Analyse bibliographique et spatiale à partir des cas de « Tours » et de « Blois »

Au cours des siècles passés, et en particulier au cours de la seconde moitié du XXème siècle, on observe une croissance démographique a été sans précédent. Un des changements qui a accompagné cette croissance démographique est l’urbanisation : une personne sur deux vit actuellement en milieu urbain et, dans 35 ans seulement, cette proportion sera de deux personnes sur trois (Crossette, et al., 2011; Grimm, et al., 2008). Parallèlement, la densité moyenne des zones urbaines baisse résultat d’une croissance des surfaces urbanisées plus rapide encore que la croissance de la population urbaine (Angel, et al., 2005) (DANIEL, 2004). Ainsi, en France, entre 1982 et 2003, l’accroissement des surfaces urbanisées a été quatre fois plus rapide que celui de l’accroissement de la population ; les villes occupent désormais 22 % du territoire (Laugier, 2012). Le développement de ces zones urbaines s’accompagne de très nombreuses conséquences tant socioéconomiques qu’environnementales : fragmentation des habitats naturels et semi-naturels, imperméabilisation des sols, contribution au réchauffement climatique…( (Ungern Sternberg, et al., 2003) ; (European Environment Agency, 2006) ; (Ministère de l’Ecologie, du Developpement Durable et de l’Energie, 2011) ; (Laugier, 2012) ; (Clergeau, et al., 2007)). Par ailleurs, l’impact de cet étalement urbain sur la biodiversité fait aujourd’hui l’objet de préoccupations de la part des acteurs politiques et des scientifiques, dans un contexte de crise écologique (Reygrobellet, 2008). En effet, depuis XIXème siècle une prise de conscience, des effets négatifs des activités humaines (étalement urbain, révolution industrielle…) sur la biodiversité, émerge en Europe et en Amérique du Nord et donne naissance aux premiers mouvements internationaux de protection de la nature . Parallèlement à cette prise de conscience se développe la notion de notre dépendance vis-à-vis de la biosphère. Effectivement, l’espèce humaine, quoique protégée des changements environnementaux par la culture et la technologie, est en fin de compte dépendante du flux de services d’origine écosystémique. Il est donc aujourd’hui reconnu que la biodiversité est un support essentiel des activités humaines et leur bien être (Assessment Millennium Ecosystem, 2005)(Cf. Annexe1 p.81). Il y a de la sorte en ville, des enjeux de conservation de la biodiversité en opposition à cette tendance à l’urbanisation. De ce fait, conjointement au développement d’un réseau d’aires protégées , les démarches de conservation de la biodiversité doivent intégrer d’autres territoires, y compris les espaces urbains, car la totalité du paysage constitue un système de réseaux par lesquels différents types de biotopes interagissent ( (Jongman, 1995); (Redford, et al., 1999)).

La biodiversité urbaine 

Le terme « biodiversité » est un néologisme issu de l’anglais biodiversity, composé à partir des mots bio (du grec βίος / bios, « vie ») et diversité, soit la contraction de l’expression «diversité biologique». Le concept de biodiversité est apparu à la fin des années 1980, notamment avec la XVIIIe Assemblée générale de l’Union Mondiale pour la Nature, et qui a été consacré par le Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro en 1992 avec l’adoption de la Convention sur la diversité biologique (Blanc, 2011). Ce terme, popularisé par l’entomologiste O.E. Wilson, est devenue l’un des principaux enjeux dans la protection de l’environnement mondial. Il s’agit non seulement d’inventorier tous les êtres vivants – végétaux, animaux, et même microbes – mais aussi de comprendre comment ils agissent les uns sur les autres afin de les préserver.

Quel peut-être l’intérêt de la biodiversité en ville ?
La biodiversité, c’est la vie qui nous entoure sous toutes ses formes. Elle est de ce fait indispensable à tous les processus vitaux et à tous les services fournis par les écosystèmes sur la planète dont dépend la survie de l’homme.

Deux intérêts majeurs à la biodiversité en ville peuvent être mis en évidence:
♦ intérêt social (éducation à l’environnement) : les espaces de nature en ville sont les principaux lieux de connaissance et d’expérience de la nature pour une grande partie de la population;
♦ intérêt écologique : l’extension des villes fait des espaces urbains une réelle barrière à la circulation des espèces : préserver la biodiversité en ville permettrait de réduire cet effet barrière des espaces urbains.

De ces enjeux découle le postulat que les écosystèmes urbains ne sont pas une simple dégradation des écosystèmes « ruraux » mais des écosystèmes à part entière, qui méritent une étude spécifique. Selon Francesca Di Pietro, l’analyse des espaces de nature en ville montre qu’ils comprennent des habitats très diversifiés, bien plus qu’en milieu rural : écosystèmes forestiers (bois urbains), prairiaux (pelouses urbaines), cultivés (jardins publics et privés), friches. Ainsi, pour notre réflexion il est indispensable d’envisager la ville en tant qu’écosystème dont l’homme fait partie et qu’il souhaite de plus en plus souvent gérer durablement ( (Van Panhuys-Sigler, 2004) ; (Assessment Millennium Ecosystem, 2005)).

Par ailleurs, la biodiversité urbaine est un sujet d’actualité en aménagement du territoire, on observe notamment la rédaction du rapport du Conseil Économique et Social : « LA NATURE DANS LA VILLE BIODIVERSITÉ ET URBANISME » (Reygrobellet, 2008). En effet, on prévoit d’ici 2050 une dégradation accrue de la plupart des services que les hommes tirent des écosystèmes urbains (Lescroart, et al., 2010), comme la dépollution de l’aire, de l’eau et des déchets de nos villes, réduction des ilots de chaleur urbaine. Or, la biodiversité en ville peut aider à minimiser l’impacte du bâtiment sur l’environnement qui est un des principaux facteurs de dégradation. La ville doit devenir un acteur incontournable du fonctionnement des biodiversités régionales et nationales au travers notamment de la trame verte et bleue qui connecte les zones de nature afin que la faune et la flore puissent circuler au sein de corridors écologiques reliés avec l’extérieur de la ville.

D’autre part, alors que la biodiversité évoque plus souvent la flore tropicale que la flore des interstices urbains, les écosystèmes qui s’y développent, suscitent un intérêt croissant. En effet, la vague de « béton vert » des trente glorieuse qui entraîna la multiplication des parterres de gazon et des haies de Thuyas, n’a aucun intérêt pour la biodiversité. On y cultive une nature qui n’a plus rien de naturelle avec une surconsommation de produits phytosanitaires. Dans les années 1990, une nouvelle vague écologique prône une gestion différenciée qui valorise flore et la faune spontanées (Lescroart, et al., 2010). Cela marque la construction de lien nouveau entre les gestionnaires et les scientifiques à mesure que les écologues découvrent la biodiversité urbaine. D’ailleurs, lors de la conférence d’Aalborg , première du genre sur le développement urbain durable, la charte de «Développement durable des villes » est adoptée. La place de la nature en ville prônée jusqu’alors s’est vue remise en cause par son caractère artificiel. De plus, les citadins modifient progressivement leur relation à la nature urbaine spontanée et la considèrent, de plus en plus, comme une part importante de leur environnement.

Quelles sont les facteurs de la biodiversité en ville ?
En 1995, Heywood dans « THE GLOBAL BIODIVERSITY ASSESMENT »  dressait une liste de facteurs qui contribuent à une meilleure organisation de la conservation de la nature en ville (Bougé, 2009) :
♦ Le développement de friches urbaines ;
♦ La réduction de certaines formes de pollutions ;
♦ Le développement de mouvements écologistes et l’action de groupes urbains militants ;
♦ La reconnaissance de l’écologie urbaine en tant que discipline ;
♦ La création d’organismes de la protection de la vie sauvage en ville ;
♦ La reconnaissance croissante du fait que l’environnement urbain est une mosaïque de niches écologiques ;
♦ Une attitude compréhensive des autorités locales ;
♦ Une présence accrue de naturalistes et jardiniers sensibilisés ;
♦ Des efforts croissants d’éducation à l’environnement ;
♦ Une pression accrue des populations et des groupes d’actions sur les décideurs.

La biodiversité urbaine est de plus en plus plébiscitée en raison de l’importance des enjeux qui en découlent. En outre, les friches urbaines sont reconnues comme étant des facteurs de la biodiversité en ville. Cependant, ces espaces restent encore peu connus de même que leur interaction dans la trame verte des villes. Qu’est ce qu’une friche urbaine ? Où sont localisées les friches urbaines dans la ville ? Depuis quand apparaissent-elles ?

La friche urbaine 

On ne peut trouver, ni à l’échelle européenne ni au niveau national, de définition commune du terme «friche urbaine» qui ne soit large. Dans le droit français, le terme de friche n’est pas non plus une notion existante (Landel, et al., 2010).

« La friche est une inconnue, chaque jour des milliers de citadins passent à proximité de sa frontière sans en soupçonner l’existence.»

Initialement, le terme « friche » était employé dans le monde rural pour désigner les terres non-cultivé, soit de tout temps, soit par abandon lors d’un cycle de jachère. C’est la multiplication des emprises délaissées et peu à peu insérées dans l’urbain par la périurbanisation galopante du dernier quart de siècle qui a permis de trouver une nouvelle signification à la notion de friche. Ainsi, le terme de friches industrielles s’est généralisé rapidement dans la deuxième moitié du XXe siècle, puis le vocable s’est enrichi du terme de « friches urbaines » depuis une quinzaine d’années (Landel, et al., 2010) (Audat, et al., 2006). En effet, par analogie l’expression a peu à peu connu une évolution sémantique sur la base de son sens figuré et a été empruntée par les sciences sociales pour décrire les espaces urbanisés suggérant l’abandon, sousexploités ou occupés par des activités transitoires répondant à d’autres fins que celles prévues par les plans d’affectation.

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Table des matières

Introduction générale
Problématique et méthode de recherche
Définition de termes clés
La biodiversité urbaine
La friche urbaine
Le concept de gradient d’urbanisation
Problématisation de l’étude
Raisonnement
Problématique
Méthode appliquée à ce PFE
Approche Bibliographique
Approche par cas d’étude
Les territoires d’étude
Le territoire de « Tours »
Le territoire de « Blois »
Caractérisation et distribution spatiale des friches urbaines à l’intérieur des villes
Analyse bibliographique
La friche au cours du temps
Les essais de recensements des friches urbaines à travers le monde
Les apports des travaux de Muratet
Analyse spatiale des friches urbaines sur les sites de « Tours » et de « Blois »
Réflexions sur les échantillons de friches urbaines
Étude de la superficie des friches urbaines
Caractérisation des friches urbaines par leur environnement proche
Distribution des friches urbaines le long de gradients spatiaux
Conclusion
Bibliographie
Webographie
Table des illustrations
Annexes

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