODE
I. CHIMIE DE L’IODE
II. CYCLE DE L’IODE DANS LA NATURE, SOURCE DE L’IODE POUR L’HOMME
III- BESOINS EN IODE
III- LES SELS D’IODE UTILISES POUR LA FORTIFICATION DU NaCl:
CHAPITRE III : LE CHLORURE DE SOSIUM
I. CONCENTRATION EN SODIUM DANS LES EAUX DE MER ET DE LAC
II. STRUCTURE DU NaCL
III- PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES DU NaCl
CHAPITRE IV : LE SEL IODE
I. TENEUR EN IODE DU SEL IODE
II. STABILITE
CHAPITRE V : PRODUCTION DU SEL DE CUISINE
I- GENERALITES :
II. EXEMPLE DE PRODUCTION DU SEL AU LAC ROSE
CHAPITRE VI : TECHNIQUES GENERALE D’IODATION DU SEL
I- GENERALITES
II- KITS DE CONTROLE : Contrôle qualitatif sur le site de production :
CHAPITRE VII : CONDITIONNEMENT DU SEL IODE
DEUXIEME PARTIE : TRAVAIL EXPERIMENTAL
I- PRODUCTION DE SEL AU LAC ROSE ET IODATION DU SEL
II. DETREMINATION DE LA CONCENTRATION EN CHLORURE DE SODIUM
III- ANALYSE PYCNOMETRIQUE :
IV- DETERMINATION DE LA PURTE DU SEL (CHLORURE DE SODIUM) :
UTILISATION D’UNE ELECTRODE SPECIFIQUE
V- DETERMINATION DE LA TENEUR EN IODE: METHODE IODOMETRIQUE : Norme sénégalaise (NS) 03-037
VII- DISCUSSION
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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