Analyse de l’impact des mutations spatiales sur les structures agraires

Située dans la région de Thiès et dans le département de Mbour, la communauté rurale de Sindia est créée en 1996. Elle se niche sur la route nationale 1 (RN1), à 65 km de Dakar et subit une forte influence de celui-ci mais également de celle de la ville de Thiès et de Mbour.

Elle est limitée au Nord par la communauté rurale de Diass, au Sud par celle de Malicounda, à l’Est par les arrondissements de Notto, de Sésséne et de Fissel, à l’Ouest par les communes de Ngaparou, de Somone et majoritairement par l’Océan Atlantique. Elle est constituée de 17 villages, répartis en 3 zones :
-La zone SAFENE, La plus vaste du point de vue de sa superficie et de sa population est constituée de sept villages: Ndiorokh-Ndioutane, Sindia, Kiniabour 1, Kiniabour 2, Sorokhassap, Thiafoura et Guéréo.
-La zone DIORE, constitue la deuxième entité et est composée de six villages et des amonts : Téne-Toubab, Tanguis, Djilakh, Ndiarméo, Keur Massouka, Babél, Ndiogoye et Boustane.
-En fin la zone LEBOU, la plus petite, comprend le village de Gandigale, de Ndiorokh-Mbott, de Nguerigne et de Signe-Thiaan.

Sa population est estimée à 28 728 habitants. Elle est majoritairement constituée de sérères. Cette population se répartit ainsi :
-La zone SAFENE : 14 864 habitants,
-La zone DIORE : 8 965 habitants,
-La zone LEBOU : 4 899 habitants.

Il faut noter que c’est une localité à fortes activités traditionnelles. Mais de nos jours, on assiste à une urbanisation progressive de celle-ci avec des mutations au plan de l’habitat, au plan agricole et la mise en place des infrastructures .Ce phénomène est entrainé par des facteurs divers et complexes, parmi lesquels, la proximité de Sindia à la ville de Dakar, de Thiès et Mbour. Désormais la gestion foncière n’est plus traditionnelle, elle est léguée à la communauté rurale et l’attribution se fait sous forme de parcelles d’où le phénomène de lotissement. On assiste à une multiplication de la population, avec des vagues de migrations intenses. Ce qui va accentuer la demande foncière et l’habitat n’obéit plus aux normes ancestrales et archaïques, il est fortement influencé par les logiques de la ville.

PROBLEMATIQUE 

Contexte 

Après les indépendances, au Sénégal comme un peu partout en Afrique, on assiste à une augmentation fulgurante de la population. Cette augmentation rime avec la diversification des aspirations au plan social, économique, éducatif, sanitaire mais également avec une multiplication des villes et de leur taille. Elles renferment plus de 50% de la population mondiale. Au Sénégal le taux d’urbanisation est estimé à 48% et cette population se focalise pratiquement dans l’agglomération dakaroise et faiblement dans les capitales régionales et les villes secondaires. Dakar concentre 54% de la population urbaine, une estimation qui va atteindre 56% de la population totale en 2015. Ces villes constituent une source d’attraction pour les jeunes surtout, car ils les conçoivent comme un remède à leurs maux. Ce qui accentue les relations entre villes-campagnes, avec comme symboles l’exode rural, les déplacements saisonniers et les mouvements pendulaires.

Ces phénomènes entrainent le gonflement de certaines villes comme Thiès, Mbour, Touba mais particulièrement la région de Dakar, avec son aspect macrocéphalique au détriment du reste du pays. La saturation de ces villes entraine leur explosion et la conquête de nouvelles terres vers la périphérie immédiate d’abord, puis vers les zones satellites, comme certaines collectivités locales. L’offre territoriale de la banlieue étant insatisfaisante à cause de la précarité, liée aux inondations aux installations anarchiques, à l’absence de la sécurité, aux conditions sanitaires, éducatives… non réunies, le décongestionnement de la ville primatiale, va intéresser cette fois-ci la campagne typique, avec le développement des caractéristiques urbaines. Ce qui se justifie à travers notre localité d’étude, c’est-à-dire la communauté rurale de Sindia, une zone carrefour, située entre Dakar et Mbour, Thiès et Popenguine.

Justification

L’urbanisation de la CR de Sindia est la conséquence de la saturation et de l’explosion des grandes villes, avec une « projection des structures urbaines sur les campagnes périurbaines ». (Pierre George et Fernand Verger).Ce phénomène a affecté les structures agraires c’est-àdire l’ensemble des conditions sociales de la vie agricole, de l’ensemble des conditions foncières et sociales des régions rurales. Il faut noter que la communauté rurale de Sindia se situe au Sud-Ouest de la région de Thiès. C’était une localité à fortes activités traditionnelles, à l’image de l’agriculture, l’élevage, la cueillette et la pèche mais uniquement dans la localité de Guéréo. Mais de nos jours, elle connait une forte mutation au plan agricole, social, économique, de l’habitat et surtout sur au plan foncier. Ces changements ont des causes multiples et complexes, parmi lesquelles on peut noter sa position par rapport à la route nationale 1, l’influence de la capitale car elle se situe à 65km de celle-ci, de celle la ville de Thiès, de la ville de Mbour mais particulièrement celle de Sally et Somone qui sont des zones touristiques. Parmi les infrastructures, on peut noter l’Aéroport International Blaise Diagne de Diass(AIBD), bien vrai qu’elle ne se situe pas dans la communauté rurale de Sindia, mais a des impacts sur celle-ci. On peut noter également les implantations hôtelières et les campements dans le village de de Sindia et Guéréo en guise d’accueil et d’hébergement. Les propriétés privés ne cessent de gagner le terrain et se caractérisent par l’importance de leur taille, de leur délimitation par des clôtures et de l’importance de la main d’œuvre qu’elles emploient. Comme toute campagne, la communauté rurale de Sindia se caractérise par son économie primaire, faible ayant comme soubassement l’agriculture, la pêche, l’élevage et la cueillette. L’agriculture, constitue l’activité dominante et est pratiquée généralement par les sérères. L’arboriculture y occupe aussi une place importante. L’attribution des terres était basée sur le « Lamana »c’est-à-dire une distribution générationnelle et familiale des propriétés d’où la notion d’héritage. Le système traditionnel basé sur un mêlé d’activités à savoir l’exploitation des ressources naturelles, la structuration culturelle de l’habitat devient de plus en plus moribonde en cédant la place à la modernité. Avec les mutations observées ces dernières années au niveau de cette localité, les détenteurs des terres ne sont pas obligatoirement leurs propriétaires, car leur gestion est léguée à la municipalité. Le foncier constitue un enjeu de taille, ce qui entraine souvent des conflits entre les exploitants et les propriétaires de ces terres. Ce phénomène va entrainer la parcellisation, d’où le phénomène de lotissement, surtout pour des besoins de constructions. Grâce à ces potentialités, la communauté rurale de Sindia constitue la ruée des hommes d’affaires, des investisseurs. Ce qui entraine de plus en plus la réduction des surfaces cultivables et pâturables, au profit de l’habitat, de l’exploitation privée et les infrastructures. Privés de leurs sources économiques c’est à-dire leurs terres, les paysans transitent progressivement vers une économie secondaire, avec la promotion du secteur informel à l’image du commerce, de la menuiserie, le transport…L’agriculture devient de plus en plus commerciale avec la performance des outils et des techniques mais également une augmentation des propriétés privées.

Avec le développement du bâti, l’habitat ne se mêle pas obligatoirement aux enclos et aux silos ou séparés par des vergers. Il est fortement influencé par des rues, des ruelles et même des avenues avec des constructions modernes souvent en durs, obéissant aux normes de la ville. La maison primatiale n’est plus obligatoirement une source d’attraction pour les nouvelles générations qui vivent au rythme de ces mutations. De ce fait, les pratiques traditionnelles et surtout culturelles agricoles abolissent, progressivement en cédant la place à la modernité. C’est pourquoi, en tant que chercheur, il est de notre devoir, d’analyser scrupuleusement les impacts de ces changements sur les structures agraires périclitantes au sein d’une localité en pleines mutations urbaines.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PREMIERE PARTIE : Présentation générale et les Mutations spatiales
CHAPITRE 1 : Présentation générale
CHAPITRE 2 : Causes des Mutations spatiales
CHAPITRE 3 : Les Manifestations de ces Mutations
DEUSIEME PARTIE : Présentation des structures agraires dans la CR de Sindia
CHAPITRE 1 : Le système d’habitat
CHAPITRE 2 : La morphologie agraire
CHAPITRE 3 : Les types de cultures et l’élevage
TROISIEME PARTIE : Les Impacts de ces mutations sur les structures agraires
CHAPITRE 1 : Les Impacts sur l’habitat
CHAPITRE 2 : Les Impacts sur l’agriculture
CHAPITRE 3 : Les Impacts sur l’élevage
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES CARTES
LISTE DE PHOTOS
LISTE DES GRAPHIQUES
LISTE DES TABLAUX
ANNEXES

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