APPROCHE THEORIQUE ET EMPIRIQUE DE L’INFLATION

Déflation et désinflation

                  Si l’inflation caractérise la hausse des prix, le contraire de ce phénomène est la baisse de prix. Il s’agit alors de la déflation. Une déflation désigne la diminution générale des prix à cause de la baisse de la demande qui entraîne aussi une baisse des activités économiques. Il se pourrait aussi qu’elle soit due à la baisse de la masse .monétaire. En ce qui concerne la désinflation, il s’agit d’une augmentation toujours des prix, mais à un rythme moins important qu’auparavant.

La version des monétaristes

                 La théorie de Milton Friedman10 prolonge la théorie quantitative de la monnaie. Pour cet économiste américain « la cause immédiate de l’inflation est toujours partout la même : un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production » et il a aussi annoncé que « le seul moyen dont dispose le gouvernement pour lutter contre l’inflation consiste à dépenser moins et à fabriquer moins de monnaie ». Il considère que toute augmentation de la quantité de monnaie supérieure à celle de la production conduit à une hausse des prix. Or, l’inflation est source de déséquilibre puisqu’elle nuit à la compétitivité et altère les anticipations des agents économiques. Milton Friedman soutient qu’à court terme, une augmentation de la masse monétaire se répercute sur le niveau général des prix mais également sur le volume de la production car il n’y a pas plein emploi des facteurs de production. A long terme, la théorie quantitative est à nouveau vérifiée.

Les fluctuations cycliques seraient sinon provoquées, du moins aggravées par les politiques monétaires. C’est pour cela qu’il propose une règle monétaire, à savoir que la masse monétaire doit varier à un taux constant, égal au taux de croissance à long terme de la production nationale. Pour lier, toute augmentation de la quantité de monnaie M entraîne une augmentation des prix (P) car la vitesse de la monnaie V est constante, c’est à dire que la demande de monnaie ne varie pas et le volume des transactions (T) est à son maximum en raison du plein emploi des facteurs de production. L’équation de cette théorie s’écrit : MV = PT, l’inflation est ainsi un phénomène strictement monétaire.

Inflation importée

                   Si on considère un pays qui n’affiche pas de signe d’inflation domestique, on peut dire que celui-ci ne peut pas s’échapper de l’inflation d’origine étrangère. Le pays en question peut contracter l’inflation à partir d’un autre pays qui lui est partenaire et en plus qui vit dans un environnement inflationniste. Des causes externes de l’inflation peuvent emmener à une inflation par la demande. Soit la situation suivante : si les prix à l’étranger s’élève, un pays domestique serait encouragé à exporter davantage pour en tirer profit, un accroissement des exportations est donc probable. Ainsi, l’offre au sein du pays domestique se trouve diminuer. Par suite, il est évident que le déséquilibre entre et la demande domestique se traduira par une élévation des prix. Et si cette situation touche plusieurs secteurs, et que la hausse devient effective, on parle alors d’inflation. Une autre situation entraînant une inflation importée, qui est très fréquente, est l’élévation des prix des biens importés.

Cette hausse va augmenter le coût de production des biens fournis par les entreprises locales, surtout si ces biens sont des inputs. Une hausse de prix des produits importés est source de tensions inflationnistes. A vrai dire, si le produit en question est un produit incompressible pour l’économie d’un pays, c’est-à-dire un produit stratégique pour que l’économie d’un pays donné marche (on peut citer le cas de pétrole, des matières premières, etc.), cela ne peut que provoquer un impact très grave au niveau des coûts de production si le produit en question doit être importé de l’étranger et en plus où l’inflation règne.

Les impacts sur l’Offre globale et demande globale

              L’offre des entreprises est une fonction croissante. Une augmentation du niveau général des prix entraîne une augmentation moindre du salaire nominal. Cette situation incite les entreprises à produire davantage pour en tirer le profit maximum. Ainsi, l’augmentation des prix élève le niveau de production et accroisse l’offre globale. L’inflation favorise donc l’augmentation de l’offre sur le marché des biens et services. Pour la demande globale, si le niveau général des prix augmente, l’offre d’encaisse réelle diminue. Cette situation provoque une augmentation du taux d’intérêt qui à son tour décourage la demande de biens d’investissement des entreprises. L’augmentation des prix fait diminuer le revenu des consommateurs. Et cela entraîne une diminution de la demande globale.

L’augmentation de la population

                L’accroissement de la demande lié à la croissance démographique est un facteur qui peut favoriser l’inflation par la demande. Cela se manifeste par une augmentation de la population supérieure à l’augmentation de la production globale. Selon l’économiste anglais David Ricardo27, l’augmentation de la population est source de l’inflation quand celle-ci suscite l’accroissement de la demande. L’accroissement de la demande induit par cette augmentation de la population diminue l’offre globale. Cela s’explique par une croissance démographique supérieure à la croissance de la production. Cette augmentation de la demande favorise l’augmentation de prix, alors, l’inflation s’accentue. Pour le cas de Madagascar, la population active ne représente qu’environ la moitié de la population totale y compris les chômeurs. Cette structure de la population présente des répercussions sur l’offre. En effet, le PIB ne s’accroît pas en proportion égale avec l’accroissement de la population. Marcel Rudolff a déjà exprimé cette remarque en avançant que les économies du tiers monde contemporain, qu’elles soient en développement ou stagnantes sont menacées d’inflation lorsque la croissance démographique multiplie les consommateurs alors que stagne la production. (2-46)

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Table des matières

INTRODUCTION
PARTIE I : APPROCHE THEORIQUE ET EMPIRIQUE DE L’INFLATION
Chapitre I : Approche théorique de l’inflation 
I. Notion d’inflation
I.1 Définitions
I.2 Historique
I.3 La mesure de l’inflation
II. Les origines de l’inflation
II.1 L’inflation d’origine monétaire
II.1.1 Généralités sur la monnaie
II.1.2 La théorie quantitative de la monnaie
II.1.3 La version des monétaristes
II.1.4 La version keynésienne de la monnaie et l’inflation
II.1.5 La version de Von Mises et Von Hayek
II.2 Sous l’angle de la demande
II.3 Sous l’angle de l’offre
II.3.1 Inflation par les coûts ou push inflation
II3.2 Inflation importée
II.4 Sous l’angle fiscale
II.5 L’inflation salariale ou l’inflation marxiste
III. Les impacts de l’inflation
III.1 Les impacts sociaux
III.1.1 Impact sur la répartition des revenus
III.1.2 L’inflation et le chômage
III.2 Les impacts économiques
III.2.1 Les impacts sur l’Offre globale et demande globale
III.2.2 Croissance économique
III.2.3 Inflation et taux de change
Chapitre II : L’inflation à Madagascar 
I. Les principales causes de l’inflation à Madagascar
I.1 La rigidité de l’offre
I.2 L’augmentation de la population
I.3 Les facteurs naturels
I.4 La dépréciation de l’Ariary
I.5 L’augmentation des prix du pétrole
II. Analyse de l’évolution de l’inflation à Madagascar de 2000 à 2009
II.1 Aperçu de l’inflation à Madagascar
II.1.1 Contexte
II.1.2 Avant la crise de 2002
II.1 .3 Entre les deux crises de 2002 et de 2009
Année 2002
Année 2003
Années 2004-2006
Années 2007-2008
Année 2009
II.2Analyse de la variation des prix à Madagascar
PARTIE II : LES MOYENS DE LUTTE CONTRE L’INFLATION ET PROPOSITION DE SOLUTIONS
Chapitre I : Les politiques anti-inflationnistes
I. Politique monétaire et du crédit
II. Politique budgétaire et fiscale
III. La politique de contrôle des prix ou le blocage des prix
IV. Autres politiques anti- inflationnistes
IV.1 Politique des revenus
IV.2 La politique d’Open Market
Chapitre II : Les mesures prises pour juguler l’inflation
I. Les solutions adoptées pour les réalités malgaches
I.1 Amélioration de la productivité et du rendement
I.2 Les solutions apportées par l’Etat
I.3 Les solutions possibles avancées par la Banque Centrale
II. Suggestions
II.1 La politique d’exportation agressive
II.2 La règlementation des importations
II.3 La promotion de la production : la politique de l’Offre
II.4 La pratique du taux de change fixe mais ajustable
II.5 La politique monétaire sur le principe : crédit = création de richesse
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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