Aspects socio-économiques

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Les différentes évolutions du compost

Le compostage n’est pas une technique récente. Bien avant que l’homme n’envahisse la planète, les phénomènes de compostage étaient naturellement actifs. Dans chaque marécage, forêt et prairie partout où se trouvait de la végétation, il y avait une activité de compostage. Selon l’ingénieur agronome C. Aubert (1993), « Le compostage est une technique pratiquée depuis des millénaires, notamment en Extrême-Orient et remise à l’honneur et perfectionnée par les agriculteurs et les jardiniers biologiques ». Les Chinois ont rassemblé et composté toutes les matières organiques du jardin, des champs, de la maison y compris les matières fécales. En effet, le compost actif étant sans cesse alimenté, la biomasse est en perpétuelle évolution. La première utilisation du mot compost remonte à 1732 (dictionnaire Petit Robert, 1989) et vient du latin ‘Compositus’ qui signifie ‘composé de plusieurs choses’. Les romains appelaient ainsi les préparations de légumes et de fruits avec des adjonctions d’huiles, de sel et d’autres adjuvants. C’est sous ce nom qu’il a été introduit en Europe centrale au XIème siècle. Le mot et ses dérivés appartiennent donc d’abord au registre de l’agriculture et s’apparentent à des objets et des savoir-faire précis. Avec l’évolution de l’homme, le compost a subi aussi de nombreuses évolutions. Autrefois, le compostage a mis beaucoup de temps pour être mature et près à utiliser, aussi moins d’additif ou ajouts d’autres éléments que les matériaux végétaux et les déjections animales mais de nos jours il n’occupe que peu de mois voire même de jours pour arriver à sa maturation. La tendance plus récente à mécaniser le compostage a surgi en réponse au besoin de disposer d’un mécanisme d’évacuation continu, hygiénique et contrôlable.

Production de compost

Les principes de compostage

Microbiologie

Le compostage est un processus microbiologique en perpétuel changement, produit par l’activité d’une succession de groupes de micro-organismes, chaque groupe étant adapté à un milieu d’une durée relativement limitée. Les organismes qui assurent cette transformation de la matière organique sont les bactéries, les champignons (trichoderma sp ; pleurotus sp..), et les actinomycètes, les protozoaires et d’autres organismes du sol tels que les lombrics. Durant un cycle complet de compostage, ce sont principalement les bactéries qui vont se nourrir des matières organiques présentes en les dégradant et en les transformant car il est présent en grandes nombres (Mustin, 1987). En fonction de la température optimale de croissance, les microorganismes peuvent être ainsi classés ainsi en germe, il y existe ceux qui sont actifs à des basses températures inferieurs à 20°C (les psychrophiles), Les mésophiles ont une température optimale comprise entre 20 et 45°C et représentent les germes les plus nombreux de l’environnement. Les thermophiles qui sont peu nombreux ont une température optimale de prolifération qui se situe au-delà de 45°C, le plus généralement vers 50-60°C et dont la température maximale de croissance peut atteindre les 85°C (KHEDHER et al, 2002). Durant le premier stade du compostage, les organismes décomposeurs sont moins actives et elles sont plus efficace et deviennent abondantes au dernier stade du processus de compostage.

Biochimie

Le compostage consiste essentiellement en une réorganisation biologique de la fraction carbonée de la matière organique. Qu’il soit d’origine agricole, domestique, industrielle, les matériaux organiques sont un mélange de protéine, sucre, cellulose, de lignine et d’autres éléments minéraux, à des concentrations très variées. Les matières végétales vertes et fraiches sont riches en éléments solubles, en protéines et en éléments minéraux. Le compostage est à la fois un processus de synthèse et de dégradation. Certains composés organiques, comme les sucres sont facilement solubles et rapidement utilisés par les micro-organismes et d’autres substances comme les hémicelluloses et celluloses, possèdent de grosses molécules qui doivent être fractionnées par les enzymes (catalyseurs biologiques) avant leur utilisation par les micro-organismes. La lignine est un principal constituant des parois cellulaires des plantes, sa structure chimique complexe le rend hautement résistante à la dégradation microbienne et sa décomposition exige plus de temps (Rihard, 1996). Alors, au cours du compostage une partie des matériaux organiques qui ont servi des nutriments aux micro-organismes est décomposée. C’est pourquoi environs un tiers du poids sec des matériaux utilisés au départ sont ainsi perdus et cela dû en grande partie à la perte en hémicellulose et cellulose qui forment l’ensemble des déchets d’origine. Les champignons entrent pour une part importante dans la décomposition de ces matériaux.

Conditions physiques

• Humidité:
Le taux d’humidité dépend essentiellement des matériaux de départ. Le taux d’humidité, qui doit se situer aux alentours de 60 % (Godden, 1986). En deçà de 50 %, il y a un ralentissement de l’activité microbiologique par le manque d’eau. Les matériaux paraissent secs, le compostage ne peut pas avoir lieu. La teneur en eau devra être assurée par le choix des composants à composter et sera éventuellement corrigée en début de cycle, surtout et en cours de compostage, éventuellement, par des arrosages. Il suffit d’un simple apport d’eau pour rétablir le processus de décomposition. A l’inverse au-delà de 75 %, on assiste à une asphyxie de la matière en décomposition, l’air n’étant plus en mesure de circuler convenablement et provoque en revanche des conditions anaérobies défavorables. En cas d’excès d’humidité, il faut retourner le compost et y ajouter des matériaux secs. Compte tenu des pertes hydriques consécutives au dégagement de vapeur d’eau, un appoint doit être réalisé régulièrement pour maintenir une humidité satisfaisante pendant les premières semaines du compostage. Toutefois, l’apport d’eau vers la fin du processus de compostage est déconseillé puisque l’on ne relancera pas de phase thermophile et que l’on n’a aucun intérêt à augmenter le taux d’humidité (augmentation du coût de transport). Un excès d’eau (taux de matière sèche inférieur à 20%) provoque en revanche des conditions anaérobies défavorables.
• Aération:
Le compostage est un procédé biologique aérobie. Pour le compostage aérobie, l’aération est essentielle pour apporter de l’oxygène. Les micro-organismes ont besoin d’oxygène pour les métabolismes et leur fonctionnement, le volume d’oxygène lacunaire (dans les vides) est primordial, les besoins sont particulièrement importants dans les premières phases du compostage (1/3 du volume doit être du vide). Un apport d’air adéquat à toutes les parties du tas de compost est essentiel afin de fournir non seulement l’oxygène aux micro-organismes mais aussi de chasser l’anhydride de carbone dégagé. L’absence de l’air (conditions anaérobies) entraîne le développement de divers types de micro-organismes qui déclenchent soit une conservation acide, soit une putréfaction du tas engendrant des odeurs nauséabondes. L’aération est assurée par une pénétration naturelle de l’air, soit en soufflant par ventilateur et le plus fréquent c’est le retournement du compost. L’aération et les retournements sont particulièrement importants dans les premières semaines du compostage. D’après l’ITAB (2001), l’objectif des retournements est avant tout l’aération du mélange à composter. Ce sont eux qui apportent l’oxygène nécessaire aux micro-organismes. Un seul retournement est en général insuffisant, car l’intense activité biologique au sein de l’andain conduit rapidement au tassement.
• Température:
L’évolution de la température est le résultat de l’activité microbiologique. Cependant, des températures supérieures à 70°c sont déconseillées car elles peuvent provoquer un dessèchement excessif, une perte de matière trop importante, voire un arrêt du processus (destruction des organismes vivants) et donc une dégradation de la qualité du compost (combustion au lieu de transformation des matières organiques). Les valeurs maximales de température atteintes durant la phase thermophile sont déterminées par les caractéristiques du milieu (nature des matières premières, taille des particules, dimensions et conformation du tas, humidité, aération) (godden, 1986). Alors, pour chaque étape du compostage, il existe des micro-organismes spécifiques pour les températures élevés (organismes thermophiles), les organismes de faible température (psychrophile) et les organismes mésophiles à température optimale qui est présent en grande quantité. La production de chaleur par les micro-organismes au cours du compostage est proportionnelle à la masse du tas, alors que les pertes de chaleur dépendent de la surface. L’augmentation de la température est donc d’autant plus élevée que le rapport volume/surface du tas est grand.

Conditions chimiques

• Ph:
Le pH idéal est compris entre 5,5 et 8,0, (Zorpas et al, 1996). Le pH oriente les réactions du compostage en favorisant certaines espèces de micro-organismes. Un pH acide est propice au développement des bactéries et champignons en début de compostage, alors qu’un pH basique développe plutôt les actinomycètes et les bactéries alcalines. La plupart des bactéries qui interviennent dans le compostage ont leur optimum comprise entre 6 à 8, tandis que les champignons sont plus tolérants à des pH de 5 à 8.5 environ. Ainsi il tend vers une acidification lors de la production d’acides organiques issus de la dégradation des sucres simples et la production de CO2. On peut alors corriger cette déviation par l’ajout de chaux et par aération. Le pH tend vers l’alcalinité lors de la production du gaz ammoniac. Il est alors possible de corriger cette déviation par l’ajout de soufre. L’évolution du pH au cours du compostage renseigne sur les différentes phases du processus microbiologique en cours (acidification en phase mésophile par exemple). Ainsi, la mesure du pH est indispensable au cours du compostage, elle permet de suivre un processus fermentaire, ou même de l’orienter favorablement en le contrôlant (Mustin, 1987). A la fin du compostage (phase de maturation), le pH s’équilibre vers la neutralité (Godden, 1986; Gobat et al, 1998).
• Rapport C/N:
Il est largement connu que la biodégradabilité d’un déchet organique est dépendante de son rapport C/N. Lors de la phase de fermentation aérobie active, les microorganismes consomment 30 fois plus de carbone que d’azote. Les substrats organiques perdent plus rapidement leur carbone métabolisé et dégagé sous forme de gaz carbonique que leur azote métabolisé et ou perdu sous forme de composés azotés volatils comme l’ammoniac NH3 (Mustin, 1987). De façon générale, pour le rapport C/N faible, un excès d’azote ou un défaut de carbone entraînent des pertes importantes en azote et peuvent activer certaines maladies telles que les Fusarioses. Mais pour un rapport plus élevé, il y a un manque d’azote ce qui implique un processus de compostage lent, il faudra plus de temps pour qu’une quantité suffisante de carbone soit oxydée. En effet, le rapport C/N doit être ajusté, mélanger les matières pauvres et riches en carbone et en azote. Ainsi, le rapport C/N optimum se situe entre 25 et 35 au départ (Godden, 1995). Et il va diminuer pour arriver en fin du processus de compostage à se stabiliser vers 10 (entre 15 et 8). Le processus de compostage dépend de l’activité des micro-organismes qui ont besoin de carbone tant comme source d’énergie que pour se multiplier, et d’azote pour élaborer leurs protéines. Leurs besoins en phosphore et d’autres éléments sont plus faibles. L’azote est le nutriment le plus important et sa présence en grande quantité dans le débris organiques signifie généralement un taux suffisant des autres nutriments.

Les autres éléments minéraux

Les matières à composter doivent être considérées comme un milieu de culture pour microbes, où le facteur limitant ne peut être que le carbone assimilable et non un autre constituant du milieu. Ces éléments sont en général présents en quantité suffisante dans la matière organique à composter. Même le carbone et l’azote constituent une grande proportion dans le compost mais, il existe aussi les autres éléments qu’il faut considérer telles que le potassium, le phosphore et le calcium. En cas de manque il faut les apporter pour avoir une bonne composition du compost par l’apport de superphosphate, de farine d’os, de purin, des cornes, des coquillages. Aussi, il se peut que la présence de ces oligo-éléments ait une influence sur l’azote ou le carbone c’est le cas du phosphore. La présence de ce dernier diminue les pertes en azotes sous formes ammoniacale des tas de compost ayant un rapport C/N faible car le rapport C/P du mélange est également un facteur important. Le phosphore est essentiel aux réactions énergétiques des micro-organismes (adénosine triphosphate). Il entre aussi dans la composition de nombreuses autres macromolécules. Un rapport C/P de la matière à composter voisin de celui de la microflore (75 à 150) conduit à une dégradation plus rapide de la matière organique et à une plus grande production d’humus.

Processus de compostage

Le processus de compostage est similaire à celui de l’humification naturelle des résidus organiques en substances humiques dans les sols. La différence concerne l’accélération de la transformation biologique aérobie de la matière organique pour le compostage (Antizar-Ladislao et al, 2006). Ainsi, plusieurs phases se succèdent dans un processus de compostage. Cela dépend des quantités de matières premières impliquées dans sa fabrication, l’évolution de la température du tas, ainsi que d’autres paramètres cités ci-dessus. Si le tas est de petite taille, la chaleur produite par les microorganismes impliqués dans le compostage est facilement évacuée, il y a une faible variation de la température. A l’inverse, si le tas est de taille plus importante, la chaleur est mieux conservée, et le suivi de la température du compost permet de distinguer plusieurs phases. (i) La première phase, amenant les résidus à l’état de compost frais, est une dégradation aérobie intense. (ii) La seconde phase, par une dégradation moins soutenue, qui va transformer le compost frais en un compost mûr, riche en humus.

Dégradation

Pendant la phase de dégradation, les composés les plus dégradables tels les sucres, les acides aminés libres et l’amidon sont d’abord consommés. La phase de dégradation voit la masse du compost diminuer par minéralisation de la matière organique et par des pertes d’eau importantes par évaporation. Pour bien faire démarrer la dégradation, il est important de considérer un certain nombre d’aspects. Premièrement, le tas de compost doit se composer de différentes sortes de matériaux organiques. Deuxièmement, il faut que les micro-organismes appropriés soient présents. Troisièmement, il est très important qu’il y ait une quantité suffisante d’oxygène et d’eau. Si ces trois conditions sont réunies, la production de chaleur commencera rapidement. La phase de dégradation, se subdivise en trois phases qui sont : la phase mésophile, la phase thermophile et la phase de refroidissement.
• La phase mésophile:
Dans cette phase, les tas rassemblés sont envahies par les micro-organismes mésophiles indigènes (bactéries et champignons essentiellement). La température augmente car il y a une forte activité biologique. Elle fait augmenter la température jusqu’à 50 à 70 °C. La température monte rapidement à 40 – 45 °C à la suite de la respiration de micro-organismes mésophiles aérobies. Et en plus, il y a un dégagement important de CO2 (d’où la diminution du rapport C/N). La dégradation de la cellulose durant cette phase est responsable de plus de 75% de la perte de poids sec.
• La phase thermophile:
La respiration élève ensuite progressivement la température jusqu’à 60 – 70 °C, ce qui conduit au remplacement des micro-organismes mésophiles par des thermophiles et des thermo-tolérants (arrêt de l’activité des champignons développement des actinomycètes et des bactéries thermophiles). La phase de dégradation voit la masse du compost diminuer par minéralisation de la matière organique avec un dégagement de CO2, et par des pertes d’eau importantes par évaporation. Les pertes en azote, minéralisé sous forme ammoniacale (NH4+) qui peut être volatilisé sous forme d’ammoniac (NH3) dans certaines conditions, ainsi que l’évaporation d’eau, sont plus importantes au cours de cette phase. La libération de CO2 peut entraîner, à la fin des phases thermophiles, jusqu’à 50% de perte en poids sec. Les hautes températures caractérisant la phase thermophile ne concernent que le centre du tas. Pour savoir si le processus est en phase thermophile, la manière la plus simple reste l’utilisation d’un bâton (i) enfoncer jusqu’au centre sur le tas, (ii) laisser environs 5 minutes, (iii) tâter dès qu’il est retiré du tas. Il doit être nettement plus chaud que la température de votre corps (de 60 à 70°C). S’il est moins chaud, c’est que la phase d’échauffement n’a pas commencé. Cela peut être dû aux matériaux utilisés ou à l’aération. Mais à l’inverse, le processus va continuer jusqu’à la prochaine phase.
• La phase de refroidissement:
C’est la phase intermédiaire entre la phase thermophile et la maturation. La phase d’échauffement se transforme progressivement en phase de refroidissement. Elle prend fin avec le retour à la température ambiante. Le milieu est colonisé de nouveau par des micro-organismes mésophiles. Ils dégradent les polymères restés intacts en phase thermophile et incorporent l’azote dans des molécules complexes. Au cours du compostage les pertes de masse sont de l’ordre de 30 à 45 % par rapport à la masse totale de départ (fumier + eau), mais par rapport à la seule masse de fumier les pertes sont minimes (entre 15 et 20%). La durée de la phase de refroidissement dépend de la manière dont le tas est construit, des matériaux utilisés, de l’entretien du tas, du climat, etc.

Maturation

À la suite de la phase de dégradation, la quantité de matière facilement utilisable par la microflore se raréfie. Dans cette étape, on assiste à une faible activité microbiologique et la disparition des micro-organismes thermophiles au profit d’espèces plus communes et des nouvelles espèces mésophiles (recolonisation par des champignons) et un milieu adapté à la colonisation par le macrofaune comme les lombrics. Chaque espèce possède une gamme de températures vitales avec un optimum au milieu. Pendant la phase de maturation, la température va diminuer. Au fur et à mesure la température décroît, et ce pendant une longue période de maturation, pour se stabiliser au niveau de la température ambiante. Il est important d’aérer et d’homogénéiser le compost, pour en favoriser la décomposition ou en empêcher le pourrissement. Le mélange et l’aération sont des paramètres essentiels de la dynamique du compostage. Quand le compost est prêt, le tas devient plus homogène et moins biologiquement actif. Le produit devient brun foncé à noir. Les particules sont plus petites et homogènes, et la texture ressemble à celle d’un sol. Au cours du processus, la quantité d’humus augmente, le rapport entre carbone et azote C/N diminue, ph devient neutre et la capacité d’échange du produit augmente.
A la fin du processus, le produit obtenu est le compost dont l’apparence et la qualité devront être considérée. Par la croissance de champignons blancs sur la matière organique, par une réduction du volume et le changement de couleur (brun foncé), le processus de compostage arrive à son terme. Un bon compost est un produit dont les constituants organiques ont subi une conversion biologique en des substances moins agressives et plus stables. Les processus de dégradation persistent cependant à un taux plus réduit au-delà même de la phase de dégradation.
A l’échelle industrielle, les fabrications de compost doivent suive les normes qualités. Le produit final peut -être présenté sous plusieurs formes :
• Le compost conforme à la norme NF U 44-051 “amendements organiques » (Cf. Annexe1) .
• Le compost conforme à la norme NF U 42-001 “engrais”. (Cf. Annexe1).
Le compost possède une forte concentration en matières organiques et aide à rendre à la terre plusieurs de ses propriétés qui se sont épuisées avec le temps et l’utilisation.

Composition du compost

Matières premières

En général, toutes matières qu’elles soient d’origine animale ou végétale, facilement décomposable, peuvent être utilisées pour le compostage. La décomposition est plus rapide pour les matières vertes fraîches, plutôt lente pour la paille et les débris ligneux. A part les biomasses végétales et déjections animales, les déchets ménagers et les déchets industriels constituent également des matières premières à composter. Chaque constituant du mélange apporte sa propre contribution aux cycles biologiques et nutritionnels du tas. Le compost est de bonne qualité en termes d’éléments nutritifs lorsqu’il comporte un mélange varié des matières premières plutôt qu’un seul type. En théorie, tout déchet organique biodégradable est compostable mas il existe des matières indispensables et des matières indésirables.
• Matières indispensables:
Un tas de compost a besoin d’un mélange de plusieurs matières telles que les matières végétales (vertes ou sèches). Elles sont importantes en raison de leurs compositions en éléments nutritifs (C et N) et le besoin d’aération du tas. Le carbone et l’azote étant des constituants essentiels des protéines. Les matières végétales fraiches, sont riches en azote et en eau tandis que les végétaux secs et ligneux sont plutôt riches en carbone, hémicellulose, cellulose, lignine, favorisant ainsi l’aération du tas. L’eau est aussi un composant essentiel car elle permet d’avoir le taux l’humidité nécessaire qui va favoriser les activités des micro-organismes du sol. Les fumiers et les purins sont aussi des composants indispensables, non seulement par leurs stabilités (fumier) et leurs richesses en éléments nutritifs mais aussi par la présence préalable des micro-organismes qui vont contribuer à la décomposition. Les ordures ménagères, les déchets urbains et les déchets agro-alimentaires peuvent aussi entrer dans la composition. La richesse du produit final dépend de la diversité des matières premières utilisées.
• Matériels indésirables:
Les composants utilisés ne devront pas constituer un facteur de blocage pour les processus de compostage. Toutes matières non dégradables ou à vitesse de dégradation lente ne devront pas constituer de matériel de départ pour le compostage. A titre d’exemple, il y a les matières les plastiques, les matières synthétiques, les métaux et les grands morceaux des bois. Certaines matières comme les os ou les coquilles se décomposent très lentement. Il est nécessaire de les broyer ou concasser au préalable avant leur incorporation. Ces deux matières sont, bénéfiques pour le compost produit car elles apportent des minéraux et oligo-éléments. Les matières telles que la viande, le poisson et les os frais ne sont pas recommandées dans la plupart des méthodes de compostage domestique, dans la mesure où cela risque d’attirer souvent des animaux nuisibles tels que les souris, les rats, les termites ainsi que d’autres insectes. Ceux-ci peuvent transmettre des maladies aux hommes et aux animaux domestiques. Et tous les déchets toxiques et les résidus des plantes malades ne devront pas être utilisés pour un compostage.

Compositions chimiques

La composition chimique des déchets organiques varie énormément en fonction de leurs teneurs en eau, en carbone, en oxygène et en hydrogène, des principaux éléments nutritifs qui les composent tels que l’azote, le phosphore, le potassium, de leurs nutriments secondaires et des oligo-éléments. Ces principes nutritifs forment collectivement la matière minérale. En outre, la composition elle-même des débris d’une plante donnée peut changer légèrement selon la variété de la plante, le type de sol, les pratiques culturales. La teneur en azote, élément nutritif principal, est bien plus importante. Cependant, le rapport C/N devra être pris en considération dans la planification des opérations de compostage.

Additifs

Plus on s’éloigne des conditions idéales en termes de matière première et de processus, plus le compostage est lent et le produit obtenu médiocre. Pour corriger ce problème l’ajout de certains additifs est nécessaire. Les stimulateurs ou activateurs sont des additifs essentiels pour accélérer le processus de décomposition à l’exemple de l’engrais organique qui est riche en azote organique ou encore utilisation de purin. L’ajout de chaux est aussi indispensable afin d’affaiblir la structure ligneuse des plantes et augmenter la population microbienne. Cependant, dans certains cas, le chaulage n’est pas recommandé car le tas risque de devenir trop alcalin ce qui pourrait ainsi provoquer une importante perte d’azote. Ensuite, l’addition de cultures de micro-organismes fixateurs d’azote et capables de solubiliser le Phosphore (IARI, 1989) peut améliorer la qualité du compost si l’on procède à une inoculation complémentaire (Azotobacter, Azospirillum lipoferum) comme fixateurs de l’azote et Bacillus megaterium ou Pseudomonas sp capables de solubiliser le Phosphore.

Méthodes pratiques de compostage

Les différents types de compost

Le compostage peut être divisé en deux catégories selon la nature du processus de décomposition.
• Compost anaérobie:
C’est une méthode de compostage en absence ou en présence de l’air mais à une quantité limitée. Dans ce processus, les micro-organismes anaérobies dominent et élaborent des composées intermédiaires comme le méthane (Cf. annexe 2), les acides organiques, le sulfure d’hydrogène et d’autres substances. En absence de l’oxygène, ces composées s’accumulent et ne sont pas métabolisés. Un grand nombre de ces composés ont des odeurs fortes et certains d’entre eux présentent une phytotoxine. Comme le compostage anaérobie est un processus s’effectuant à basse température, les graines des adventices et les pathogènes ne sont pas affectés. Et le processus nécessite plus de temps par rapport au processus aérobie mais la perte des éléments nutritifs par lessivage est limitée.
• Compost aérobie:
Le compostage se fait en présence d’une grande quantité d’oxygène. Au cours de ce processus, les micro-organismes aérobies décomposent la matière organique et produisent du gaz carbonique, l’ammoniac, l’eau, de la chaleur et de l’humus, qui est le produit organique final relativement stable. Le compostage aérobie produit aussi des composés organiques intermédiaires tels que les acides organiques. Mais au fur et à mesure de la dégradation, ce dernier va ensuite régulariser par les micro-organismes aérobies pour avoir plus de stabilité du produit. Le compost ainsi obtenu ne comporte que très peu de risque de phytotoxicité. La chaleur générée accélère la décomposition des protéines, les sucres complexes tels que les hémicelluloses, les celluloses et réduit la durée du processus. De plus, ce processus détruit de nombreux micro-organismes qui sont pathogènes ainsi que les adventices, dans la mesure où la température atteinte est suffisamment élevée. Bien que les éléments nutritifs soient partiellement perdus, celui-ci est considéré plus efficace et utile que le compostage anaérobie.

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Table des matières

1. INTRODUCTION
2. Généralité
2.1 Définition
2.2 Les différentes évolutions du compost
3. Production de compost
3.1 Les principes de compostage
3.1.1 Microbiologie
3.1.1. Biochimie
3.1.2. Conditions physiques
3.1.3. Conditions chimiques
3.1.4. Les autres éléments minéraux
3.2. Processus de compostage
3.2.1. Dégradation
3.2.2. Maturation
3.3. Composition du compost
3.3.1. Matières premières
3.3.2. Compositions chimiques
3.3.3. Additifs
3.4. Méthodes pratiques de compostage
3.4.1. Les différents types de compost
3.4.2. Les différentes méthodes de compostage
3.4.3. Critères d’évaluation de la qualité d’un compost :
4. Utilisation du compost
4.1. Effets de l’utilisation du compost
4.2. Avantages de l’utilisation du compost
4.2.1. Aspects agronomiques
4.2.2. Aspects socio-économiques
4.2.3. Aspects environnementaux
4.3. Les contraintes et limites du compostage
4.3.1. Aspects agronomiques
4.3.2. Aspects socio-économiques
4.3.3. Aspects environnementaux
5. Etude de cas : Exemple de compostage
6. Analyses et recommandations générales
6.1 Constat des problèmes
6.2 Solutions proposées
7. Conclusion
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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