Aspects techniques de la cytologie et de l’histologie

Aspects techniques de la cytologie et de l’histologie

Fibrosarcome/Sarcome des sites d’injection

Cette tumeur conjonctive maligne fréquente chez les chats représente entre 11 et 25 % de l’ensemble de leurs tumeurs cutanées, en faisant la troisième ou la quatrième tumeur cutanée la plus rencontrée dans cette espèce selon les études (Carpenter et al., 1987 ; Miller et al., 1991 ; Goldschmidt et Shofer, 1992 ; Yager et Wilcock, 1994). Chez le chat, la majorité des fibrosarcomes sont également dénommés sarcomes des sites d’injection car ils montrent une tendance nette à se développer à partir de lésions de panniculite chronique consécutives à la vaccination. Les fibrosarcomes sont rares chez le chien et ne montrent pas d’asssociation avec la vaccination : ils représentent environ 1,5 % de leurs tumeurs cutanées (Goldschmidt et Shofer, 1992). L’âge moyen d’apparition est d’environ 9 ans chez le chat et 8,5 ans chez le chien, sans prédisposition de sexe (Goldschmidt et Shofer, 1992). Les fibrosarcomes des jeunes chats peuvent être d’origine virale (virus du sarcome félin) et peuvent être multiples (Raskin, 2001b). Chez les chiens et chats plus âgés, les tumeurs sont uniques, souvent sur les membres, le tronc et la tête (Raskin, 2001b ; Gross et al., 2005). Ces tumeurs malignes sont invasives et environ 25 % vont métastaser (Raskin, 2001b). Les fibrosarcomes supposés induits par les vaccins sont localement invasifs et agressifs (Gross et al., 2005). a) Aspect macroscopique Les fibrosarcomes sont fermes, peu circonscrits, souvent multilobés. Ils peuvent mesurer de moins de 1 cm à plus de 15 cm de diamètre. On peut observer de l’alopécie et de l’ulcération (Raskin, 2001b ; Gross et al., 2005). Ce sont des tumeurs du tissu sous-cutané la plupart du temps, ils peuvent aussi rarement se développer dans le derme (Gross et al., 2005). b) Aspect cytologique Les caractéristiques cytologiques des tumeurs conjonctives ont déjà été décrites dans le paragraphe précédent. Les fibrosarcomes sont quant à eux constitués de nombreuses cellules volumineuses et tuméfiées, individuelles ou en aggrégats, souvent associées à du matériel collagénique rose. Le pléomorphisme nucléaire peut être marqué comparé aux fibromes. Les cellules sont moins uniformes et ont généralement un rapport nucléo-cytoplasmique élevé (Raskin, 2001b). Les cellules principales sont variables : il peut s’agir de cellules du stroma, classiques, bien différenciées, ou de cellules atypiques anaplasiques ne présentant que quelques caractères de différenciation. L’exfoliation cellulaire apparaît un peu plus forte lors des fibrosarcomes, en particulier s’il est peu différencié (Baker et Lumsden, 2000). Des cellules géantes multinucléées peuvent être présentes occasionnellement (Raskin, 2001b ; Gross et al., 2005). Les fibrosarcomes félins sont également souvent associés à une inflammation lymphoplasmocytaire modérée (Gross et al., 2005). La figure 2 nous montre l’aspect d’un fibrosarcome à l’examen microscopique.

Mastocytome

Chez le chien, les mastocytomes représentent 10 à 21 % de l’ensemble des tumeurs cutanées selon les études (Brodey, 1970 ; Finnie et Bostock, 1979 ; Bostock, 1986 ; Rothwell et al., 1987 ; Pulley et Stannard, 1990 ; Goldschmidt et Shofer, 1992 ; Yager et Wilcock, 1994). Il s’agit de la tumeur cutanée la plus fréquente du chien (Alleman et Bain, 2000 ; Vail et Withrow, 2001). Les races prédisposées sont le boxer, le carlin et le boston terrier (Wilcock et al., 1986 ; Miller et al., 1991 ; Yager et Wilcock, 1994). Aucune prédisposition de sexe n’a été démontrée (Goldschmidt et Shofer, 1992). L’âge moyen d’apparition est de 8 ans, mais cela peut aussi toucher de très jeunes chiens (Gross et al., 2005). Les mastocytomes sont gradés en fonction de leur degré de granulation et de l’anaplasie cellulaire, ceci permet de déterminer le pronostic (Barton, 1987). Le système de graduation le plus utilisé a été développé par Patnaik et al. (1984). Il classe les tumeurs du grade 1 à 3, le grade 3 étant le plus agressif. En utilisant ce système de gradation, la majorité des mastocytomes canins sont de grades 1 et 2 (Gross et al., 2005). Tous les mastocytomes canins doivent être considérés comme potentiellement malins (Alleman et Bain, 2000 ; Gross et al., 2005). Chez le chat, les mastocytomes représentent entre 1 et 6 % de l’ensemble des tumeurs et entre 10,3 et 20 % de l’ensemble des tumeurs cutanées, ils occupent donc la seconde place des tumeurs cutanées de cette espèce par ordre de fréquence (Wilcock et al., 1986 ; Alleman et Bain, 2000 ; Vail et Withrow, 2001). La plupart des cas décrits ont atteint des siamois (Wilcock et al., 1986 ; Miller et al., 1991). Seulement 2 % des mastocytomes du chat sont des tumeurs malignes (Wilcock et al., 1986 ; Miller et al., 1991). Les paragraphes suivants s’intéresseront uniquement aux mastocytomes canins. 20 a) Aspect macroscopique Les mastocytomes sont souvent uniques (Baker et Lumsden, 2000 ; Raskin, 2001b ; Thamm et Vail, 2001). Il s’agit généralement de nodules alopéciques, érythémateux, oedématiés, dont la taille varie de quelques millimètres à quelques centimètres (Gross et al., 2005). Ils sont la plupart du temps non encapsulés, et hautement infiltrants dans le derme et le tissu souscutané (Raskin, 2001b ; Gross et al., 2005). Ils sont plus communément observés sur le tronc, les membres et la tête, mais pevent se développer n’importe où sur le corps (Raskin, 2001b ; Gross et al., 2005). Les mastocytomes bien différenciés ont tendance à faire de 1 à 4 cm de diamètre, de croissance lente. Les mastocytomes non différenciés tendent à une croissance rapide, de taille importante et à l’ulcération, ce qui cause une irritation considérable (Thamm et Vail, 2001). b) Aspect cytologique Les mastocytomes montrent les caractéristiques typiques des tumeurs à cellules rondes. Les caractéristiques cytologiques spécifiques des tumeurs à cellules rondes sont les suivantes : – les cellules exfolient bien (Barton, 1987 ; Hall et MacWilliams, 1988) ; – les cellules exfolient individuellement, avec des bords cytoplasmiques distincts, sans adhérence inter-cellulaire (Duncan et Prasse, 1976 ; Barton, 1987 ; Hall et MacWilliams, 1988 ; Alleman et Bain, 2000 ; Raskin, 2001a) ; – la forme de la cellule est généralement ronde à ovale (Duncan et Prasse, 1976 ; Barton, 1987 ; Hall et MacWilliams, 1988 ; Raskin, 2001a) ; – les échantillons sont modérément cellulaires (Alleman et Bain, 2000 ; Raskin, 2001a) ; – les cellules sont généralement petites par rapport aux cellules épithéliales (Raskin, 2001a) ; – les noyaux sont ronds à dentelés (Hall et MacWilliams, 1988 ; Raskin, 2001a). Le diagnostic cytologique des mastocytomes est relativement aisé avec la plupart des techniques cytologiques et une coloration de Romanowsky (Baker et Lumsden, 2000). Bien que les mastocytes soient présents physiologiquement dans la peau et le tissu sous-cutané, le diagnostic cytologique de mastocytome est certain lorsque ces cellules sont le type cellulaire dominant sur la lame (Hall et MacWilliams, 1988). Les mastocytes se caractérisent par la présence de granules cytoplasmiques pourpres métachromatiques (Duncan et Prasse, 1976 ; Bostock, 1986 ; Barton, 1987 ; Hall et MacWilliams, 1988 ; Baker et Lumsden, 2000). Le diamètre de ces granules varie entre 0,2 et 5µm selon Baker et Lumsden (2000). Certains mastocytes dégranulent pendant l’aspiration, relarguant les granules en arrière-plan (Duncan et Prasse, 1976 ; Barton, 1987 ; Baker et Lumsden, 2000). Ces granules libres sont si souvent présents lors d’aspiration de mastocytome que la découverte de granules pourpres dans un frottis pauvre en cellules doit amener le cytologiste à suspecter un mastocytome (Barton, 1987). La figure 3 nous montre l’aspect d’un mastocytome à l’examen microscopique

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Table des matières

TABLE DES FIGURES
TABLE DES TABLEAUX
LISTE DES ABRÉVIATIONS
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE : ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE
I. Les masses cutanées/sous-cutanées des carnivores domestiques et leur évaluation
par examen cytopathologique
A. Lésions tumorales
1. Classification anatomopathologique des tumeurs cutanées/sous-cutanées du
chien et du chat
2. Critères de malignité cliniques et macroscopiques
3. Critères de malignité cytologiques
4. Critères de malignité histologiques
B. Lésions non tumorales
1. Hématome
2. Calcinose tumorale
3. Inflammation
C. Étude spéciale de quelques lésions fréquentes
1. Lipome
a) Aspect macroscopique
b) Aspect cytologique
c) Aspect histologique
2. Fibrosarcome/Sarcome des sites d’injection
a) Aspect macroscopique
b) Aspect cytologique
c) Aspect histologique
3. Mastocytome
a) Aspect macroscopique
b) Aspect cytologique
c) Aspect histologique
4. Kyste folliculaire
a) Aspect macroscopique b) Aspect cytologique
c) Aspect histologique
5. Kyste d’inclusion épidermique
II. Principes, avantages et inconvénients des examens cytopathologiques et
histopathologiques
A. Aspects techniques de la cytologie et de l’histologie
1. Les types de prélèvement cytologique
2. La technique d’aspiration à l’aiguille fine en cytologie
a) Matériel nécessaire
b) Méthode de prélèvement
3. Coloration des étalements
4. Interprétation des prélèvements cytologiques
a) Interprétation par le clinicien ou par un spécialiste
b) Technique de lecture des lames et anomalies recherchées
c) Rédaction du compte-rendu cytologique
5. Technique histologique
B. Avantages et inconvénients de la cytologie
1. Avantages de la cytologie 2. Inconvénients de la cytologie
C. Avantages et inconvénients de l’histologie
1. Avantages de l’histologie
2. Inconvénients de l’histologie
III. Concordance entre les diagnostics cytopathologiques et histopathologiques dans la
littérature
A. Concordance cytologie/histologie en médecine humaine
B. Concordance cytologie/histologie en médecine vétérinaire
1. Concordance pour des lésions de toutes origines confondues
2. Concordance pour des lésions thoraciques et abdominales
3. Concordance pour des lésions spléniques
4. Concordance pour des lésions hépatiques
5. Concordance pour des lésions pulmonaires
6. Concordance pour des masses médiastinales
7. Concordance pour des masses mammaires
8. Concordance pour des lésions du conduit auditif du chat
9. Synthèse par localisation
C. Concordance pour les masses cutanées/sous-cutanées chez les animaux
IV. Paramètres influençant la qualité et la précision du diagnostic cytopathologique
A. Difficultés rencontrées
1. Échantillon non diagnostique
a) Échantillon de pauvre qualité
b) Échantillon de faible cellularité
c) Erreur d’échantillonnage
d) Contamination sanguine
2. Pièges et difficultés diagnostiques
a) Distinction entre lésions tumorales et non tumorales
b) Évaluation de la malignité
c) Évaluation de l’histogenèse
3. Erreurs liées à la communication
B. Recommandations pour optimiser l’examen cytopathologique
1. Maitriser la technique de prélèvement cytologique
a) Disposer du matériel adéquat
b) Opérer dans des conditions optimales
c) Maitriser la technique d’aspiration à l’aiguille fine
d) Utiliser au besoin d’autres techniques de prélèvement
e) Multiplier les sites prélevés et les lames
2. Maitriser la lecture des lames cytologiques
3. Améliorer la communication entre le clinicien et le pathologiste
a) En amont de l’examen cytologique
b) En aval de l’examen cytologique DEUXIÈME PARTIE : ÉTUDE RÉTROSPECTIVE DE LA CONCORDANCE ENTRE
DIAGNOSTICS CYTOPATHOLOGIQUES ET HISTOPATHOLOGIQUES DE 515
MASSES CUTANÉES/SOUS CUTANÉES
I. Contexte et objectifs de l’étude
II. Matériel et méthodes
A. Critères d’inclusion
B. Recueil des informations
C. Nature des prélèvements
1. Prélèvements cytopathologiques
2. Prélèvements histopathologiques
D. Interprétation des prélèvements
E. Traitement des données
III. Résultats
A. Analyse descriptive
1. Population étudiée
2. Répartition dans le temps des examens cytopathologiques et histopathologiques
3. Lésions étudiées
B. Diagnostics cytopathologiques
C. Diagnostics histopathologiques
D. Bilan des lésions les plus diagnostiquées
E. Qualité des prélèvements
1. Taux de récupération
2. Causes d’échantillons non diagnostiques
3. En fonction de la nature de la lésion
F. Analyse statistique
1. Années
2.Espèce
3. Lésions avec la meilleure concordance
4. Lésions avec la moins bonne concordance
G. Sensibilité/spécificité
IV. Discussion
A. Analyse descriptive : comparaison avec la littérature
1. Caractéristiques de la population étudiée
2. Types et malignité des tumeurs récensées
3. Tumeurs les plus fréquemment recensées
B. Qualité des résultats obtenus : analyse des échantillons non diagnostiques
1. Taux de récupération
2. Facteurs influençant la valeur diagnostique des échantillons
3. Influence des échantillons non diagnostiques dans le calcul de la concordance
C. Validité des résultats obtenus : concordance de la cytologie avec l’histologie
1. Concordance globale
2. Évaluation de la discordance
3. Lésions présentant la meilleure concordance
4. Lésions présentant la concordance la plus faible
5. Sensibilité/spécificité
D. Objectifs et limites de l’étude
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES…
…….

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