Analyse descriptive de la dynamique de la pauvreté

Analyse statistique de la dynamique de la pauvreté

L’analyse de la dynamique de la pauvreté par décomposition est intéressante puisqu’elle permet de dresser un portrait des scénarios de pauvreté expérimentés en fonction des différentes caractéristiques socio-démographiques. Cependant, elle ne permet pas d’analyser l’effet de ces variables sur la dynamique de la pauvreté d’un point de vue statistique. Certains auteurs ont approfondi cette analyse et ont plutôt étudié l’effet des caractéristiques personnelles sur les transitions dans la pauvreté ou sur la probabilité de vivre une situation de pauvreté.

Au Canada, Finnie et Sweetman (2003) sont parmi les premiers à utiliser les méthodes statistiques pour analyser les déterminants des transitions dans la pauvreté. Ils figurent parmi les seuls auteurs qui se sont intéressés à la modélisation de l’entrée dans la pauvreté en plus de modéliser la sortie de la pauvreté. Comme Beach et Finnie (2004) et Veall (2008), Finnie et Sweetman (2003) ont mené leur étude à l’aide de la DAL. Dans un premier temps, ils complètent une analyse descriptive des scénarios de pauvreté selon le profil des individus. À l’aide de cette segmentation, les auteurs illustrent la dynamique de pauvreté à travers des arbres de probabilité, dans le but de comprendre quel type de personne est plus à risque d’expérimenter une situation de pauvreté qui s’échelonne sur plusieurs années. Leurs résultats démontrent que la composition d’un ménage influence significativement les mouvements d’entrée et de sortie dans la pauvreté.

En effet, les familles monoparentales et les individus vivant seuls ont une probabilité plus forte d’entrer en situation de pauvreté, et une probabilité plus faible d’en sortir, que les ménages composés de deux personnes. Cet effet est encore plus important pour les mères monoparentales. Finnie et Sweetman (2003) analysent ensuite l’incidence de la pauvreté selon les différentes caractéristiques des individus à l’aide d’un modèle à effets fixes. Ils cherchent ainsi à déterminer de quelle façon les changements dans les caractéristiques personnelles influencent la probabilité qu’une personne se retrouve en situation de pauvreté.

Par ailleurs, le fait de passer d’un statut de célibataire à une situation de couple réduit l’incidence de la pauvreté, autant pour les hommes que pour les femmes, mais le fait de passer de célibataire à monoparental augmente grandement la probabilité de se retrouver en situation de pauvreté. Finalement, les résultats suggèrent que le nombre d’années passées dans la pauvreté a une influence significative sur la séquence de pauvreté vécue par un individu. Alors que Finnie et Sweetman (2003) ont analysé de façon globale l’effet des caractéristiques individuelles sur la dynamique de la pauvreté, certains auteurs ont plutôt étudié les différents sous-groupes de la population qui peuvent s’avérer plus vulnérables.

Tout comme Veall (2008), Schirle (2013) s’est intéressée à la dynamique de la pauvreté chez les aînés canadiens en tentant de déterminer si les caractéristiques sociodémographiques pouvaient influencer la pauvreté à travers ce sous-groupe de la population. Contrairement à Veall (2008) qui utilise une analyse plutôt descriptive, Schirle (2013) utilise la décomposition Oaxaca-Blinder. Cette méthode tente d’expliquer la vraisemblance de la pauvreté conditionnelle aux caractéristiques des individus aux deux périodes étudiées.

Elle permet notamment d’expliquer la diminution de la pauvreté résultant des changements dans les caractéristiques des aînés et des changements structurels. Schirle (2013) utilise les données provenant de l’EDTR ainsi que les données de l’Enquête sur les finances des consommateurs (EFC). Corroborant les constats de Veall (2008), Schirle (2013) soutient aussi que le fait d’être né au Canada et avoir l’anglais comme langue maternelle réduiraient la probabilité qu’un aîné dispose d’un revenu sous les différents seuils de pauvreté. Par ailleurs, la composition du ménage et le lieu de résidence auraient aussi un effet significatif sur la pauvreté d’un aîné. Schirle (2013) pousse l’analyse plus loin et constate que l’éducation serait aussi un déterminant significatif de la pauvreté chez les aînés et que l’âge aurait un effet positif et significatif sur la pauvreté chez les 65 ans et plus.

Toutefois, cet effet serait considérablement plus petit après l’introduction des prestations gouvernementales aux ainés. Somme toute, les résultats obtenus par Schirle (2013) soutiennent que la diminution importante de la pauvreté chez ce sous-groupe de la population est en grande partie reliée à l’instauration de politiques publiques telles que l’introduction des prestations gouvernementales aux ainés.

Problématique

Les études recensées dressent un portrait des caractéristiques de la pauvreté. Toutefois, certaines limites persistent. Dans un premier temps, bien que certaines études portent sur des sous-groupes de la population qui peuvent s’avérer plus vulnérables, aucune analyse comparative entre les provinces n’a été réalisée à l’aide de méthodes statistiques. Une segmentation de la population canadienne pourrait s’avérer intéressante afin de déceler les différences entre les provinces. Par ailleurs, les bases de données longitudinales utilisées constituent une limite importante à l’analyse statistique dynamique, puisqu’elles ne couvrent que quelques années.

Par exemple, l’utilisation de l’EDTR, qui constitue une des bases de données les plus récentes, ne couvre que 6 ans et ne permet pas d’analyser la pauvreté sur une longue période. Finalement, la plupart des études ne s’intéressent qu’à l’effet des caractéristiques sur la transition hors de la pauvreté et ne modélise pas l’entrée dans la pauvreté. Afin de répondre aux limites identifiées, la présente étude s’intéresse à l’effet des caractéristiques individuelles sur la probabilité de transition dans la pauvreté et ce, en tenant compte de différents scénarios de transition, tels que suggéré par Curtis et Rybczynski (2014). Une des principales contributions est que l’analyse statistique porte également sur l’effet des caractéristiques personnelles sur l’entrée dans la pauvreté.

Le présent travail utilise une base de données longitudinale qui couvre près de trois décennies, soit l’Étude longitudinale et internationale des adultes (ÉLIA), ce qui n’a jamais été réalisé auparavant au Canada. Pour terminer, la méthodologie utilisée par Curtis et Rybczynski (2014) est reproduite avec des données qui couvrent une période plus importante, ce qui assure une meilleure représentativité des résultats. Différents scénarios d’entrée sont également analysés en utilisant la même modélisation. Finalement, le présent mémoire propose une analyse comparative entre le Québec et l’Ontario. Nous chercherons donc à voir s’il existe une différence significative entre la sortie et l’entrée dans la pauvreté au Québec par rapport à l’Ontario.

Analyse des risques concurrents

L’analyse des risques concurrents généralise l’analyse de survie standard telle que précédemment décrite aux cas dans lesquels les sujets sont exposés à plus d’un événement. Par exemple, dans le cas de la sortie ou de l’entrée dans la pauvreté, plusieurs scénarios sont possibles. Un ménage peut sortir ou entrer dans la pauvreté tout juste au seuil, moyennement au-dessus ou en dessous du seuil ou loin du seuil. Ces événements ne peuvent pas être interprétés de la même façon, ce qui justifie l’utilisation d’une analyse des risques concurrents. Allison (2009) suggère en premier lieu de procéder à une régression logistique qui modélise la probabilité qu’un événement se produise en ne faisant aucune distinction entre les types d’événements.

Ensuite, en ne conservant que les individus pour lesquels des événements se sont produits, une régression multinomiale peut être réalisée sur les différents types d’événements. C’est de qui a été réalisé dans le cadre de la présente recherche. Tel que suggéré par Curtis et Rybczynski (2014), les déterminants qui influencent la probabilité qu’un individu sorte de la pauvreté varient en fonction du scénario de sortie, à savoir si ce dernier sort juste au-dessus du seuil de faible revenu ou s’il sort considérablement audessus de ce seuil. Par le fait même, ceux qui sortent à peine de la pauvreté et dont le revenu est situé très près du seuil établi sont généralement ceux qui ont le plus de chance de retourner dans la pauvreté (Finnie et Sweetman (2003)).

En effet, si nous connaissons les caractéristiques individuelles qui font en sorte qu’une personne sorte de la pauvreté avec un revenu beaucoup plus élevé que le seuil établi, il est peu probable d’observer un retour en situation de pauvreté. Il est donc pertinent de s’intéresser à ces individus afin d’élaborer des politiques publiques efficaces qui préviendront la pauvreté. Inspirée par les conclusions de Curtis et Rybczynski (2014), l’analyse portera notamment sur différents scénarios de sortie de la pauvreté afin de capter l’effet des caractéristiques personnelles pour chacun des scénarios. Tel que suggéré par Curtis et Rybczynski (2014), les différents scénarios de sortie de la pauvreté analysés sont énoncés dans le tableau 2.1.

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Table des matières

Introduction
1 Revue de littérature 3
1.1 Analyse descriptive de la dynamique de la pauvreté
1.2 Analyse statistique de la dynamique de la pauvreté
1.3 Principaux constats
1.4 Problématique
2 Méthodologie
2.1 Notions de faible revenu
2.2 Modèles de survie en temps discret
3 Données et échantillonnage
3.1 Base de données
3.2 Échantillon
3.3 Variables
3.4 Statistiques descriptives
4 Résultats
4.1 Sortie de la pauvreté
4.2 Entrée dans la pauvreté
5 Discussion
5.1 Principaux constats
5.2 Limites
Conclusion
Bibliographie

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