Analyse économique de la politique nationale de gestion de risques et de Catastrophes

Contexte de l’étude

Madagascar, étant donné son climat tropical, n’est pas épargné par les catastrophes naturelles. Plusieurs régions de l’île sont touchées régulièrement par des cataclysmes naturels : cyclone, sécheresse, inondations. Pour les populations, ces phénomènes, même s’ils sont saisonniers et éphémères laissent des dégâts énormes dans les domaines socioéconomique et écologique sur des longues périodes suivant leurs violences et puissances. Si la sécheresse et l’invasion des criquets ravageurs frappent les zones arides telles que l’extrême sud de Madagascar, les cyclones traversent les zones côtières de L’Est et du SudOuest pendant la période de novembre à avril (soit presque la moitié de l’année).

Dans le cadre de ce mémoire, nous avons choisi la commune rurale de Maromitety dans la cote Est de Madagascar, une zone marquée par le passage régulier des cyclones. L’étude de cette zone est particulièrement intéressante dans la mesure où elle possède une potentialité économique énorme de par ses ressources humaines (zone fortement peuplée) et naturelles (zone vaste et riche en ressources naturelles, existence de réseaux hydrauliques). Le passage des cyclones constitue toutefois un obstacle majeur à la valorisation de ces ressources. Il rend aussi bien pauvres que vulnérables les populations locales. Ce constat nous conduit à procéder à une « ANALYSE ECONOMIQUE DE LA POLITIQUE NATIONALE DE GESTION DE RISQUES ET DE CATASTROPHES : cas des passages cycloniques à Maromitety», qui constitue à la fois l’intitulé et l’objet de ce mémoire.

Le contexte macroéconomique et social malgache

Situation générale

Démographie

Madagascar avec une population estimée à 19.448.815 habitants en 2007, a une croissance démographique de 3,008% (Statistique mondiale, 2008), soit un effectif de 20.033.835 en 2008. Ce taux de croissance démographique est considérablement élevé par rapport à l’accroissement de la productivité et au développement économique dans son ensemble. Cela a une répercussion sur le niveau de pauvreté de la population. En 2007, la densité moyenne est de 33 habitants au km², les Hautes Terres étant plus densément peuplées, que les côtes. La population féminine domine à Madagascar avec un pourcentage de 51% par rapport à l’ensemble de la population, soit un effectif de 1.300 248 personnes. Les hommes ne représentent donc que 49% soit 1.249.258 personnes (INSTAT, 2007). Du point de vue démographique, la population malgache est composée de couche urbaine et rurale. En 2008, les ruraux comptent 15. 025 376 habitants, soit 74,99% de la population totale. Ces chiffres montrent une mauvaise répartition démographique à Madagascar. La présence de ce dualisme ville/campagne explique la structure sociale, économique et culturelle de la population malgache (population à majorité agricole, par exemple). Ce déséquilibre a particulièrement des répercutions sur l’inégalité socioéconomique à Madagascar. En effet, la pauvreté est relativement plus profonde dans le milieu rural. Par ailleurs, seulement la moitié de la population malgache est active avec un effectif de 10. 117. 087 (50,5% de la population totale). Rappelons que cette part de population comprise entre 18 et 60 ans. Par conséquent, 49,5% de la population totale constitue une lourde charge pour le pays. Cela explique évidement le niveau de la production nationale. (INSTAT2007).

Infrastructures sociales de base

– Assainissement et eau potable
Les infrastructures d’adduction d’eau potable et d’assainissement sont déficitaires. Certaines localités très reculées ne disposent plus de centre de santé de base et d’école ; il n’est pas rare de trouver des villages voire des communes dont la population puise de l’eau dans des rivières. A titre illustratif, le pourcentage de la population ayant accès à l’eau potable tourne autour de 40% entre 2003 et 2007 (PRM/SGMAP, Octobre 2008). Ce pourcentage est entre 50 et 58% pour l’accès aux infrastructures d’hygiène (même source). Ces données expliquent le niveau de santé de la population et particulièrement la mortalité infantile qui s’élève à 57% et l’espérance de vie moyenne à la naissance de 62 ans. Encore une fois, ces chiffres ne sont pas toujours les mêmes entre ville et campagne.
– Transport
En ce qui concerne les infrastructures de transport, un grand effort est constaté depuis quelques années. La plupart des grandes villes sont depuis 2004 connectées par des routes goudronnées (réhabilitation des routes existantes reliant des districts et chef lieux de régions). Cependant, la majorité des communes rurales connaissent des difficultés de circulation surtout pendant la période de pluie. 43% des routes sont encore en mauvais état (PRM/SGMAP, octobre 2008). Certaines zones restent encore enclavées. Le cas du District de Maroantsetra en est un exemple. La plupart des Fokontany est déconnectée du chef lieu de Commune. A ces problèmes d’enclavement s’ajoutent l’augmentation incessante du prix du carburant entraînant le coût de transport insupportable (augmentation généralisée des frais de transport de 30% en 2008)
– Secteur éducation
Le taux de scolarisation est encore faible à Madagascar. Malgré les efforts effectués en la matière, cette faiblesse est encore constatée à tout niveau. Par exemple pendant l’année scolaire 2007-2008, le taux d’achèvement du Cycle Primaire est de 60,20%, c’est-à-dire 30,80% (Ministère de l’éducation nationale, Octobre 2008) des enfants scolarisés n’achèvent pas le cycle primaire. Les principales raisons de cet abandon sont essentiellement la pénurie des moyens financiers des parents, le manque d’infrastructures, l’insuffisance des enseignants conduisant aux mauvais résultats et l’importance accordée à l’éducation surtout dans le monde rural. A cet égard, il existe une différence manifeste entre les villes et les campagnes. Les causes majeures du fossé rural-urbain sont le déséquilibre des infrastructures et du personnel scolaire. Il se trouve aussi que les villes sont polyvalentes et attractives, avec une économie plus performante que l’agriculture, elles sont dotées des biens et services publics de base nécessaires à l’investissement et au progrès de la technologie. Aussi, l’instabilité de la politique d’éducation a- t-il secoué la base du système d’éducation.

Par ailleurs, ces infrastructures ne font pas l’objet d’entretiens réguliers, les rendant très vulnérables aux chocs externes (catastrophes naturelles, vieillissement des matériaux et des équipements, etc.). La politique de l’éducation actuelle vise entre autres à multiplier le nombre des établissements scolaires notamment dans les milieux ruraux. Une Ecole Primaire Publique (EPP) chaque fokontany, un Collège d’Enseignement Général (CEG)/Lycée dans chaque commune et une université dans chaque région Le taux de scolarisation dans les milieux urbains oscille entre 70 à 90%. Dans les milieux ruraux, ce taux est compris entre 50 à 80% (état d’avancement de la réalisation de MAP, 2008). Les CEG et Lycées se trouvent dans des communes voire Districts lointains favorisant l’absentéisme des étudiants. Ces dernières années, la contribution des établissements scolaires privés et confessionnels à la scolarisation des enfants à Madagascar a contribué au développement de l’alphabétisation infantile. Mais l’analphabétisme chez les adultes reste un problème à résoudre.

– Secteur Santé
A Madagascar, le secteur santé est marqué par la persistance des maladies endémiques et recrudescence des nouvelles maladies épidémiques. Les maladies endémiques sont le paludisme, tuberculose, poliomyélite,… Les nouvelles maladies sont les IST/VIH/SIDA, cholera, peste,… On assiste ainsi à une augmentation de la mortalité et de la morbidité qui atteint des chiffres alarmants : 600.000 personnes affectées, dont 200 morts, 150 blessés et 100 disparus entre 2007 et 2008 (Comité permanente du gouvernement, 2007). Presque toutes les tranches d’âges sont concernées par ces épidémies et pandémies.

Il existe également un besoin pressant d’accès aux services de base (nourriture, abris, éducation, santé). A cela s’ajoute l’augmentation du risque épidémique de cholera, rougeole, maladies diarrhéiques, méningite, fièvres, etc. Seulement pour la saison cyclonique de 2008 le Comité de Réflexion en cas de Catastrophe (CRIC) a prévu une assistance pour 60.000 personnes sur une durée de deux fois 15 jours (CRIC, novembre 2007).

Situation économique

Données globales

Madagascar est classée parmi les pays les moins avancés (PMA), à faible revenu et à déficit vivrier (Banque mondiale, 2008). Le secteur primaire occupe une place essentielle dans l’économie malgache. Bien qu’il mobilise la quasi majorité de la population active de Madagascar (75,4% de la population active travaille dans le secteur agricole) et contribue à la hauteur de 80% des exportations. Cependant, il ne constitue que le tiers du PIB (INSTAT, 2005). Les principales activités du secteur primaire sont : l’agriculture, avec principalement les cultures vivrières (riz, maïs, patate douce, manioc), les cultures d’exportation et les cultures industrielles (Coton, canne à sucre). La province d’Antananarivo regroupe plus des deux tiers des Entreprises industrielles du pays. La part du secteur tertiaire (55,5% du PIB en 2005) comprenant le secteur informel est prépondérante à Madagascar (INSTAT, 2005). C’est le secteur qui contribue le plus au PIB, à travers ses différentes branches d’activités (tourisme, transport, zones franches, télécommunications, sous-traitance/saisie data). Le secteur tourisme est le troisième secteur national pourvoyeur de devises après les épices et la pêche.

Bref, Madagascar est un pays agricole mais avec une productivité relativement faible par rapport aux autres secteurs d’activité (commerce, tourisme, service…). Cela veut dire qu’une grande majorité de la population occupe des activités non rentables qui explique le faible niveau de PIB du pays. Par exemple la production rizicole s’élève à 3.800.000 tonnes en 2008 face à un besoin de 10 862 069 tonnes (Etat d’avancement de la réalisation du MAP, 2008). Le revenu agricole est largement insuffisant pour couvrir les besoins de la population.

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Table des matières

Introduction générale
Partie I : cadre général : monographie de Madagascar et approche théorique de gestion de risques et de catastrophes
Chapitre 1 : Monographie socio-économique de Madagascar
Section1 : Contexte macro-économique et social à Madagascar
Section 2 : Analyse de la vulnérabilité à Madagascar
Chapitre 2 : Fondement théorique : « approche par la capabilité »
Section 1 : La notion de capabilité
Section 2 : Capabilité, vulnérabilité et pauvreté : quel rapport ?
Partie II- Analyse économique de l’efficacité de la politique nationale de gestion de risque et de catastrophes
Chapitre 3 : Etat de lieux sur la politique nationale de gestion de risques et de catastrophes
Section 1 : Cadres généraux et évolution de la gestion de risques et de catastrophes
Section 2 : La Politique nationale actuelle de GRC
Chapitre 4 : Etude de cas de Maromitety
Section 1 : Présentation du contexte local
Section 2 : Atouts et faiblesses de la politique nationale de gestion de risques et de catastrophes
Conclusion générale

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