Aspects cliniques et epidemiologiques des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

ASPECTS CLINIQUES ET EPIDEMIOLOGIQUES DES MALADIES INFLAMMATOIRES CHRONIQUES DE L’INTESTIN

Généralités

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) constituent un des problèmes majeurs de la gastroentérologie du 21ème siècle. Elles touchent aujourd’hui près de 2,5 millions de personnes dans le monde1,2 . Les MICI se définissent par une inflammation chronique de l’intestin grêle ou du gros intestin. Cette inflammation non contrôlée par le système immunitaire va altérer une partie de l’intestin. Elles se caractérisent par des lésions inflammatoires pouvant atteindre l’ensemble du tractus gastro-intestinal, conséquence d’une réponse immunitaire intestinale inadaptée à l’encontre des bactéries habituelles de la flore intestinale2 . Bien que la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH) fassent partie d’un même groupe de maladies, leur expression clinique et leur évolution sont différentes. La MC est une affection intestinale pouvant affecter l’ensemble du tractus gastro-intestinal, de la bouche à l’anus, elle se caractérise par une inflammation discontinue de la paroi de l’intestin (alternance de tissus sains et malades)3,4 . Dans le cas de la RCH, les atteintes inflammatoires sont continues et sont généralement limitées au côlon et rectum .

Epidémiologie des MICI

Une pathologie affectant des personnes de tout âge:
Les MICI touchent principalement les sujets jeunes. Longtemps considérée comme une maladie se déclarant uniquement chez les jeunes individus, 10 à 30% des patients développent néanmoins une MICI à l’âge de plus de 60 ans /

Et qui se mondialise :
Durant ces dernières années, l’incidence (nombre de nouveaux cas par an/10⁵ habitants) et la prévalence (nombre total de cas/10⁵ habitants à une période donnée) des MICI ne cessent d’augmenter dans le monde entier. L’incidence des MICI dépend des zones géographiques. De fortes incidences de ces pathologies digestives ont été reportées en Europe du Nord et en Amérique du Nord, essentiellement dans les pays développés tels que le Canada, l’Islande, le Royaume-Uni et l’Australie. Similairement, la prévalence des MICI reste très élevée en Europe et au Canada .

Les MICI, traditionnellement limitées aux pays occidentaux industrialisés (Amérique du Nord et Europe de l’Ouest), deviennent des pathologies communes à de nombreux pays ayant adopté le style de vie occidental14 (Figure 1). Les MICI commencent ainsi à toucher aussi bien les pays développés que les pays en voie de développement15 . Durant ces trois dernières décennies, les populations d’Asie et d’Europe de l’Est, qui étaient considérées jusque-là comme à faible risque, sont témoins d’une augmentation substantielle de cas de MICI .

Expression clinique des MICI

Symptomatologie

Les MICI sont des pathologies qui affectent et altèrent la qualité de vie personnelle et professionnelle des patients18,19 . La majorité des patients atteints de la MC présentent des diarrhées (chez 70-90% des patients) ou des diarrhées sanglantes, la malnutrition20 , des douleurs abdominales (chez 45-66% des patients), et une perte de poids (chez 65-70% des patients). Les saignements du rectum constituent un des symptômes les plus représentatifs chez les patients atteints de la MC à localisation rectale21 . Dans le cas de la RCH, les manifestations cliniques incluent les diarrhées sanglantes et glaireuses, une hémorragie de type pétéchiale, et les tissus de granulation .

Complications :
Les principales complications de la MC sont les maladies périanales qui incluent les fissures, les ulcères anales, les fistules, les abcès et les sténoses, qui dénotent généralement un phénotype très agressive de la MC21 . D’autres complications peuvent se localiser en dehors de l’intestin et provoquer des manifestations rhumatismales (arthrite, spondylarthrite ankylosante), oculaires (uvéites, épisclérite) et/ou cutanées (érythème noueux, pyoderma gangrenosum), ainsi qu’au niveau du système hépatobiliaire (cholangite sclérosante primitive) .

Diagnostic des MICI 

Les manifestations cliniques d’une MICI sont aspécifiques et difficiles à discriminer d’une atteinte fonctionnelle du tube digestif24 . Le diagnostic d’une MICI résulte de l’association de données cliniques, biologiques (anémie, protéine C réactive (CRP) élevée, leucocytose), endoscopiques, histologiques et radiologiques .

Examens biologiques :
Les biomarqueurs constituent un rôle important dans la prise en charge des MICI. En effet, ces molécules biologiques peuvent contribuer au diagnostic précoce des MICI, à la détermination de l’activité de la maladie, et à la prédiction de la réponse au traitement médical27 . Elles incluent la CRP, des biomarqueurs fécaux (calprotectine, lactoferrine, la néoptérine, la protéine S100A12…), des biomarqueurs immunologiques (anticorps antiSaccharomyces cerevisiæ (ASCA), anticorps anti cytoplasme des polynucléaires neutrophiles (pANCA), flagelline bactérienne (Immunoglobuline G anti-CBir1) 27 . L’endoscopie reste toutefois l’examen incontournable de la prise en charge des MICI28 . Cette technique, permettant de visualiser l’intégralité du rectum et le côlon, apporte des précisions sur l’étendue de la maladie, sa sévérité et permet notamment de différencier les MICI entre elles .

Examens endoscopiques et histologiques

Dans le cas de la MC

Dans le cas de la MC, l’endoscopie montre classiquement une atteinte discontinue de la muqueuse intestinale alternant des zones saines avec des zones lésées30 . Histologiquement, la lésion élémentaire est le granulome épithéloïde et gigantocellulaire31,19 (Figure 3), présent dans 30 à 60% des cas .

Dans le cas de la RCH

Dans le cas de la RCH, les lésions inflammatoires sont continues, sans intervalle de muqueuse saine et sans atteinte du haut tractus gastrointestinal32 . Chez les patients présentant une RCH, l’examen microscopique révèle la présence d’anomalies épithéliales, des abcès cryptiques33,19 (Figure 4a), un infiltrat inflammatoire diffus transmuqueux33 et des pseudopolypes .

Malheureusement, de nos jours, il n’existe aucun traitement curatif et la plupart des patients a recours à une résection chirurgicale ou un traitement médical à vie .

Stratégies thérapeutiques

L’approche des traitements contre les MICI consiste en trois objectifs principaux:
1. induire et maintenir la rémission;
2. prévenir les complications liées à la maladie;
3. améliorer la qualité de vie et minimiser les effets indésirables22 . Les stratégies de traitement sont orientées en fonction de la gravité de l’inflammation, et tiennent compte de l’histoire de la maladie5 . Les principales clases thérapeutiques utilisées dans le traitement des MICI sont : les antiinflammatoires (incluant les aminosalicylés et les corticostéroïdes), les immunosuppresseurs, et les agents de biothérapie .

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Table des matières

INTRODUCTION
CHAPITRE 1 : ASPECTS CLINIQUES ET EPIDEMIOLOGIQUES DES MALADIES INFLAMMATOIRES CHRONIQUES DE L’INTESTIN
I. Généralités
II. Epidémiologie des MICI
1. Une pathologie affectant des personnes de tout âge
2. Et qui se mondialise
III. Expression clinique des MICI
1. Symptomatologie
2. Complications
IV. Diagnostic des MICI
1. Examens biologiques
2. Examens endoscopiques et histologiques
2.1 Dans le cas de la MC
2.2 Dans le cas de la RCH
V. Stratégies thérapeutiques
1. Dans la maladie de Crohn
2. Dans la rectocolite hémorragique
3. Traitement chirurgical
CHAPITRE 2 : ETIOLOGIE DES MALADIES INFLAMMATOIRES CHRONIQUES DE L’INTESTIN.
I- Facteurs génétiques
1. Gène NOD2
2. Gène ATG16L1
3. Gènes IRGM et MDR1
II- Anomalies du système immunitaire
III- Facteurs environnementaux
1. Tabagisme
2. Antibiothérapie
3. Alimentation
4. Allaitement maternel
5. Hypothèse de l’hygiène
6. Espèces réactives de l’oxygène
7. Troubles de l’humeur et facteurs psychosociaux
IV- Rôle de la microflore bactérienne
1. Généralités
2. Mise en place du microbiote intestinal
3. Stabilité
4. Fonctions du microbiote intestinal
4.1 Métabolisme des nutriments
4.2 Protection de l’hôte et développement du système immunitaire
5. Composition du microbiote intestinal
6. Maintien de l’homéostasie intestinale par les mécanismes immunitaires
7. Dysbiose
CHAPITRE 3 : LE PATHOVAR E. coli ADHERENT ET INVASIF (AIEC) ET SON IMPLICATION DANS LES MICI ?
I. E. coli et MICI
1. Etude de la proportion des E. coli dans la muqueuse intestinale des patients atteints de MICI
2. Recherche de corrélation entre l’activité de la MICI et la quantité des E. coli
3. Caractéristiques pathogéniques des souches E. coli de patients atteints de MICI
II. Définition de l’AIEC
III. Mécanismes utilisés par le pathovar AIEC dans le contexte inflammatoire
1. Différents mécanismes utilisés par le pathovar AIEC dans le contexte des MICI
2. Facteurs de virulence du pathovar AIEC
2.1 Les flagelles
2.2 Les fimbriae
2.3 Le LPS
2.4 Les protéines autotransporteuses
2.5 Autres facteurs de virulence
IV. Méthodologie d’identification de l’AIEC
V. Prévalence des AIEC dans les MICI vs sujets sains
5.1 Prévalence des AIEC chez les patients atteints de la MC
5.2 Prévalence des AIEC chez les patients atteints de RCH
5.3 Prévalence des AIEC chez des sujets sains
VI. Questionnement sur les AIEC
6.1 Rôle primaire ou secondaire des AIEC dans les MICI
6.2 Persistance des AIEC dans les MICI et sujets sains
6.3 Réservoir et habitat des AIEC
OBJECTIFS DU PROJET DE RECHERCHE
PARTIES EXPERIMENTALES
Recherche des AIEC dans les matières fécales des patients atteints de MICI versus
CONCLUSION

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