« Au nom du business » : exploitation et formes de la contestation des courtiersproducteurs 

Les relations de production comme « faits sociaux totaux » : un enjeu théorique

Une telle démarche cherche à s’inscrire dans un courant de recherche prônant un retour à l’étude de la production à partir du point de vue des forces productives « subordonnées ». Cela constitue, il me semble, un enjeu théorique et épistémologique important tant les appels de Jean-Marc E LA à étudier la formation et le fonctionnement de l’État à travers les stratifications sociales « “au ras du sol”, au niveau où la production paysanne est un enjeu socio-politique » ont fait peu d’épigones. Encore faut-il, avant de poursuivre notre propos, préciser ce que l’on entend par relations de production. Cela doit permettre d’éviter le piège d’une vision étriquée du politique et du social comme découlant simplement des rapports de production.
En ce qui concerne les paysanneries malawiennes, les travaux d’Harri ENGLUND à propos de la relation entre changement agraire et changement social dans les campagnes du district de Dedza ont largement contribué à façonner l’orientation de ce mémoire et ma façon de concevoir la place des relations de production dans le monde social. Son étude révèle en effet l’inclusion des problématiques économiques dans un tissu social et dans un univers moral qui contribue à leur définition. Dans les villages observés, les relations de travail mettent en jeu une conception morale locale du sujet (comme étant essentiellement le produit de relations sociales constituantes) et servent à réactiver la dimension relationnelle des personnes. L’échange qu’elles impliquent dépasse alors la simple sphère économique pour produire la structure sociale . Tout au long de ce travail, je propose ainsi de concevoir les relations de production comme des « faits sociaux totaux » ,dont l’étude ne peut se faire sans prendre en compte les relations de pouvoir extérieures à la sphère économique.
En d’autres termes, c’est l’enchâssement, parfois problématique, des relations d’échange et de production dans leur contexte social, politique et moral que ce travail cherche avant tout à problématiser, à travers l’étude d’un groupe de producteur, dont la formation et les trajectoires sociales prennent placent à la confluence de l’économique et du politique.

L’hégémonie de l’« État-paysan » dans la production

Restituer la trajectoire historique de l’État au Malawi en partant de l’idée a priori que celui-ci n’a pas disparu derrière une improbable société civile qui serait émancipée du pouvoir politique, constitue un engagement théorique central de ce travail. L’étude de la filière du tabac, pourtant généralement prise pour exemple archétypale du recul de l’État derrière des compagnies internationales lui dictant leurs règles, fournit un cadre parfait pour rendre compte cette trajectoire.
En effet, l’État-postcolonial malawien a fait le pari de se reposer essentiellement sur l’agriculture pour assurer le développement économique du pays et son approvisionnement en devises étrangères. L’enjeu que représente la captation de la rente agricole et l’exploitation du labeur paysan pour la reproduction des élites politiques d’hier comme d’aujourd’hui conditionne ainsi leur façon de se présenter aux masses rurales et rend nécessaire un contrôle important de la production . Cependant sa délégation à une population de producteurs indépendants, sous l’injonction des bailleurs de fonds et institutions financières internationale au moment de la démocratisation du pays, a considérablement changé les modes opératoires de ce contrôle. Ce n’est donc pas à proprement parler un désengagement de l’État qui a eu lieu au cours des deux dernières décennies, contrairement à ce qu’affirment la plupart des analyses politiques du pays depuis le milieu des années 1990 , mais bien une recomposition de son intervention. Celle-ci repose désormais sur un discours centré sur « les bonnes pratiques de production » et la mise en avant d’une « morale du business » qui serait directement lié au respect de ces pratiques. Elle joue sur le terrain de l’idéologie productive et sur l’implication des forces productives dans cette voie : l’enjeu central du contrôle de la production est ainsi d’obtenir l’adhésion des producteurs à un cahier des charges de plus en plus rigide au fur et et à mesure que la communauté internationale, à commencer par l’Organisation Mondiale de la Santé, renforce sa pression sur les pays producteurs de tabac.

Élites et élitisme paysans

Une grande partie de mon attention, lors de mes pérégrinations rurales à la rencontre de ces courtierspolitiques, s’est concentrée sur leurs discours, dont la récolte constitue le matériau premier de mon analyse.Mon regard s’est également longuement focalisé sur l’ensemble de leurs techniques du corps, leur façon de s’habiller en fonction du contexte, leur façon de parler en fonction de leur interlocuteur, leurs possessions et leurs modes de consommation et l’intensité de leur participation au travail dans les champs. Si la conception foucaldienne du politique adoptée dans ce mémoire pense le pouvoir à travers l’assujettissement moral, elle n’est pas pour autant entièrement subjectiviste. Au contraire, la subjectivation se fait essentiellement à travers des pratiques et savoir-faire matériels. En cela, le corps et les techniques populaires du corps constituent le lieu d’étude privilégié du pouvoir et de la façon dont il « assujettit ». Dans le cas de mon travail, elles constituent autant d’éléments permettant de distinguer un habitus propre aux courtiers-producteurs, distinct de celui des autres paysans mais également des autres élites locales ; habitus révélant leur position d’intermédiaire. En effet cet habitus s’est révélé être une sorte d’hybridation d’éléments extraits des différents univers sociaux dans lesquels ils évoluent et qu’ils affichent ou cachent en fonction de la scène sociale sur laquelle ils jouent.
S’intéresser aux habitus et techniques du corps de mes enquêtés permet notamment de rendre compte des processus sociaux qui conduisent les courtiers-producteurs à s’imposer comme de véritables figures locales de la réussite et du pouvoir. Comme je l’ai précisé auparavant en paraphrasant Gramsci, il sont reconnus par leurs pairs pour leur « capacité dirigeante et technique ». Toutefois la prise en compte de leur position d’« intellectuel paysan » au sein de l’industrie du tabac ne suffit pas à l’intelligibilité de leur trajectoire sociale. Les courtiers-producteurs sont pour la plupart à l’origine des leaders paysans et il ne suffit pas d’être un producteur à succès pour devenir leader paysan. Si la réussite économique dans le business du tabac est généralement un trait caractéristique de mes enquêtés (au moins relativement aux autres paysans au sein de la communauté), ce n’est d’une part pas toujours le cas et d’autre part, la réussite économique par l’agriculture n’est pas l’apanage des courtiers-producteurs.
L’objectif ici n’est pas de savoir laquelle de la position de courtier dans l’entreprise hégémonique ou de la position dominante dans les arènes socio-politiques locales a précédé l’autre. Cela reviendrait une fois encore à dissocier intrinsèquement le monde économique et le monde social pour chercher à expliquer le second par les déterminismes du premier. Au contraire, je cherche à explorer les interactions entre ces deux positions, la façon dont elles s’entretiennent réciproquement, afin de montrer que chacune est indissociable de l’autre, que l’élite productrice est nécessairement une élite locale reconnue hors de la production et qu’aujourd’hui l’importance de la production place l’élite productrice dans une position particulièrement avantageuse dans les arènes politiques locales. À l’exploration du discours hégémonique dans la filière du tabac doit donc être associée une archéologie des arènes politiques locales et notamment des élites qui les animent.
C’est donc à la sociographie d’une élite locale paysanne qu’une grande partie de ce travail se consacre, à partir d’une analyse systématique des positions sociales occupées par mes enquêtés dans les arènes locales et d’une observation quotidienne de leur comportement à l’égard des autres catégories sociales paysannes. Je cherche également à explorer les relations, collusives ou antagonistes, qu’elle entretient avec les autres élites locales. Dans ce cadre, l’attention portée, lors des meetings politiques en brousse, à la mise en scène du don par les candidats et à l’organisation des prises de paroles au cours du meeting, m’a permis d’esquisser les lignes de la structuration sociale en milieu rural malawien et m’a fourni un tableau représentatif des catégories sociales « qui comptent » au village. En outre, la compétition électorale met en scène les conceptions normatives populaires de ce que doit être une élite, politique ou non, et en dit ainsi long sur la trajectoire sociale des courtiers-producteurs dans et hors du champ partisan.

« Malawi is a poor country » : « sous développement » et « pauvreté » comme registres de subjectivation

Dans un pays labellisé « sous développé », l’intégralité des discours politiques à propos des mondes ruraux sont imprégnés du lexique de la pauvreté et du sous développement.
Comme dans la majorité des sociétés d’Afrique Subsaharienne, la campagne malawienne est entièrement balisée par la signalétique du développement. À la place de bornes kilométriques, les pistes sont parsemées de panneaux indiquant les différents projets de développement et associant l’imagerie de l’État à celle des bailleurs de fonds et institutions internationales, rappelant non seulement que l’État en campagne avance constamment habillé d’un discours international dépolitisant et dans l’ombre rassurante d’opérateurs internationaux mais aussi que la forme prise par le pouvoir aujourd’hui est avant tout celle du projet. Mais bien avant que cette signalétique n’envahisse l’espace rural malawien, c’est l’ensemble du discours politique et médiatique qui est façonné par le discours du développement afin de « préparer » les populations à recevoir les projets de développement comme de véritables dons. En effet, avant de pouvoir faire reposer l’intégralité de son action et la construction de ses institutions sur le « développement », l’État se doit de susciter et d’entretenir un certain nombre d’attentes populaires capable de justifier son intervention. Ici, ce n’est donc pas à proprement parler le discours du développement qui pénètre en amont les communautés paysannes mais davantage celui du « sous-développement ». L’objectif d’un tel discours est simple : il s’agit de préparer les masses populaires à un type d’intervention particulier (le projet de développement) en suscitant chez elle une attente de développement. Lors de mes séjours prolongés en région rurale j’ai eu maintes fois l’occasion de prendre la mesure de l’importance du lexique du sous-développement comme moyen de légitimation de l’action étatique et comme registre de subjectivation des populations rurales.
Il ne se passe pas une journée dans la vie d’un paysan malawien sans qu’il ne se fasse rappeler l’état de « sous développement » de son pays et la « pauvreté » qui y règne. La radio constitue le premier relais de ce discours au village. Les récents terrains ethnographiques d’Harri E NGLUND au Malawi ont montré l’importance d’un tel média dans l’élaboration des perceptions qu’ont les masses paysannes à propos de leur espace politique . En l’absence des journaux que l’on ne trouve qu’en ville et de la télévision, elle est le premier moyen d’information pour les villageois qui se réunissent souvent dans la journée autour d’un poste pour écouter les débats politiques sur « Zodiack » (la radio indépendante la plus répandue) ou les messages du gouvernement relayées sur les ondes publiques. Chez chacun de mes hôtes, un poste de radio était constamment allumé et les émissions prenaient systématiquement pour thème principal la question de « la pauvreté » ou celle du « développement ». Chaque soir chez Robert Bandala, la succession des émissions et publicités sur Malawi One (la station publique la plus écoutée en campagne car les autres stations ne sont pas toujours accessibles) rappelait ainsi les différentes mesures de lutte contre la pauvreté et faisait état des nouveaux projets de développement dans la région. C’est un vocabulaire extrêmement standardisé qui y est relayé et qui circule alors dans les propos de mes enquêtés. L’idée de ce « discours du sous développement » n’est pas nécessairement de préciser pourquoi ni comment les populations sont pauvres et les zones rurales sous développées mais d’entretenir un climat social général. J’étais ainsi frappé lors de mes entretiens avec les producteurs de me voir expliquer que le « développement », ou la « pauvreté » étaient les principaux problèmes rencontrés, mais lorsque je demandais de préciser, les propos se faisaient de plus en plus vagues, comme si ce fameux « développement » ou cette « pauvreté » étaient des problèmes centraux mais généraux et que la simple évocation des termes suffisait à mettre le doigt sur quelque chose de palpable.
Par ailleurs, en ciblant essentiellement les populations rurales comme les plus vulnérables, la politique de lutte contre la pauvreté a renforcé l’auto-perception des masses rurales comme appartenant à un même groupe de « pauvres ».
Il n’est alors pas surprenant que mes enquêtés, expriment systématiquement les même plaintes et les même requêtes. Dans l’ensemble de leurs propos transparaissait ainsi une même conception négative de leur espace social. Lorsque j’abordais la question des principaux problèmes au village ou lorsque je me retrouvais au milieu de discussions entre villageois, les problèmes tels que le manque d’eau potable, les routes impraticables etc. centralisaient systématiquement les prises de paroles. À l’issue des entretiens, j’avais pour habitude de laisser un blanc et de demander à mes interlocuteurs s’ils avaient un point sur lequel ils aimeraient revenir, où un domaine particulièrement significatif de leur quotidien que nous n’aurions pas abordé. Dans la quasi totalité des cas, un même discours misérabiliste revenait, employant exactement le même vocabulaire abstrait que celui diffusé par les postes radio encore allumés non loin.

Attentes paysannes et conflits d’intérêts

Au niveau de la production, les paysans ne sont pas directement hostiles aux intérêts des dirigeants.
Toutefois, aucun , n’est uniquement tabaculteur et à l’inverse du travail d’un ouvrier agricole, sa production prend directement place dans son environnement quotidien domestique soumis à un certain nombre de contraintes de reproduction et de subsistance. La culture du tabac étant présentée, dès l’époque coloniale, comme l’unique véritable source de revenu agricole au Malawi, la période de libéralisation fut le théâtre d’une véritable ruée vers l’« or vert » par une masse de paysans étant parvenu à économiser un pécule suffisant pour se procurer les facteurs de production nécessaires.
Cette ruée vers le tabac, constatée à l’unanimité par les différents observateurs entre 1994 et aujourd’hui, invite d’abord à relativiser l’idée d’une incomplète monétarisation des campagnes africaines. S’il est vrai que les échanges internes aux communautés paysannes n’impliquent pas nécessairement une circulation monétaire (bien que ce soit généralement le cas), les travaux de « ganyu » par exemple peuvent être rémunérés en maïs, cela ne doit pas nous faire sous estimer la place centrale de la monnaie dans le quotidien des paysan.
Les campagnes ne sont pas autosuffisantes et sont directement dépendante des commerces urbains pour l’approvisionnement en savon, condiments, huile de cuisine etc. et les allées-retours vers la ville sont très réguliers. Autant de moments où l’argent est indispensable. C’est, de plus, sans compter les pressions financières exercées par la reproduction des conditions de production agricole : achats des graines de tabac, achat des sacs d’engrais , réparation des séchoirs, collecte du bois pour fabriquer les séchoirs Cette dépendance au numéraire, confrontée au manque de volonté du gouvernement de chercher des alternatives crédibles au tabac malgré les pressions de l’OMS, pousse la majorité des fermiers de la région de Kasungu vers la production de la plante, même si celle-ci représente un risque d’échec considérable pour un fermier inexpérimenté . Cela fait plus de dix ans que Jumbe Tembo fait « tout son possible » pour produire du tabac car c’est « la seule source de monnaie capable de le sortir de la misère ». Ce fermier est très loin d’être un cas isolé et appartient à une partie de la paysannerie qui loin d’exprimer un rejet  de ce type de production capitaliste mais cherche à tout prix à y être intégré. « Capturez nous ! » : tel est l’appel qui transparaissait lorsque je discutais avec ce type de paysan officiellement exclus de la filière (non membres de clubs ils ne peuvent s’inscrire à la TCC).
Cette ruée vers le tabac s’explique de plusieurs manières. Elle tient notamment au discours de certains fermiers qui ont réussi dans le commerce du tabac et qui ont considérablement amélioré leur niveau de vie : (Did tobacco change your living conditions ?) Dramatically ! I have a better house, I bought a car, a TV, everything changed. (Verson Govati, interrogé le 13 Mars devant le bureau de a TCC) Since growing tobacco I can say I became a small bwana (titre honorifique, synonyme de patron local respecté pour ce qu’il a), people respect me because of the things I have. (Emanuel Lisongwe, rencontré le 17 Mars devant le bureau de la TCC, hors de l’enregistrement qui avait été coupé en raison d’un manque de batterie).

La décharge : du « bon-producteur » au « courtier-producteur »

Les leaders paysans : des « courtiers en puissance »

Le fonctionnement du dispositif de contrôle de la production étant de se reposer sur les figures d’autorité déjà légitimes dans l’espace productif afin de rendre acceptable son action aux yeux de tous, il est important de préciser que l’ensemble des courtiers-producteurs opérants dans le milieu rural malawien assument tous, à l’origine, une fonction de leader paysan. C’est à dire qu’ils occupent une position dirigeante au sein des associations d’agriculteurs, généralement enregistrées à NASFAM en raison de l’aura importante que possède la structure.
Avant que ne se pose massivement le problème de la qualité du tabac aux instances dirigeantes, les campagnes de Kasungu n’étaient pas des territoires anarchiques, où le tabac était cultivé n’importe où et n’importe comment par une paysannerie ignorante et incapable de faire un travail correct, malgré ce que peut sous entendre bon nombre de mes interlocuteurs chez le personnel encadrant . Comme indiqué au début du chapitre 1, la figure sociale du cultivateur est, de longue date, une figure importante et respectée dans les campagnes malawiennes et l’agriculture a depuis longtemps fortement contribué à l’élaboration des normes sociales et politiques au sein des communautés paysannes. De plus, si l’on prend en compte l’impact idéologique sur les modes de subjectivation paysanne d’un « ruralisme d’État » faisant de l’agriculture une véritable culture politique, on imagine bien que les instances encadrantes pouvaient très vite trouver des interlocuteurs réceptifs parmi les producteurs. Un certain nombre d’entre-eux, aux trajectoires sociales très hétéroclites, généralement plus instruits que la moyenne, disposant d’un capital social et économique légèrement plus important que le reste des paysans et investis dans une production agricole diversifiée, profitaient en effet d’un prestige social important dans leurs régions respectives, principalement relatif à leur identification comme « agriculteurs compétents ».

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Table des matières
Table des Matières 
Table des figures 
Liste des tableaux 
Liste des sigles et abréviations 
Introduction
« Les » paysanneries dans l’espace politique malawien
Les relations de production comme « faits sociaux totaux » : un enjeu théorique
L’hégémonie de l’« État-paysan » dans la production
Politisation et consentement des courtiers-producteurs
Élites et élitisme paysans
Terrain et méthodes
Retour sur l’approche empirique adoptée
Difficultés rencontrées et stratégies d’adaptation
Articulation du propos
I Paysans sous hégémonie
Formes et discours de l’« État-paysan » en Région Centrale
Chapitre 1 Trajectoire historique du « ruralisme d’État » en région centrale 
A) La rhétorique ruraliste dans la formation de l’État postcolonial
a) Historicité de la « culture paysanne » en Région Centrale
b) Le « populisme paysan » sous K. Banda : entre hégémonisme et « participation paysanne »
c) « Culture paysanne » et « culture politique » sous le multipartisme
B) Le discours sur le développement et la pauvreté : nouveau visage du « ruralisme d’État »
a) « Malawi is a poor country » : « sous développement » et « pauvreté » comme registres de subjectivation
b) Les modes (non) opératoires de l’« État-ONG »
c) « The political machine » : développement et lutte politique
d) État-ONG, ancrage local, participation et perceptions paysannes
Chapitre 2 Quand les paysans se contrôlent eux-mêmes : casse-tête hégémonique et cooptation des « courtiers-producteurs »
A) Penser l’articulation : production paysanne indépendante et casse-tête hégémonique
a) « We need business oriented tobacco growers » : les contraintes industrielles d’une culture extravertie
b) Attentes paysannes et conflits d’intérêts
B) La décharge : du « bon-producteur » au « courtier-producteur »
a) Les leaders paysans : des « courtiers en puissance »
b) NASFAM : ONG paysanne et relais hégémonique
c) Cooptation des « bons producteurs » et formation des « courtier-producteurs »
II Des producteurs paysans entre deux mondes. Socialisation, stratégies de différenciation et de légitimation des courtiers-producteurs
Chapitre 3 L’élitisme paysan : itinéraires d’accumulation et de différenciation sociale d’une élite productrice extravertie 
A) La rente du courtage : marges de manœuvre des courtiers et « laisser faire » institutionnel
a) Les ressources sociales de l’extraversion
b) Les « gardiens du temple » : exploitation des barrières à l’entrée du marché du tabac
c) « Transactions collusives » et compromis hégémonique
B) Éthique du business et entre-soi : la professionnalisation du groupe de courtiers-producteurs
a) Les bonnes pratiques de production à la source de « l’éthique du business »
b) Des producteurs paysans en col blanc
c) « Ascétisme » et formes de déviance
d) « Tobacco is business » : des relations sociales exclusives
e) Le milieu associatif comme lieu de socialisation
Chapitre 4 « Remaining a bwana » : assistance et stratégies de légitimation et de positionnement des courtiers-producteurs 
A) Des « piggy-banks » malgré eux : insécurité, assistance « forcée » et structuration sociale
a) Employeurs et patrons : les liens organiques entre le métayage et le ganyu
b) « Being rich among the poor is not a comfortable situation » : richesse, jalousie et insécurité des courtiers-producteurs
c) L’assistance comme protection et comme principe de structuration sociale
B) Quand les courtiers-producteurs occupent les arènes politiques locales
a) Des élites « multi-positionnées »
b) Les pouvoirs au village : courtiers-producteurs et village-headmen
III Une « élite subordonnée »
Les revendications des courtiers-producteurs : entre refus quotidiens et mobilisations non protestataires
Chapitre 5 « Au nom du business » : exploitation et formes de la contestation des courtiersproducteurs 
A) Au sources de la conflictualité : les mécanismes de l’exploitation paysanne
a) Transfert des coûts de production et de commercialisation
b) Vente à perte : exploitation d’une dépendance au tabac
c) Transfert du risque et exploitation des solidarités paysannes
B) Les formes quotidiennes et individuelles de la résistance
a) Quand la contestation est portée par les courtiers-producteurs
b) « They don’t hold us » : fuir l’exploitation
Chapitre 6 Les voies de la mobilisation et de la représentation paysanne légitime : les courtiersproducteurs comme force de proposition politique ? 
A) NASFAM : l’exemple d’une « mobilisation dans le jeu »
a) « We, as the (good) farmers » : représentation sélective et revendications des courtiersproducteurs
b) Une représentation paysanne technocratique et dépolitisée
B) Politisation et hétérogénéité des trajectoires sociopolitiques des courtiers-producteurs
a) Politics is a dirty game : leader paysan n’est pas leader politique
b) Courtiers-producteurs en campagne : un nouveau type de courtier-producteur
Conclusion : pour une analyse politique des forces productives malawiennes
Bibliographie thématique 
Sources primaires 
Annexes 
Liste des entretiens 
Liste des observations 
Guide d’entretien avec les tabaculteurs 
Le terrain en images 

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